Une rixe entre les délinquants des deux quartiers de Kerourien et Pontanezen, à Brest (29) a conduit dans la nuit du 27 au 28 août à une fusillade dans laquelle deux personnes ont été blessées et hospitalisées.

Lors de cette rixe, une cinquantaine de personnes armées de bâtons se sont affrontées dans le quartier de Kerourien, entre 23h et minuit, et au moins cinq coups de feu – trois puis deux dans un second temps – ont été tirés. Deux jeunes hommes du quartier rival de Pontanezen, âgés de 18 et 22 ans, ont été blessés aux jambes et déposés aux urgences de l’Hôpital de la Cavale Blanche.

Quatre personnes dont un mineur âgé de 17 ans ont été interpellés non loin de deux armes de poing abandonnées dans un buisson près du McDo boulevard de Plymouth. Trois d’entre elles sont issues des alentours de Quimper et toutes sont défavorablement connues de la justice.

Selon les riverains, qui craignent des représailles de Pontanezen, les participants à la bagarre étaient armés de barres à mines et de carabines, étaient cagoulés et habillés de vêtements sombres. Au moins un blessé a été embarqué dans un coffre puis emmené à l’hôpital avant que les policiers n’arrivent, tandis que d’autres participants à la rixe s’attachaient à détruire les indices en ramassant les douilles tombées à terre.

Pour le maire de Brest François Cuillandre, très attaché à minimiser l’événement, il s’agit « d’affrontements classiques entre bandes rivales ». Classiques à Nantes, mais pas encore à Brest qui ne connaît pas – pour l’instant – le nombre de fusillades et de règlements de comptes entre gangs de Nantes. Par ailleurs, pour le maire de Brest, « il n’y avait pas de volonté de tuer » car c’est aux jambes qu’ont été visées les deux personnes blessées.

Néanmoins il lie les événements au trafic de drogue et souhaite la légalisation du cannabis. « Et s’il se fait cambrioler chez lui, il va plaider la légalisation des cambriolages ? » s’émeut un policier brestois. « ça fait vraiment plaisir de bosser avec des élus à plat ventre devant la délinquance, surtout en période électorale. Comme si les dealers allaient voter pour lui ».

Au moins une fusillade a déjà eu lieu cette année à Kerourien – une douille avait atterri dans la voiture d’une riveraine le 21 avril dernier, lorsque des délinquants armés de battes de baseball avaient tenté de prendre d’assaut un appartement ; les occupants avaient riposté avec des armes à feu. Les voisins immédiats de la rixe dénoncent une dégradation de leur qualité de vie causée par le trafic de stupéfiants.

Des épisodes de violence armée entre les quartiers de Pontanezen et de Kerourien avaient déjà éclaté en 1999 et 2011, puis en 2015 devant un magasin de sport de la zone commerciale de Kergaradec, rappelle la presse locale. Cependant, l’accroissement du trafic de stupéfiants à travers toute la Bretagne et de son corollaire – les règlements de comptes, souvent par armes à feu – est une prégnante et inquiétante réalité.

Louis Moulin

Photos d’illustration : DR
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