Le 30 septembre vers 19 heures sous une pluie battante, une dizaine de personnes s’étaient mobilisées contre le projet de loi bioéthique devant la préfecture de Nantes. La loi prévoit selon ses détracteurs la PMA sans père, la transcription des états-civils des enfants nés par GPA à l’étranger – soit une légalisation rampante, l’ouverture du commerce des gamètes et le détournement de la médecine  de sa fonction. Nous avons interviewé Hubert Veauvy, un père de famille nantais opposé à la loi bioéthique.

Breizh Info : Hubert Veauvy, pourquoi cette mobilisation ?

Hubert Veauvy : Depuis juillet, on a lancé des Sentinelles de pères de familles partout en France. Il a écrit l’appel du 18 juin 2019 pour que les pères se lèvent contre la réduction du père à la qualité de géniteur. Nous avons un groupe qui se mobilise tous les dimanches soirs de 21 à 22 heures face à la préfecture. Le but est de manifester notre présence et notre opposition.

Breizh Info : Ce samedi, lors de la Convention de la Droite à Paris, un des intervenants brossait à grands traits l’opposition entre les « deux visions de la famille : à gauche, le lieu où se reproduisent les stéréotypes et l’oppression, à droite, un lieu de transmission ». Qu’en pensez-vous ?

Hubert Veauvy : Il y a clairement un courant qui voit la famille comme lieu d’oppression et qui va jusqu’à dire que le seul obstacle à la PMA pour tous, c’est le patriarcat. Cependant, face à cette vision mortifère, la famille est surtout un lieu de protection. Et si on n’est plus protégé, la liberté se réduit comme peau de chagrin.

Breizh Info : De quoi arranger un État de plus en plus intrusif, qui légifère désormais pour ordonner aux citoyens quoi dire et penser, sous couvert de lutte contre les fake news, et s’appuie sur les GAFA pour censurer toutes les opinions contraires au système et les empêcher de s’informer par eux-mêmes ?

Hubert Veauvy : Oui et non. Les familles brisées, ce sont des grosses dépenses sociales en plus. Un père présent, c’est une assistante sociale en moins.

Breizh Info : Pourquoi est-il important de venir à la manifestation du 6 octobre ?

Hubert Veauvy : Je m’adresse à ceux qui sont découragés, qui pensent qu’on ne doit agir que si on peut réussir. Il faut y aller car nous ne sommes pas appelés à réussir, mais nous sommes appelés à manifester une forme d’héroïsme, à être résistants pour faire réfléchir. Nous travaillons pour le long terme et pour donner l’exemple, pas pour être les esclaves de la réussite immédiate.

Propos recueillis par Louis-Benoît Greffe

Crédit photo : Breizh-info.com
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