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Laurence Garnier (LR) n’a qu’à bien se tenir. Peu diserte sur l’insécurité, devenue problème numéro 1 de la vie quotidienne des Nantais, la voilà débordée par une Valérie Oppelt (LREM), la députée de Nantes-centre (44-2), toujours polie, mais incisive et pragmatique, hier le 9 décembre, lors de son premier meeting de campagne salle des Floralies à Nantes.
« Je veux être la prochaine maire de Nantes »
Photo : Breizh-info.com
Devant 250 personnes, elle a affiché sa volonté : « Je veux être la prochaine maire de Nantes » et déroulé quelques idées forces, dont un pont transbordeur « entre Gare Maritime et l’ile de Nantes » et l’extension du réseau des transports en commun au-delà du périphérique. Elle a surtout dressé, après un hommage à Jean-Marc Ayrault, le tableau de « l’échec cuisant sur l’insécurité, +35% de 2015 à 2018, l’échec retentissant sur le Yellopark, l’échec sur la mobilité – pas de nouvelle ligne de tramway ou de Busway depuis 10 ans, à part des petits bouts. L’échec sur les écoles […] l’échec sur la propreté. Tout n’est pas rose dans le bilan » de Johanna Rolland.
Elle a brocardé au passage deux des projets de campagne de Johanna Rolland : « Je prends l’engagement d’être regardante sur l’argent public, ce n’est pas un puits sans fond. Un budget qui dérape a été mal fait ou insincère. Je pense ici au budget de l’Arbre aux Hérons. Dont je suis impatiente de connaître le montant de la facture. Pareil pour la Petite Hollande, déjà 90 millions d’euros, et on a encore des incertitudes sur les parkings », dont on ne sait s’il sera enterré ou pas.
L’insécurité, thème majeur de la campagne municipale
Et d’en remettre une couche sur l’insécurité vécue au quotidien par les Nantais : « Nantes notre ville bien-aimée se sent oppressée. Elle a perdu confiance. Il ne se passe pas un jour sans qu’on me parle d’insécurité. C’est le portrait terrible de notre ville, un coupe-gorge qui ne dit pas son nom. Je ne reconnais plus notre ville […] Nantes est devenue une ville qui craint, où les jeunes n’osent plus sortir, où les familles n’osent plus venir, où les patrons de restaurants et leur personnel ont peur de se faire détrousser ».
Et de s’en prendre au bilan peu réussi de Johanna Rolland : « Lorsqu’on est maire, il faut descendre de sa voiture aux vitres teintées avec chauffeur, regarder ce qui se passe. On ne peut pas se contenter de voter une police des transports pour l’inscrire dans son bilan ».
Pour endiguer l’insécurité, Valérie Oppelt s’est adjointe les services du douanier Jean-Marie Favre et de Matthieu Annereau, candidat à Saint-Herblain. Elle nous précise qu’elle veut « 85 fonctionnaires de police municipale en plus, ce n’est pas un nombre au hasard. Il y a un ratio pour qu’une ville se porte bien, il faut un policier pour 1900 habitants, on en est à 1 pour 3000, on en est très loin ».
Elle propose aussi « une brigade canine, une brigade mobile, car la Twingo électrique, ce n’est pas efficace, une police municipale active la nuit et 7 jours sur 7 ». Pour l’armement, « on n’a pas encore décidé. On fera au fur et à mesure des besoins ». Quant aux ASVP dont l’activisme est très décrié dans les quartiers qui le subissent le plus – jusqu’à quatre passages par jour – elle ne tranche pas, mais propose « que les commerçants bénéficient du tarif résident pour stationner. Ils font vivre la ville, mais paient aujourd’hui 600 € par an ».
La réunion a permis de mettre en avant plusieurs colistiers qui intervenaient avant Valérie Oppelt, dont l’ex-député LREM (remplaçant de De Rugy) Mounir Belhamiti, l’UDI Hervé Grélard, Emmanuelle Bouchaud (UDE ex-EELV de 2000 à 2015). Mounir Belhamiti est intervenu sur les transports en commun : « Nantes a pris trop de retard. Il faut sortir du périphérique, on a une obligation d’investir en la matière ».
Jean-Marc Favre, fonctionnaire d’État, est venu sur le thème de l’insécurité : « Le maire est le premier magistrat de la ville. Il faut recréer à Nantes un climat de ville agréable et nous avons des réponses précises dans le champ communal dont une brigade motorisée avec 20 agents en journée, un CSU derrière les caméras [il ne suffit pas d’en avoir beaucoup, encore il faut les utiliser efficacement], des équipes de nuit “pour rétablir la tranquillité de la ville”, des équipes cynophiles ».
À Saint-Herblain aussi
Candidat à Saint-Herblain, Matthieu Annereau a promis le doublement des effectifs de policiers municipaux à Saint-Herblain, « de 11 à 25, et la création d’une police municipale intercommunale, car l’insécurité ne connaît pas les frontières administratives, notamment à Bellevue ». Comme beaucoup d’intervenants, il a rendu un hommage appuyé à Valérie Oppelt : « Elle a de la sincérité, de l’humilité, une force de travail, un esprit pragmatique. Elle fera une excellente maire de Nantes ». Et la lutte contre l’insécurité, malgré la volonté des candidates de gauche (Nantes en commun, EELV et PS) de ne pas en parler, un excellent sujet de campagne.
Louis-Benoît Greffe
Crédit photo : G.Garitan /Wikimedia (cc)
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