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Ce jeudi 3 octobre dans la soirée, quatre agents de la TAN sont venus tenter de porter plainte après avoir été agressés par une personne d’origine extra-européenne, à Chantenay. Selon nos informations, ils ont été découragés de porter plainte car « pas blessés ». Le lendemain, ils sont revenus à la charge, mais seule une agente a finalement pu porter plainte, car elle avait encore mal après avoir été bousculée par l’auteur présumé.

Par ailleurs, un agent de la Semitan aurait aussi été agressé dernièrement au niveau de la station Commerce, le 27 septembre. Malgré la généralisation des caméras-piéton, les agressions d’agents restent monnaie courante sur le réseau de la Semitan, « même si on en entend moins parler, même entre collègues », relève un conducteur de bus, qui pense que « ça c’est un peu calmé. On a aussi nettement moins de caillassages. Mais cela redeviendra compliqué à l’approche des Fêtes, c’est souvent tendu. Les gens ont peu de moyens, c’est Noël, alors quand on touche à leur portefeuille pour leur infliger une amende, ils s’énervent ».

La Semitan verrouille-t-elle l’information ?

La direction de la Semitan « s’applique aussi à verrouiller l’information », relève un autre conducteur de bus. « Des pressions ont été exercées sur les syndicats, notamment la CFDT et la CGT, pour qu’ils expurgent leurs comptes-rendus de réunions des mentions des agressions et suppriment toute possibilité d’accès au public », nous explique encore une source interne. « Des pressions ont aussi été exercées sur certains conducteurs, invités à la fermer sur le suje, et tous invités à ne pas relever si les voyageurs ne valident pas, au motif qu’il vaut mieux éviter les conflits pour 2€ », poursuit-elle. « Et les syndicats qui étaient actifs sur la question des violences ne disent maintenant plus rien. C’est silence radio ».

« Il y a une petite musique lancinante, en ce moment à la TAN, pour culpabiliser les agents victimes des agressions. On leur dit et on fait dire aux collègues que ce sont toujours les mêmes qui se font agresser, que ces derniers se comportent comme des cow-boys, que ne pas se faire agresser c’est une question d’attitude, qu’il faut laisser couler etc », s’enerve un contrôleur.

« En même temps ils devraient savoir ce qu’ils veulent : que les gens paient un minimum pour le service rendu, ou que plus personne ne paie rien, à condition d’être désinvolte ou de gueuler fort. La situation devient de plus en plus difficile à expliquer à nos abonnés et à nos clients honnêtes, qui ont choisi de payer le service rendu ».

« Le cœur du sujet, c’est que parler des agressions est interprêté de la direction – mais aussi du politique – comme une atteinte à l’image de la TAN et à travers cela de la maire. Donc un crime contre Johanna Rolland. Tant qu’elle est en campagne pour sa réélection, cette chape de plomb interne risque de durer », relève encore un autre conducteur de bus. Le dossier de la violence contre les agents de la Semitan serait-il si explosif ?

Louis Moulin

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