Drogue. On trouve de la coke livrée par Uber et de l’ecstasy sur Telegram…

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Les nouvelles technologies facilitent la vie des gens, mais aussi celle des dealers en maximisant la facilité du trafic, ainsi que des livraisons. L’ubérisation a fait entrer sur le marché des transports des chauffeurs nettement moins bien surveillés que ne l’étaient les artisans taxis, en nombre limité donc contrôlable, tandis que les nouvelles technologies permettent d’augmenter nettement la « clientèle » desdits trafics.

Dimanche dernier, le 1er décembre, trois Lyonnais déjà défavorablement connus des services de police ont été arrêtés à Nantes dans l’appartement qu’ils louaient, dans le quartier dit « sensible » de la Bottière, à l’est du centre-ville. Chez eux, 200 grammes de cocaïne (12 500 € à la revente) ont été retrouvés dans le frigo, 3 autres grammes ailleurs (180 € à la revente), ainsi que 15 000 € de billets planqués dans une chaussette.

Livraisons en Uber

Venus de l’extérieur pour participer au marché particulièrement juteux de la drogue à Nantes, ces délinquants chevronnés âgés de 25 ans environ avaient mis en place un fonctionnement novateur : un centre d’appel prenait les commandes, et les livraisons se faisaient en Uber, pour une trentaine de ventes quotidiennes. Ces dernières se faisaient de 13h30 à 2h du matin, principalement dans le centre-ville (Graslin, Duchesse-Anne, Hôtel-Dieu), et le trio écoulait ainsi 200 grammes de cocaïne tous les quatre jours.

Sur le réseau social Telegram, dans un groupe belge, un dealer hollandais fait lui aussi ses propositions, affichant les photos de la came – de l’herbe de cannabis, de la résine, de l’ecstasy (MDMA) en tablettes colorées, le tout Made in Holland.

Un lecteur nous transmet sa conversation, ce 8 décembre : 10 € la tablette d’ecstasy, 9 € le gramme de weed (marijuana), expédition comprise. Livraisons « face to face » (directes) en Hollande, et postales sinon. Acheter de la drogue, c’est illégal, mais simple comme bonjour.

Quatre kilos chez le petit dealer de Chantenay

Cependant, les vieilles méthodes gardent leurs aficionados en France – au contraire des pays de l’Est. Ainsi un Nantais âgé de 20 ans, déjà connu de la police, mais pour délits routiers, avait été arrêté lundi dernier, le 2 décembre, en même temps que 15 autres interpellations en lien avec la fusillade du mois d’avril rue Maréchal Joffre.

Chez cet interpellé donc, rue Gutenberg à Chantenay, 4 kilos de résine de cannabis (26 700 € à la revente), 300 grammes d’herbe de cannabis (2 000 € à la revente), 37 grammes d’héroïne (220 € à la revente) et du matériel pour conditionner la drogue, ainsi que 400 € en liquide, six téléphones et un pistolet d’alarme. L’attirail du parfait dealer et son stock.

Jugé en comparution immédiate, il a affirmé avoir stocké la drogue après avoir été soumis à des pressions. Il a été condamné à un an ferme et un an avec sursis, avec interdiction de détention d’arme à l’avenir.

Fusillade rue Maréchal Joffre : 15 personnes écrouées et 20 armes saisies

Par rapport aux autres interpellations, à ce jour, à la suite de deux vagues d’interpellations à Nantes, Brest, Lorient, Lyon et en Ile-de-France, fin novembre et début décembre, une vingtaine d’armes ont été saisies et 15 personnes de 20 à 37 ans, d’origine extra-européenne principalement, sont en détention provisoire, pour tentative de meurtre en bande organisée, association de malfaiteurs et acquisition et détention d’arme ou de munition de guerre.

Louis Moulin

Crédit photos : Breizh-info.com et Tiahn/Wikimedia (couverture)
[cc] Breizh-info.com, 2019, dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention et de lien vers la source d’origine – V

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