Service national universel. Vers l’envoi d’adolescents de Bretagne dans les banlieues françaises ?

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Fuyez le « vivre ensemble » imposé, la République reviendra au grand galop pour l’imposer à vos enfants.

Ainsi, Gabriel Attal, secrétaire d’État à la Jeunesse, a annoncé dimanche à Ouest-France le déploiement complet du Service national universel (SNU) sous quatre ans, à caractère obligatoire. Avec la possibilité, pour vos enfants de Bretagne, de se retrouver à 16 ans obligés de cohabiter deux semaines avec d’autres, provenant d’autres départements de France, donc potentiellement des banlieues françaises. Retour sur ce qui s’apparente tout de même à une extorsion de vos enfants et de leur jeunesse…face à laquelle déjà, des futurs réfractaires font savoir qu’ils n’obéiront pas.

Cette année, près de 30 000 jeunes âgés de 16 ans ont été embrigadés, dans tous les départements, sur la base du volontariat, pour ce SNU, dont les retours montrent qu’il s’agit d’un mélange entre journée d’appel et de préparation à la Défense (que toutes les générations depuis la fin du service militaire ont trouvé totalement inutile) et colonie de vacances « républicaines », le tout avec un budget démentiel (entre 1 et 1,5 milliards par an).

L’objectif désormais du Gouvernement est de généraliser cela pour 2022, avec 200 000 recrues cette année là. A noter que ceux qui suivront, si Emmanuel Macron est battu lors des prochaines échéances électorales, ont le pouvoir de changer et d’annuler cela, ce qu’ils oublient parfois pour d’autres lois qui passent…

Le gouvernement espère que tous les jeunes de 16 ans feront leur service national universel (SNU) en 2024, puisque cela deviendrait dès lors obligatoire.

Qu’est-ce que le Service national universel ?

Le Service national universel (SNU) made in Gouvernement Macron s’articule autour de trois temps. Le premier, dit « séjour de cohésion », dure deux semaines, en internat. Un deuxième temps, la mission d’intérêt général, de deux semaines également, est à effectuer dans son département auprès d’une association ou d’une structure publique. Ce mois aura donc un caractère obligatoire, sachant que l’adolescent pourra ensuite poursuivre son engagement sous la forme d’un « service civique » (chez les pompiers, dans la réserve de l’armée ou de la gendarmerie, ou pourquoi pas…dans une association qui aide les migrants ? C’est en tout cas un des champs possible d’après la présentation des missions sur le site dédié…)

Dès 2021, les sessions seront réparties sur l’ensemble de l’année, pendant les vacances scolaires, à l’exclusion des périodes de Noël et du 15 juillet au 15 août. « Le sport, les premiers secours et les activités liées à l’environnement ont été très appréciés par les jeunes accueillis en 2019. La journée du SNU débutera par des activités physiques, après le lever des couleurs et l’hymne national. Les cours d’autodéfense et le parcours du combattant seront maintenus, et une sentinelle écoresponsable sera désignée dans chaque maisonnée. Les activités d’entretien du littoral ou de ramassage de déchets sont conservées, tout comme les exercices grandeur nature d’évacuation des blessés, avec brancardage et organisation d’un périmètre de sécurité. Le financement du Code de la route à tous les jeunes est également confirmé. Nous leur donnons un accès gratuit à une plateforme d’entraînement et nous payons l’examen. » explique Gabriel Attal qui revient sur la composition de la chambrée , lors de son entretien à Ouest-France :

« Le dispositif va s’amplifier, avec près de 30 000 jeunes engagés en séjour de cohésion cette année. Il aura lieu du 22 juin au 3 juillet, dans l’ensemble des départements, toujours sur la base du volontariat, avec l’obligation d’effectuer son service hors de son département d’origine. Le lieu d’affectation sera déterminé par un algorithme de façon aléatoire, en excluant leur département d’origine, le département limitrophe, comme le département limitrophe des départements limitrophes. Cela garantira une forte mobilité et mixité territoriale. Environ 1 000 jeunes ultramarins (Guyane, Guadeloupe, Martinique, La Réunion et Mayotte) se rendront dans l’hexagone, et des centaines de jeunes métropolitains découvriront les outre-mer. »

Traduction : votre gamin scolarisé dans le Finistère ou le Morbihan, dans la ruralité pourquoi pas, va potentiellement pouvoir se retrouver avec des gamins des banlieues parisiennes ou françaises, avec tout « l’enrichissement culturel » que cela peut amener, et les conséquences que cela pourrait avoir, notamment du fait d’un Etat qui se montre au quotidien incapable d’assurer la sécurité de nos concitoyens et dont on voit mal comment il pourrait empêcher, sans le contrôle de l’armée, les dérapages à l’occasion de ces réquisitions républicaines forcées.

Vers de nouveaux réfractaires au Service national universel ?

Pour le moment, on ne sait pas grand chose sur les sanctions encourues en cas de refus d’envoyer ses enfants faire le Service national universel. Un projet de loi devra en effet «préciser les sanctions en cas de non-respect de son obligation, de règles liées à la vie dans les centres, de principes importants de laïcité ou autres ». Elles pourraient être lourdes, similaires à celle déjà en vigueur pour les jeunes citoyens qui ne se rendent pas à leur journée d’appel (impossibilité de passer le code, de se présenter au bac, exclusion de concours administratifs, etc.).

Le Gouvernement ne veut dans tous les cas entendre parler ni d’objecteurs de conscience, ni de réfractaires, et cela bien qu’un sondage ait indiqué il y a quelques mois qu’un quart des Français étaient, pour diverses raisons, contre le SNU. Le Conseil constitutionnel reste un des espoirs des familles s’opposant à ce que la République arrache leurs enfants aux foyers pour les mettre avec des gens avec qui ils ne veulent pas vivre, ni partager quoi que ce soit. « La difficulté est que l’état actuel du droit constitutionnel semble interdire à l’État de se voir reconnaître par la loi le droit d’imposer une obligation de séjour durant un mois et d’activités ultérieures à l’ensemble d’une classe d’âge », estimait le rapport du groupe de travail sur le SNU.

Dans tous les cas, certaines familles sont déjà sur le qui-vive : « Il est hors de question de laisser nos gamins retourner ne serait-ce que deux semaines avec des gamins issus de familles auxquelles nous avons échappé » nous confie Sarah, qui avoue avoir « fui » la région parisienne pour la Bretagne il y a quatre ans. « Ici, tout le monde s’en fiche que notre famille soit de confession juive, on en fait même pas état. Là bas, ce n’était plus possible. Mes enfants sont encore traumatisés des insultes et des brimades qu’ils ont subi dans l’école où ils étaient scolarisés en Seine St Denis. Jamais ils ne revivront ça, je préfère partir, quitter la France que de devoir leur faire revivre ça ».

Sa copine Adeline, qui tient aussi à ce que son témoignage figure, ne partage pas le même point de vue. Elle n’a jamais vécu en banlieue, lui rétorque Sarah. « Oui mais je veux croire que ça soit bénéfique pour tout le monde, pour mes enfants comme pour ceux des autres. On apprend toujours des autres. Et puis ils seront encadrés ». Le catéchisme républicain fonctionne toujours très bien en Bretagne. Les deux amies ne sont d’ailleurs pas sur la même longueur d’onde sur le sujet. « Sors de ta campagne, va voir ce qu’il se passe dans les grandes villes en France » lui rétorque Sarah, sans parvenir toutefois à convaincre.

Même son de cloche que notre exilée parisienne chez ce quarantenaire, militant politique, nationaliste breton et père de trois enfants, qui entend bien mobiliser autour de lui pour refuser collectivement ce SNU, « et si ça ne prend pas, nous quitteront ce pays mais nous ne laisseront pas nos gamins subir ça ». La raison de son opposition ?

« L’endoctrinement républicain me gène. Ici en Bretagne, la République n’a pas laissé que des bons souvenirs…Le drapeau Bleu Blanc Rouge tous les matins, pas pour moi… ni pour mes enfants, et ça ne les empêche pas d’être bien éduqués, et de bien réussir à l’école ».

Mais c’est également la crainte de voir ses enfants mélanger avec d’autres venus d’ailleurs, et pas forcément des endroits les plus sécurisés de France, qui le gène : « Les gamins à 16 ans dans la banlieue de Marseille et ceux à 16 ans dans la campagne d’Hennebont, n’ont pas les mêmes références culturels, pas les mêmes codes, pas les mêmes langages, pas les mêmes outils, pas les mêmes comportements non plus. Là, ils veulent forcer un mélange qui ne prend pas, et dont on voit tous les jours qu’il est en passe d’aboutir à des affrontements plus qu’à autre chose. Est-ce qu’on a encore le droit de vouloir protéger ses gamins dans ce pays ? Je demande simplement le droit à ne pas « vivre ensemble » avec tout le monde, y compris plein d’incompatibles avec mes valeurs et celles de mes enfants »

Un discours qui doit être inaudible aux yeux des autorités, soucieuses de fondre toutes les communautés de France dans un « moule républicain », dont le quotidien montre pourtant qu’il est au bord de l’explosion totale, en voie de désagrégation avancée. Un discours qui pourrait toutefois progresser ces prochaines années, l’avenir de nos enfants étant plus important que toute autre chose pour bon nombre de parents, y compris que des menaces de sanctions administratives, et même judiciaires…

YV

Crédit photo : DR
[cc] Breizh-info.com, 2020, dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention et de lien vers la source d’origine –

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