Afghanistan. Figure de l’humanitaire, un médecin japonais de 73 ans criblé de balles

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Un médecin japonais âgé de 73 ans a été tué dans une attaque armée en Afghanistan, pays où il est venu en aide à la population locale des décennies durant…

Vie aride en Afghanistan

Une vocation humanitaire (très) mal récompensée, c’est en filigrane l’histoire de ce médecin japonais qui a perdu la vie en Afghanistan le 4 décembre. Le docteur Nakamura est arrivé dans la région en 1984 pour soigner au Pakistan voisin les réfugiés afghans fuyant leur pays à la suite de l’invasion soviétique de 1979 mais aussi des Pakistanais atteints de la lèpre.

En 1991, c’est cette fois en Afghanistan qu’il officiera, en ouvrant une clinique dans la province orientale de Nangarhar. Puis il fondera d’autres établissements de soins avant de mettre en place des projets d’irrigation dans cette région où l’aridité est un problème. Après une sécheresse dévastatrice en 2000, qui a vu des dizaines de personnes affamées et malades converger vers sa clinique, il a d’abord aidé à forer des puits, puis il a eu l’idée d’un canal d’irrigation, inspiré par les similitudes entre les fleuves japonais et afghans. Dans cette optique, son ONG Peace Medical Services construira des canaux d’irrigation et parviendra à reverdir une vallée désertique du district de Khiwa.

En 2003, le docteur Nakamura a reçu le prix Ramon Magsaysay, souvent considéré comme le prix Nobel de l’Asie. Depuis lors, quelque 16 000 hectares de désert ont pu être irrigués et retrouver de la végétation verdoyante, faisant de Tetsu Nakamura une figure si vénérée en Afghanistan qu’il est devenu plus tôt cette année le premier étranger à obtenir la citoyenneté afghane.

L’humanitaire japonais de 73 ans criblé de balles

Mais il était manifestement beaucoup moins apprécié par certaines factions armées sévissant dans le pays. Mercredi 4 décembre au matin, le pick-up dans lequel le médecin japonais circulait a été pris pour cible par des tirs d’armes automatiques. Tetsu Nakamura a été criblé de plusieurs balles et blessé à la poitrine. Les cinq autres passagers du véhicule, à savoir ses trois gardes du corps, le chauffeur et un collaborateur, tous de nationalité afghane, ont été tués lors de l’attaque.

Le docteur Nakamura décèdera quelques temps plus tard à l’aéroport de Jalalabad tandis qu’il attendait son évacuation vers la base aérienne de Bagram, au nord de Kaboul, qui est tenue par l’armée américaine.

De leur côté, les talibans ont démenti toute implication. « L’attaque visant le directeur de l’organisation japonaise PMS à Jalalabad n’est pas liée aux moujahidines de l’Émirat islamique », a dit un de leurs porte-paroles, Zabihullah Mujahid. Outre les talibans, la province de Nangarhar, située à la frontière avec le Pakistan, voit aussi évoluer des membres de l’État islamique sur son sol, preuve supplémentaire du danger permanent dans la région !

Au lendemain du décès du docteur Nakamura, plusieurs militants de la société civile afghane lui ont rendu hommage devant l’ambassade du Japon à Kaboul.

Le président afghan Ashraf Ghani a salué le médecin japonais comme l’« un des plus proches amis de l’Afghanistan ». Une amitié qui coûte cher en vies humaines puisqu’une précédente attaque avait déjà visé une voiture des Nations unies à Kaboul le 24 novembre dernier, tuant cette fois un humanitaire américain.

AK

Crédit photo : Flickr (CC BY-SA 2.0/seair21)
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