Le transport fluvial de retour sur les fleuves français

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Avec ses 8 500 km de voies d’eau navigables, la France dispose du plus long réseau fluvial en Europe. Malgré ceci, le rôle du transport fluvial dans le pays reste encore secondaire par rapport aux transports routier et ferroviaire. Il représente 7,4 milliards de tonnes-kilomètres en 2009, soit 3,7% seulement du trafic terrestre national.

Ce désintérêt pour le trafic fluvial français s’explique notamment par l’absence de concentrations humaines en dehors de la région Île-de-France, le faible volume de marchandises qui transitent via ce mode de transport et l’absence d’interconnexions entre les bassins fluviaux français. Depuis quelques années cependant, la donne semble changer. On assiste à un grand retour du transport fluvial en France. Détails.

Une reprise confirmée depuis deux ans

Le transport fluvial en France semble connaître un développement limité. Bien que le pays dispose du plus grand réseau de voies navigables en Europe, le deuxième dans le monde, il est largement dépassé par ses pays voisins, dont l’Allemagne avec ses 64 milliards de tonnes-kilomètres, les Pays-Bas avec 45 milliards de tonnes-kilomètres et la Belgique avec 8,75 milliards de tonnes-kilomètres. Le trafic fluvial en France est réparti entre 5 bassins fluviaux, dont la Seine, le Nord-Pas-de-Calais, le Rhône Saône, la Moselle et le bassin Est. Plus de la moitié du trafic est concentrée sur le bassin de la Seine.

L’évolution du transport maritime en France

Comme dans beaucoup de pays dans le monde, le transport fluvial français a connu son âge d’or au XIXe siècle. Il a régressé depuis les années 70. Ceci est dû notamment au déclin de la production de charbon après la Seconde guerre mondiale, au déclin de l’industrie sidérurgique, à la faible concentration humaine en dehors de l’Île-de-France et au poids du nucléaire dans le secteur énergétique. Il ne faut pas oublier qu’à l’époque de l’exploitation du charbon, de nombreux bateaux partaient de l’est de la France vers le Havre. On était à un trafic de 60 millions de tonnes de marchandises par an.

Après le déclin du charbon, le transport fluvial a été délaissé pour des modes de transport plus rapides, comme les transports routier ou ferroviaire. À ceci s’ajoutent d’autres facteurs comme le manque d’interconnexions entre les bassins fluviaux ou le sous-investissement de l’Etat depuis trois décennies.

Le retour du transport maritime français

Toutefois, la situation n’est pas désespérée pour autant. On a noté une nette progression du trafic entre 2000 et 2010, de l’ordre de 10% en tonnes-kilomètres. Ceci s’explique par l’arrivée de la vague verte ou écolo, mais également par l’arrivée sur le marché de nombreux acteurs, à l’instar de M2R Maritime, qui cherchent à développer le potentiel du transport fluvial en France, ou encore par l’intérêt grandissant des entreprises comme Franprix pour les fleuves.

Ainsi, depuis deux ans, la reprise semble se confirmer. Le transport de marchandises sur la Seine a augmenté de 3,8% en 2018. Au-delà du type de marchandises qui transitaient traditionnellement via les fleuves, d’autres types de marchandises se voient aussi de plus en plus sur la Seine, tels que les produits du e-commerce, les produits alimentaires, les matériaux de construction, etc.

Le transport de marchandises n’est pas le seul à connaître une nette progression. Plus de 18 millions de passagers ont aussi emprunté cette voie en 2018, soit une hausse de 5% en un an.

Pourquoi faut-il adopter le transport fluvial en France ?

Bien qu’il ait connu des hauts et des bas, le transport fluvial dispose de nombreux atouts.

Un mode de transport massif

Le transport fluvial convient pour les plus gros convois. Leur longueur peut atteindre 180 mètres avec une capacité de 4 500 à 5 000 tonnes de marchandises, soit l’équivalent de 4 trains ou 250 camions. Grâce à cette capacité, le coût du transport peut être divisé par trois ou quatre par rapport au transport routier. Il va sans dire que la pollution se voit elle aussi grandement réduite par ces convois maritimes de masse.

Un mode de transport sûr

Le transport fluvial est un mode de transport sûr et fiable. Il y a moins d’accidents sur l’eau que sur la route. Son taux de fiabilité peut ainsi atteindre 98%.

Un mode de transport attractif pour de nombreuses entreprises

Il s’agit certes d’un mode de transport moins rapide que les voies routières, mais il sera plus intéressant pour beaucoup d’acteurs, tels que les producteurs de céréales de la Beauce qui expédient leurs marchandises via le port du Havre ou encore les entreprises du bâtiment qui développent leur activité dans le Grand Paris.

Un réseau non saturé

S’il y a une chose dont on est sûr, c’est que le réseau fluvial n’est pas saturé. Avec seulement 5 000 bateaux en circulation, la marge est encore importante. Le trafic peut encore accueillir un trafic trois à quatre fois plus important qu’aujourd’hui.

Un mode de transport écologique

Comparé à la route et aux rails, le fleuve est écologique. Certes, les bateaux polluent, mais l’impact est moins important que les autres modes de transport. Leur empreinte carbone est bien meilleure que sur la route. Ils dégagent 4 à 5 fois moins de CO2 que ces derniers. Par ailleurs, les nuisances sonores sont également moindres. Le fluvial peut donc servir de levier dans le cadre de la transition écologique.

Le transport fluvial se modernise

Depuis quelques années, le transport fluvial en France semble sortir de sa torpeur. En plus du réveil de l’État qui a mis en place différents dispositifs pour améliorer la filière, comme le plan d’aide à la modernisation de la flotte fluviale et l’appui au tourisme fluvial, le transport fluvial se modernise aussi et subit de nombreuses améliorations. Parmi celles-ci figure le déploiement des technologies de l’information et des communications. La France, par le biais de VNF, utilise désormais des équipements et systèmes d’information rapides et sécurisants sur les fleuves, dont la Seine.

De nombreux autres changements s’opèrent aussi dans le secteur du transport fluvial, dont l’utilisation de bateaux électriques, l’entrepôt flottant de Green Deliriver, l’acheminement des colis via les fleuves, l’évacuation des déchets urbains via ce mode de transport, etc.

À tout ceci, il faut ajouter l’amélioration des infrastructures et la création de connexions entre les bassins. Un grand projet qu’il ne faut pas oublier est le projet du canal Seine-Nord Europe qui est supposé relier le bassin parisien au réseau du Nord et du Benelux.

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