Vendée. Les agents de sécurité étaient des clandestins non déclarés

En août 2019, un contrôle inopiné, dans un camping des Sables d’Olonne, a permis à la brigade mobile de recherche de la direction interdépartementale de la police aux frontières (PAF) de Nantes de découvrir un clandestin guinéen sous une fausse identité, employé au gardiennage de nuit. L’enquête ouverte a permis de remonter la filière et d’interpeller un employeur de clandestins.

Des clandestins comme agents de sécurité…

Ce mardi 10 décembre, des interpellations ont eu lieu à Niort (79) et Bergerac (24)où le gérant d’une entreprise de sécurité – déjà interdit de gestion mais qui bénéficiait des bons offices d’une jeune femme lui servant de gérant de paille – avait employé jusqu’à 17 clandestins dans son entreprise. Issus principalement de Guinée et de Côte d’Ivoire, ils étaient employés dans la sécurité, principalement pour surveiller et gardienner des campings en Vendée.

La PAF a aussi saisi plusieurs dizaines de milliers d’euros sur des comptes et un véhicule allemand de luxe, ainsi que plusieurs milliers d’euros en liquide. Contre le gérant et ses complices, les faits de travail dissimulé, emploi d’étrangers sans titre, aide au séjour, blanchiment de travail dissimulé, abus de biens sociaux, violation d’une mesure d’interdiction de gestion ont été retenus. Ils seront jugés aux Sables en mai 2020.

Des sites de la SNCF

Dans le milieu de la sécurité, cette découverte n’étonne guère : « il y a pas mal d’employeurs dans cette situation et c’est un secteur assez concerné, y compris pour des prestations de haut niveau », relève un vigile en Loire-Atlantique. En 2017 une entreprise de Blois fondée par un ex-vigile congolais a été condamnée pour travail dissimulé – elle n’avait déclaré que 5 et 8 salariés sur les deux années concernées en ayant fait travailler près de 178 agents ! Qui surveillaient notamment des sites SNCF… ou le stade de France.

Dans le BTP

Autre secteur concerné de plein fouet : le BTP, où deux entreprises ont été fermées fin juillet par la Préfecture d’Ille-et-Vilaine ; elles employaient de la main d’œuvre portugaise « grise », c’est-à-dire très imparfaitement déclarée. L’activisme des services de l’État en Ille-et-Vilaine fait des envieux en Loire-Atlantique : « il y a des abus flagrants sur des chantiers à Nantes qui ne sont aucunement poursuivis, avec parfois des immeubles entiers où du fait de la cascade de sous-traitance, l’essentiel des travaux sont assurées par de la main d’œuvre peu ou pas déclarée, mais on a l’impression que certains opérateurs seraient comme protégés et ne risquent pour ainsi dire rien », relève un agent de l’État nantais.

Louis Moulin

Crédit photo : DR
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