Drogues. L’« attractivité » de Nantes est indiscutable

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Monter une start-up est possible sans être bac +5 ou 6. Les « petits commerçants » de plusieurs quartiers de Nantes en apportent la preuve quotidiennement.

Emmanuel Guimard est incomplet ; il ne dit pas tout ; il fait des cachotteries à ses lecteurs. En effet, dans un article consacré à l’« attractivité » de sa ville, le journaliste nantais cite les différents quartiers qui attirent les sociétés parisiennes : île de Nantes, Euronantes gare, la Chantrerie, la zac des Isles, l’ancien quartier industrialo-portuaire du Bas-Chantenay… Les « affaires » marchent tellement bien que Nantes-Saint-Nazaire Développement cible ses recherches dans cinq secteurs clefs : le numérique, les secteurs culturels et créatifs, la santé, le nautisme et les énergies marines. (Les Échos, jeudi 17 octobre 2019). À tel point que Nantes figure parmi les douze villes les plus attractives ; la ville occupe même la première place dans la catégorie « grandes métropoles » (de 500 000 à 1 million d’habitants), d’après le baromètre 2019 du cabinet Arthur Loyd (Ouest-France, jeudi 7 novembre 2019).

L’économie de la drogue marche aussi très bien

On peut reprocher à Emmanuel Guimard d’avoir oublié d’évoquer d’autres quartiers qui, pourtant, font preuve d’un dynamisme exceptionnel. La création d’emplois et le développement du chiffre d’affaires y constituent une préoccupation constante des acteurs économiques locaux : quartier Malakoff, quartier du Breil, quartier Bellevue, cité des Dervallières, cité du Chêne des Anglais… Là, de nombreux jeunes y ont monté leur petite entreprise. À coup sûr, sans sortir d’une école de commerce. Les investisseurs y trouveraient là un terrain favorable grâce à une main-d’œuvre ardente à la tâche. Et les cadres n’auraient pas besoin de faire des kilomètres pour y trouver leur stimulant préféré : la drogue. Et puis économie non négligeable, on n’a pas besoin de recourir aux services d’une entreprise de sécurité car les « petits commerçants » s’en chargent : « On a même la protection du quartier. C’est très rare qu’on ait des soucis », assure une habitante du Bout des Landes (Dimanche Ouest-France, 10 novembre 2019).

Il paraît que Nantes compte « une trentaine de “points de deal”, souvent dans des HLM. Les gros bonnets qui les “possèdent” se comptent sur les doigts d’une main. Ils les vendent 10 000 à 20 000 euros pièce à un dealer, qui y installe son armada de guetteurs, de rabatteurs, de vendeurs. Un bon emplacement génère plus de 5 000 euros de chiffre d’affaires par jour » (Dimanche Ouest-France, id.). Afin de faciliter la tâche des clients lorsqu’ils font leurs courses dans le centre, les « charbonneurs » (dealers de rue) s’étaient même installés place du Commerce. On le voit, à Nantes, tout est prévu pour faciliter la vie des bourgeois, des cadres et de la clientèle friquée. Et puis nombre de patrons de bars tolèrent que les clients consomment du cannabis sur la terrasse, en particulier autour du Bouffay (Dimanche Ouest-France, 3 novembre 2019). Tout cela concourt à l’« attractivité » de Nantes. Ce n’est pas Johanna Rolland qui dira le contraire !

B. Morvan

Photo d’illustration : DR
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