Richard Ferrand (LREM), victime d’Anticor ?

Breizh-Info s’arrêtera le 31 décembre s’il manque 60 000 euros

Depuis 2013, vous lisez Breizh-Info gratuitement. Le journal ne vit que de ses lecteurs : sans votre soutien d’ici la fin de l’année, il n’y aura pas de Breizh-Info en 2027.

14 400 € réunis sur 60 000 € (24 %) — il manque encore 45 600 €.

Publicité

Donner par PayPal
Virement ou chèque

Lire l’appel en entier

Chers lecteurs, chères lectrices,

Les caisses de Breizh-Info sont vides. Pour tenir une année de plus, il nous faut 60 000 euros avant le 31 décembre. Si cette somme n’est pas réunie, le site cessera de paraître, 13 ans après sa fondation.

Depuis 2013, Breizh-Info vous informe chaque jour, en accès libre : des articles, des enquêtes, des entretiens, une revue de presse quotidienne, et une voix bretonne qui dit ce que la presse installée tait ou travestit.

Pas un euro d’argent public

Pendant que les grands titres de la presse encaissent chaque année les aides publiques, Breizh-Info fonctionne sans subvention d’État, sans milliardaire actionnaire et sans la manne publicitaire des grands groupes. Cette indépendance a un prix : nous ne dépendons que de vous. Quand les dons ne suivent pas, personne ne vient combler le trou.

60 000 euros d’ici le 31 décembre

Cette somme correspond à une année de fonctionnement du journal, ni plus ni moins. Si chaque lecteur attend que les autres donnent, personne ne donnera. 2 minutes suffisent, ce soir plutôt que la semaine prochaine. 10 euros, 50 euros, 100 euros, 1 000 euros : chaque don compte. Et si vous le pouvez, optez pour un virement mensuel : c’est ce qui permet au journal de voir plus loin que le mois suivant.

Comment donner

PayPal : faire un don en ligne ([email protected])

Virement (mensuel si possible), à l’ordre de ASPA (pour Breizh Information)
IBAN : FR76 1220 6004 0056 0172 3120 604

BIC : AGRIFRPP822

Chèque à l’ordre de Breizh Information : BP 201, 29834 Karaez/Carhaix Cedex

Publicité

Quand Richard Ferrand va-t-il se retrouver devant le tribunal ? Où sera-t-il jugé, à Brest ou bien à Lille ? Va-t-il se représenter en 2022 ? Va-t-il rentrer chez lui dans l’Aveyron ? Pour l’instant, l’instruction reste en cours.

Des élus qui comptent pour du beurre

L’affaire des Mutuelles de Bretagne s’explique très bien lorsqu’on sait comment fonctionnent aujourd’hui les coopératives – par exemple le Crédit mutuel de Bretagne – et les mutuelles : les élus comptent pour du beurre – ils front de la figuration –, c’est la technostructure – direction générale – qui fait tourner la maison et prospérer ses intérêts sans tenir compte de ceux des sociétaires. Il y a quatre mois, Richard Ferrand (LREM), député de Carhaix et président de l’Assemblée nationale, a donc été mis en examen pour « prise illégale d’intérêt » (jeudi 12 septembre 2019) ; les faits en question remontent à l’époque – avant son élection comme député en 2012 – où il était directeur général des Mutuelles de Bretagne.

Prise illégale d’intérêt

Les trois juges d’instruction lillois chargés de l’enquête lui reprochent en effet d’avoir participé à la commission d’une infraction à travers une opération immobilière au profit de sa compagne Sandrine Doucen. « Celle-ci s’est constitué un patrimoine valorisé à 600 000 euros, en achetant des locaux, aussitôt loués aux Mutuelles, à Brest, dont les loyers ont financé l’acquisition. Et ce, sans que les administrateurs aient tous compris à qui ils louaient, l’opération s’étant faite par l’entremise d’une société civile immobilière (SCI) », peut-on lire dans Le Monde (samedi 18 janvier 2020). « La prise illégale d’intérêt, elle, est très formelle. Elle interdit de prendre une décision si vous, vos enfants, votre femme ou votre mari, ou même un ami, avez pu y trouver un intérêt personnel, dans un délai de trois ans avant et après la prise de décision », explique Élise Van Beneden, secrétaire générale adjointe d’Anticor (L’Obs, 16 janvier 2020) ; cette association se trouve à l’origine de la relance de la procédure, alors qu’une première enquête préliminaire avait été classée sans suite à Brest en 2017. Le travail d’investigation montre que « Richard Ferrand s’est impliqué personnellement, et à de multiples niveaux, pour mener à bien l’opération immobilière contestée. Il a été présent de bout en bout du processus, de l’achat du bien à sa location » (Le Monde, id.)

Le rôle d’Anticor

Reste à connaître le rôle joué dans cette affaire par les administrateurs des Mutuelles de Bretagne. « L’instruction lilloise montre le flou entretenu sur les contours de l’opération lors du conseil d’administration du 25 janvier 2011. Les administrateurs choisissent à l’unanimité les locaux de la rue George-Sand pour y installer leur centre de soins à domicile. Mais, comme l’a révélé l’enquête de 2017, sur les douze personnes présentes, quatre seulement savent alors que derrière la SCI qui s’apprête à acquérir les locaux se trouve la compagne du directeur général. Les huit autres l’ignorent ou ne s’en souviennent pas. » (Le Monde, id.)

C’est l’occasion de rappeler que, dans ces grandes maisons à but non lucratif, les administrateurs ne maîtrisent pas les dossiers et se font mener par le bout du nez par les directeurs. Ils n’effectuent pas le travail pour lequel ils ont été élus. Alors il y a Anticor, « association transpartisane de lutte contre la corruption, la fraude fiscale, le gaspillage de l’argent public, et de promotion de la transparence et des pratiques vertueuses pour restaurer le lien de confiance entre citoyens et élus ». Vaste programme !

Richard Ferrand conteste formellement les accusations

Le Président de l’Assemblée nationale conteste formellement « toutes les infractions » qui lui sont imputées, s’estimant victime d’une opération politique : « Ma comparution devant vous résulte de l’acharnement d’une association », a déclaré M. Ferrand aux juges. Pour sa part, l’avocat d’Anticor, Jérôme Karsenti, s’est félicité de « voir le dossier prospérer en justice, grâce au travail et à la détermination de l’association » (Le Monde, id.)

Élise Van Beneden résume ainsi ce genre d’affaires : « Il y a l’appât du gain ».

Bernard Morvan

Crédit photo : DR
[cc] Breizh-info.com, 2020, dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention et de lien vers la source d’origine – V

Publicité
Cet article vous a plu, intrigué, ou révolté ?

PARTAGEZ L'ARTICLE POUR SOUTENIR BREIZH INFO

Les commentaires sont fermés.

Publicité

LES DERNIERS ARTICLES

Auto-Moto

Tests psychotechniques du permis : Réaction Permis dévoile son nouveau site pour simplifier les démarches

Sociétal

Jouets : une enceinte sans écran qui fait parler les enfants grâce à l’IA

Cinéma

Culture, Culture & Patrimoine

Karma, Le Roi du Game, Clayface, Wicker, Une femme aujourd’hui, Klara et le soleil, L’île des souvenirs : la sélection cinéma hebdomadaire

Informatique, Social

Conseillers numériques : 3 000 postes menacés par les coupes budgétaires

cybercriminalite

Ensauvagement, Informatique

Darknet : les données personnelles de millions de Français exposées aux cybercriminels

Sociétal

La maison brûle ! Ils traquent ceux qui crient « au feu »

droit à la déconnexion

Santé, Sociétal

Cortisol : le business de l’hormone du stress inquiète les médecins

Culture, Culture & Patrimoine

« Des aveugles » : l’Institut national des jeunes aveugles ouvre ses archives photographiques

Economie

Manifestations du 17 octobre : une agence de notation s’inquiète pour le budget de la France

Sociétal, Tribune libre

Journée du 17 octobre, l’excuse sociale ne tient plus

ARTICLES EN LIEN OU SIMILAIRES

Politique

Richard Ferrand oublie le référendum de 1962 et celui de 1969

Découvrir l'article

Sociétal

Conseil constitutionnel : les conflits d’intérêts qui pèsent sur l’examen de la loi euthanasie

Découvrir l'article

Politique

Avec Macron, le « mondialisme libéral » se porte bien

Découvrir l'article

Agriculture

La Coordination Rurale dénonce le « conseil constitutionnel qui déclare la guerre aux agriculteurs »

Découvrir l'article

Politique

Richard Ferrand, « un serviteur de la République »

Découvrir l'article

Politique

Richard Ferrand va commencer une nouvelle carrière

Découvrir l'article

Politique

 La « bataille idéologique » exige des combattants…

Découvrir l'article

Politique

Richard Ferrand ne veut plus faire de politique… alors il fait des affaires

Découvrir l'article

Politique

Richard Ferrand revient sur le devant de la scène… et puis s’en va…

Découvrir l'article

Politique

Richard Ferrand, professeur de droit constitutionnel…

Découvrir l'article

Nous utilisons des cookies pour vous garantir la meilleure expérience sur Breizh Info. Si vous continuez à utiliser le site, nous supposerons que vous êtes d'accord.