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Une fois la cour partie à Versailles, le château de Saint-Germain tombe en désuétude. Napoléon III, instigateur des débuts de l’archéologie, décidera d’y remédier en y installant en 1867 le Musée gallo-romain, rapidement rebaptisé Musée des Antiquités nationales.
L’une des plus prestigieuses collections archéologiques d’Europe
Du paléolithique jusqu’à la première moitié du Moyen Âge, le musée présente l’une des plus importantes collections d’objets archéologiques d’Europe. Une belle façon de saluer ceux qui nous ont précédés sur le territoire national, de mieux comprendre leur mode de vie et d’apprécier la finesse de leur art.
Dans les salles consacrées à la Préhistoire, les différentes vitrines permettent de se rappeler l’évolution de l’espèce humaine dans nos contrées. Outre les crânes d’Homo Erectus et d’Homme de Néandertal, les jeunes enfants ne manqueront pas de remarquer l’impressionnante tête d’un mégacéros.

Tête de mégacéros.
La plus ancienne représentation de figure humaine
Les plus grands pourront s’intéresser à la progression de l’outillage, des premiers galets taillés aux fines pointes de flèche du Paléolithique supérieur, jusqu’à la révolution néolithique. La collection de Vénus paléolithiques, ces statuettes féminines aux hanches rebondies et aux poitrines débordantes, rappelle sans doute, en ces premiers temps de notre histoire, le mystère primordial de la maternité et donc de la vie.

Croquis des Vénus paléolithiques.
Dame de Brassempouy.
L’une des plus célèbres Vénus est connue, non par son corps pulpeux, mais par sa tête uniquement, seule parvenue jusqu’à notre époque. Il s’agit de la fameuse « Dame à la capuche », ou « Dame de Brassempouy » (du nom de son lieu de découverte dans le sud-ouest de la France), finement taillée dans de l’ivoire de mammouth. À noter qu’elle est la plus ancienne représentation réaliste de figure humaine retrouvée (vers -23 000).
De l’âge du Bronze à l’âge du Fer, les salles suivantes présentent des objets déjà plus facilement identifiables pour des yeux contemporains. On notera évidemment le développement de l’armement, des accessoires liés au cheval et au char, ainsi que la finesse du travail artistique dans les détails d’un torque, d’une anse de vase, d’un umbo de bouclier, etc.

Au temps des Gaulois
Les salles suivantes, consacrées à la période gauloise, ont fait la réputation du musée, en écho sans doute à sa vocation première voulue par Napoléon III. Ce dernier était en effet féru d’archéologie gauloise, et passionné en particulier par le siège d’Alésia. C’est à lui que l’on doit la célèbre statue de Vercingétorix sur le site d’Alise-Sainte-Reine (et un peu aussi à son sculpteur, Aimé Millet !).

Le célèbre casque d’Amfreville, trouvé dans l’Eure et daté du IIIe siècle av. J.-C. En bronze, fer, or et émail, il est typique de l’art celtique, avec ses motifs entrelacés. Les Bretons ne manqueront pas d’y reconnaître des triskells !
Le matériel archéologique présenté est de toute beauté (tout le monde s’entend aujourd’hui pour reconnaître que « nos ancêtres » n’étaient ni des tailleurs de menhirs, ni des barbares ripailleurs – pas que ! –, mais aussi de fins artisans, du métal notamment, et de vrais artistes). En outre, la fameuse maquette du siège d’Alésia a fait rêver plus d’une génération d’enfants, ébahis devant la complexité du dispositif de siège entrepris par Jules César durant l’hiver -52, et la construction d’une double ligne de fortifications.

Maquette du siège d’Alésia.
Les collections se terminent avec les salles consacrées aux royautés romano-barbares et au Premier Moyen Âge mérovingien et carolingien.
À visiter donc, et sans hésitation avec des enfants, pour transmettre un peu de notre passé et de sa splendeur !
Informations utiles :
Musée d’Archéologie nationale
Château – place général de Gaulle
78100 Saint-Germain-en-Laye
(RER ligne A – arrêt Saint-Germain-en-Laye)
https://musee-archeologienationale.fr
Gratuit pour les moins de 18 ans (alors on hésite encore moins à y aller en famille !). Plein tarif : 7 €. Tarif réduit : 5,50 €.
Isabelle Lainé
Crédit photos : Breizh-Info
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