Être_suprême_Peuple_souverain_République_française

Les débats sur le voile islamique dans un conseil régional, à l’école, sur le burkini dans les piscines, sur le halal ou les menus sans porc à la cantine, commencent à me courir sur le haricot. Ils commencent à me déranger jusqu’à la nausée, puisque derrière cet acharnement contre quelques symboles musulmans et islamistes, se cache une hypocrisie sur laquelle, pour le coup, il faut lever le voile : la religion du « vivre ensemble ».

Halte à la Chahada républicaine

C’est toute une partie de l’histoire de France d’ailleurs, qui se résume à travers ces polémiques successives face auxquelles les autorités sont plus bas que terre, et les politiques inexistants. Pour nos chers républicains tout intégristes qu’ils sont, la France, ce n’est ni une ethnie, ni une culture, ni une langue, ni une histoire, mais « une idée » et « des valeurs », qu’on se mettrait un jour dans la tête et qui nous permettrait d’avoir une carte nationale d’identité, des allocations familiales, un système de soins gratuits, et éventuellement, le droit d’aller défiler sur les Champs Elysées après deux buts de Zidane ou un de M’Bappé.

Être français finalement, pour M. Mélenchon, pour M. Macron, comme pour Madame Le Pen, cela se réduirait, avec des différences minimes selon ces personnalités, à prononcer les mots « liberté, égalité, fraternité », en français dans le texte, sans accent, que l’on soit de Mayotte ou d’Arras, de Cayenne ou de Nice, et à prêter serment solennel aux « valeurs républicaines » (il faudra un jour qu’on nous explique ce que cela veut dire).

Ainsi, être français pour ces responsables politiques, serait accessible à tout le monde, au monde entier. Tout comme l’islam, religion universelle, est accessible à tout le monde : On prononce l’adhésion aux valeurs républicaines comme on prononce la Chahada pour devenir musulman et rentrer en Islam.  » Ach-hadou an la ilaha illa Allah wa ach-hadou anna Mohamadane Rassouloullah » qui signifie : « J’atteste qu’il n’y a de Dieu qu’Allah et j’atteste que Muhammad est son Messager »

Sauf que, contrairement aux idéaux républicains français (je dis bien français) qui constituent un néant absolu en termes de spiritualité, de réflexion, de philosophie, la Chahada musulmane elle, invite celui qui la prononce à rentrer dans une communauté mondiale, forte, puissante, régie par des textes sacrés et millénaires, et régissant votre vie presque « clé en main ». On aime ou on aime pas, mais on comprend facilement que cela fasse plus rêver un jeune ou une jeune aujourd’hui, surtout s’il vient de pays musulmans, qu’un poster à l’effigie de Marianne et qu’un discours sur des « valeurs républicaines » prononcé par un notable local ou national, entre deux procès pour détournement de fonds publics, corruption, ou pour harcèlement sexuel.

Revenons à nos moutons (halal ou pas). Tout d’abord, si islamisation d’une partie de la société française il y a, c’est en raison de l’immigration importante, et pas d’un attrait soudain de la population de souche pour l’islam (même si il y a des convertis). Ce n’est donc qu’une conséquence. Il n y a que les mauvais médecins pour soigner les conséquences avant les causes.

L’hypocrisie qui régit la classe politique, de gauche comme de droite, est surtout liée à des années de propagande pour la religion du vivre ensemble, alors que pourtant, dans la réalité, ce  n’est pas comme cela que ça se passe.

Les élites ne se mélangent pas, ou peu, culturellement et ethniquement (hormis à la marge). Elles se reproduisent entre elles, et prônent pour les autres un modèle multiculturel. Les classes populaires blanches quittent les banlieues immigrées dès que possible pour ne plus vivre avec leurs « différents » (et non pas leurs « semblables ») qui sont venus avec leurs mœurs, leurs langues, leurs cultures. Une partie de ces immigrés s’en va également, car elle ne veut pas retrouver en France ce qu’elle a fui en Algérie, en Arabie Saoudite, au Congo ou en Afghanistan.

Le communautarisme s’est installé. Il n’y a que les bobos des villes, ceux qui individualisent tout, ceux qui pensent que leur restaurateur togolais super sympa incarne tous les Togolais de France, et que leur voisin tunisien bien intégré est la preuve même qu’il n’y a aucun problème ethnique ni communautaire en France, mais bien un problème social.

Imbéciles qu’ils sont. Bien évidemment que dans un pays européen qui compterait 2,3, 5 % d’immigrés extraeuropéens, il n’y aurait pas ou peu de problèmes liés à l’immigration, et s’il y en avait, ils pourraient être endigués et traités rapidement. Personne, hormis d’autres imbéciles, n’a quelque chose contre le voisin tunisien bien intégré, ou le restaurateur togolais.

Laissez-nous vivre ensemble ! Mais sans eux !

Le problème, c’est d’avoir imposé, dans chaque ville (et pourquoi pas dans chaque village bientôt ?) depuis plusieurs décennies, des millions d’individus extraeuropéens (c’est à dire, pour ne pas être hypocrite, qui ne sont pas blancs) sur un territoire qui appartenait, depuis des siècles et des siècles, à des Blancs.

Certains hystériques à l’air grave, la haine dans le regard, et la concupiscence dans le cerveau, vous répliqueront alors : « Oui, mais ce n’est que le juste retour de bâton après ce qu’on a fait niveau colonisation ». Traduction : Laissez-vous envahir, laissez-nous réaliser nos fantasmes inavoués et vivre notre colonialisme mal placé, et disparaissez, mâles blancs.

Le résultat est là : Il est question désormais, non plus d’individus qui amènent avec eux une partie de leurs cultures ancestrales et qui font leur petit bout de chemin tranquillement ailleurs sur la planète, mais de masses, dont on organise le déplacement progressif (pour des intérêts économiques, cf les années Giscard et le regroupement familial) où dont on subit le déplacement pour des raisons géopolitiques (la chute de Kadhafi) humanitaires (les guerres) et même écologiques (surpopulation, famine…)

Mais, quelles que soient les raisons, le résultat est là. Ce ne sont plus des individus qui viennent de façon ultra minoritaire s’installer dans un pays et une civilisation différents du leur. Ce sont des masses entières, des millions d’individus, qui, de facto, ne comptent pas (et on les comprend) abandonner leurs traditions, leurs langues, leurs religions, puisque ensemble, ils font déjà bloc. Ils vivent déjà ensemble, et ne veulent pas, eux non plus, vivre avec les autres, mais chez les autres, ce qui est totalement différent. Pour certaines, ce sera, mon voile, mes droits, mes allocations. Pour d’autres ce sera, mon wolof, ma carte nationale d’identité française, et mon Iphone. On peut aussi vous trouver par delà ces clichés des centaines d’exemples d’intégration française réussie. Cela n’est absolument pas le problème.

Le problème, c’est que l’Europe, comme la France, sont des continents historiquement et traditionnellement blancs. Et qu’une partie des populations autochtones qui peuplent ces continents entendent bien le rester, et ne pas se laisser ni « mélanger », ni « remplacer ». Ce n’est pas à un plaidoyer stérile contre l’islamisation qu’il faut se livrer. Qu’on laisse ces femmes afficher leurs préférences communautaires et religieuses. Qu’on les laisse se distinguer, se démarquer. Qu’on les laisse vivre en paix.

Mais qu’on arrête dans le même temps de faire rentrer tous les jours d’autres hommes et d’autres femmes qui, une fois l’étape administrative « valeurs républicaines et CNI » passée, apporteront soutien, réconfort, et encouragements à ces femmes.

Le problème n’est pas l’interdiction du voile dans les lieux publics. Le problème, ce sont les millions, les dizaines de millions de ceux, musulmans comme chrétiens ou adeptes de la magie noire d’ailleurs, qui n’attendent qu’un signal, pour se lancer de manière quasi désespérée dans la traversée du continent asiatique, ou du continent africain, pour rejoindre l’Europe, qu’on leur a vendu comme un Eldorado à prendre, à conquérir, et à ne pas respecter.

Le problème, ce n’est pas l’islam, qui est un puissant instrument de conquête religieuse et spirituelle (lisez les journaux d’il y a 40 ans, contemplez l’évolution des sujets abordés aujourd’hui) certes, mais qui ne ferait pas le poids face à des puissances militaires déterminées à ne pas se laisser faire et à mettre au pas.

Non, le problème c’est l’hypocrisie républicaine, la volonté d’imposer un « vivre ensemble » dont personne ne veut. Certaines femmes musulmanes veulent porter le voile, tant mieux pour elles.

N’ayant absolument rien humainement contre elles (je parle encore une fois de masses, pas des individus avec qui il pourrait y avoir des affinités ou des inimitiés), je ne veux toutefois pas vivre avec elles, ni dans ma maison, ni dans ma ville. Je ne veux pas que mes enfants fréquentent ceux de Yassine Belattar avec qui ils n’ont rien à partager. Je ne veux pas « vivre ensemble » et j’estime que mes ancêtres, ont fait en sorte, qu’aujourd’hui, nous ayons chacun le droit de vivre sur notre terre avec qui nous voulons.

Je n’entre pas dans votre logiciel « républicain » ? Tant pis. J’offre ma carte nationale d’identité à qui veut la prendre puisque la France est une grande braderie.

Mais ma terre, la terre de mes ancêtres, la Bretagne, vous ne pourrez jamais m’en expulser. Je n’ai pas d’autre patrie. Mon passeport, mon « droit à vivre sur ma terre », c’est mon sang et ce sont mes ancêtres, pas vos fables, vos frontons de mairie, et vos discours creux qui font qu’aujourd’hui toute une partie de la jeunesse française ne sait plus qui elle est, et d’où elle vient, et encore moins où elle va.

Et vous, politiciens, star du show-biz, gouvernants, élites : avant de polémiquer sur quelques femmes voilées, ou sur des militantes en burkini, occupez-vous déjà de fermer nos frontières, drastiquement et d’éliminer physiquement ceux qui nous entendent nous combattre les armes à la main. Occupez-vous d’apprendre à nos enfants qui nous sommes, d’où nous venons, et qui nous ne sommes pas.

Occupez-vous de payer justement ceux qui nous soignent, ceux qui nous nourrissent, ceux qui nous protègent. Et surtout, concluez votre fable républicaine, dont chaque journée, chaque polémique, chaque fait divers, vient vous rappeler qu’elle est un mensonge, une farce, et au final, un film d’horreur intitulé « mourir côte à côte ».

Laissez-nous vivre ensemble ! Mais sans eux !

Julien Dir

En bonus, être français, et être breton, selon la Fondation Polémia. Mieux que la fable républicaine…

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