Cette bande dessinée est la troisième d’une suite consacrée à l’histoire de Nantes. Son parti est original : dix dessinateurs, un scénariste et dialoguiste (Stéphane Pajot) et un historien (André Perron) traitent de Nantes depuis la Révolution jusqu’à nos jours. Le graphisme change d’une histoire à l’autre. Des artistes locaux, vétérans de la B.D. ou nouveaux, Léo Chérel, Charlotte Wolf, Julie Poinçot, Olli Bioret…

Pajot et Perron connaissent tout sur Nantes, d’où la maîtrise et la précision des textes. Chaque histoire a droit à une double page illustrée qui raconte l’époque. La mise en page est parfaite.

On part donc de Jean-Baptiste Carrier qui, arrivé à Nantes pour la purger de ses éléments contre-révolutionnaires, juge bon et rapide de faire de la Loire un fleuve de sang. Cela se passait à l’hiver 1793-1794.

Le XIXe  siècle à Nantes fut un temps béni pour les inventeurs, les rêveurs. Jules Verne, né à Nantes dans l’île Feydeau, le 8 février 1828, la quitta vingt ans plus tard avec le souvenir d’une ville ouverte vers le large, au long cours.

L’évocation de Stanislas Baudry et de ses « omnibus » hippomobiles, celle de Thomas Dobrée qui se fit construire un manoir romano-toscan conduisent à la Grande Guerre, avec Jacques Vaché. Nantes y gagna sa réputation d’épicentre du surréalisme.

Les années noires de l’Occupation, les bombardements des Américains, les 16 et 23 septembre 1943 (1 500 morts) ne sont pas oubliés. Les Trente Glorieuses sont placées sous les auspices de Lola et d’Aimé Delrue. Un carnavalier haut en couleurs qui, avant les Machines et le Héron à pognon donnait du plaisir au « populo » pour peu de sous. Autre temps, autres mœurs.

Jean HEURTIN

* Nantes, De Jules Verne au grand éléphant. Éditions Petit à Petit, 79 p., 16,90 euros.

Crédit photos : DR
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