Clitorine. Une chronique du féminisme psychiatrique…

A LA UNE

Clitorine s’était levée de bonne heure ce dimanche matin. Le temps d’avaler un rapide « breakfast » vegan et d’arranger sa chevelure bleue, elle s’est emparée de sa pancarte. Constituée d’un carton d’emballage de vibromasseur équitable, cette pancarte affiche un slogan qu’elle a trouvé la veille à une soirée en sororité queer intersectionnelle et non-mixte. Entre deux consos de LSD et deux prises de coke, elle a trouvé une idée géniale : « Toutes gouines, à bas le patriarcaca ! »

Fière de sa trouvaille, elle a tout de suite envoyé un message à Mélisandr.e, son/sa pote de fac. Car Clitorine est étudiante en sociologie à Nanterre et s’oriente vers des « gender studies ». Sans trop savoir quel métier elle pourra bien exercer, elle se dit qu’elle pourra au moins appeler Mélisandr.e par son bon pronom. LeLa bougre.s.s.e est en effet non-binaire, qui plus est neuro-atypique même si certains médecins blancs hétéros et cisgenres appellent cela « schizophrénie » sans se douter une seconde qu’ils aggravent son sentiment d’exclusion de cette société réac.

Du coup, son tempérament neuro-atypique lela fait changer de genre environ toutes les quatre heures quand ce n’est pas carrément des annonces de suicide sur Twitter lorsqu’iel s’aperçoit que personne n’a aimé son cosplay de Magical Girl. Il faut dire qu’un internaute taquin lui avait fait remarquer qu’avec sa robe courte et sa barbe, iel ressemblait davantage au Grand Schtroumpf qui aurait par erreur enfilé le costume de la Schrtroumpfette qu’à son héroïne de manga…

Le message à Mélisandr.e envoyé, Clitorine pousse un soupir de soulagement : enfin La Journée de la Femme !

Prenant le métro, elle admire sa mèche bleue dans la vitre de la rame. Elle espère trouver l’amour pendant la marche. De préférence une fille racisée transgenre afin de faire monter sa moyenne à ses partiels. Un rapide coup d’œil sur Twitter lui apprend que son twitt sur les écureuils nippons hermaphrodites victimes de grossophobie a bien buzzé. Comme elle n’a pas bossé elle espère gratter des points en mettant en valeur ses threads expliquant à quel point elle était formidable tout en donnant l’impression d’être à deux doigts de se défenestrer.

Clitorine est arrivée. Pas de trace de Mélisandr.e mais elle a repéré ses camarades de l’action antifasciste. Ces derniers sont devant des CRS et hurlent « flics violeurs assassins ». Clitorine scande avec eux. Elle a oublié d’un coup ce flic sympa qui l’avait sauvé d’une agression dans le Xe arrondissement, ni celui qui l’avait réconforté lorsqu’une minorité invisible racisée l’avait menacé de viol avec un couteau. Encore une victime de la société patriarcale blanche. Mais ça tombe bien, Clitorine est dans la rue pour la faire tomber. Elle n’a pas mis de tampon ce mois-ci et brandit à bout de bras son sous-vêtement souillé afin de démontrer sa libération du masculinisme.

Devant l’immobilité de la police elle fulmine. Pas le moindre bobo à exposer sur Twitter. Elle ne se fera pas liker par Rokhaya Diallo…

Le cortège poursuit sa route, on dit qu’Aissa Maiga et Haendel ont rejoint la manif ! Quel courage cette Adèle ! Quel humour cette Maiga ! Son petit cœur vibre en y repensant. Le vil Polanski et tous ces porcs doivent se cacher à présent.

Fin de manif, Clitorine est rentrée chez elle. Son ordinateur posé sur le lit, son chat, ses plantes bios, ses livres de Bourdieu dont elle n’a pas passé le sommaire. Sa solitude surtout que Twitter ne comble pas.

Clitorine lutte pour ne pas sombrer. Clitorine incarne un ordre moral plus rigide qu’une ligue américaine de bienséance. Clitorine radote. Clitorine n’a pas d’avenir. Clitorine est déjà vieille.

Marc Eynaud (rédacteur à Boulevard Voltaire)

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Illustration : DR
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