Dernière venue aux municipales de Saint-Nazaire, la liste non encartée Saint-Nazaire sur Mer est emmenée par l’avocat Denis Lambert et sa femme Sandrine Vandeuren, actuellement conseillère municipale d’opposition. Nous avons interviewé Denis Lambert.

Breizh Info : Pourquoi avez-vous décidé de présenter votre liste ?

Denis Lambert : Pour remédier au problème que Saint-Nazaire n’est pas tournée vers la mer. Nous avons tout pour devenir une station balnéaire.

Breizh Info : Avec vue sur les grues et les blockhaus ?

Denis Lambert : Oui, mais pas que. Il y a la vue magnifique sur l’estuaire. Et nous prévoyons l’infrastructure : nous avons l’intention de construire un casino, une discothèque et une marina à la place du Frigo, de demander à Cargill de s’en aller, nous allons raser la base sous-marine.

Breizh Info : Ce qui devrait coûter très cher, non ?

Denis Lambert : Raser la base sous-marine coûtera 15 millions d’euros, alors qu’elle nous coûte déjà 1,5 million d’euros d’entretien par an. Elle est dangereuse, des bouts de béton tombent, c’était fait pour la guerre, pas pour durer 75 ans. Et pour le Frigo, ça avait été budgété, le coût de la dépollution c’est 37 millions d’euros, à comparer avec les 50 millions dépensés à l’entrée de la ville, refaite trois fois pour empêcher les Nazairiens de faire leurs courses. Cela permettra aussi de dépolluer, on s’attend à trouver des hydrocarbures et des munitions.

Breizh Info : Allez-vous le faire faire par un marché public ou une concession ?

Denis Lambert : On va désigner un concessionnaire pour faire les travaux, dépolluer et construire la marina, avec un bail de 50 ou 60 ans. On a déjà pris des contacts avec Eiffage et Vinci.

Breizh Info : Qui reverseront un loyer à la ville ?

Denis Lambert : Non, il faudra bien qu’ils se remboursent de leurs travaux. Mais la Ville en profitera car il y aura des retombées économiques, ça va attirer des gens avec plus de capacités financières et les commerces pourront enfin s’en sortir.

Breizh Info : En gros, vous souhaitez gentrifier Saint-Nazaire ?

Denis Lambert : On souhaite que les gens puissent avoir une vue face mer. Et il y aura des logements pour les personnes modestes, la loi nous y oblige de toute façon.

Breizh Info : Allez-vous soutenir les Chantiers ?

Denis Lambert : Bien sûr, on n’est pas là pour détruire le poumon industriel de Saint-Nazaire. Juste faire profiter les Nazairiens de la mer et de l’estuaire.

Breizh Info : Que pensez-vous de l’insécurité, en hausse ces dernières années à Saint-Nazaire ?

Denis Lambert : C’est un vrai souci, car les moyens mis en place par le maire Samzun pour lutter contre sont incomplets ; 80 % des images des caméras sont inexploitables, et en tant qu’avocat, je peux vous le dire, on obtient fréquemment les relaxes car les gens ne peuvent être reconnus. Les caméras mises sont à bas prix, la qualité n’est pas là. Puis il faut une équipe derrière pour regarder les images. En même temps, la police nationale s’est désengagée lorsque la police municipale a été mise en place, on avait 28 ADS (adjoints de sécurité) il y a quatre ans, les deux tiers ne sont plus là. Il y a une seule voiture de police la nuit à tourner. On va développer la vidéo-surveillance, mais pas seulement en hauteur, et interpeller régulièrement la dizaine de dealers qui tiennent le trafic en ville. Jusqu’à ce qu’ils s’en aillent.

Breizh Info : Que pensez-vous du problème des travailleurs détachés ?

Denis Lambert : L’enjeu, c’est la formation, pour monter en niveau les locaux afin qu’ils occupent des emplois de meilleure qualité. À ce sujet on veut installer un campus avec 10 000 étudiants au nord de la gare, et on utilisera les déblais de la BSM pour rehausser d’un à deux mètres ce terrain qui est inondable.

Breizh Info : Quel bilan dressez-vous des années Samzun ?

Denis Lambert : Une page blanche. Ce qui a été fait a été initié sous Batteux. Les gens dorment, vivent dans la tristesse et la morosité. On a des équipements publics, comme les Halles ou la Soucoupe, qui ne sont pas classés en ERP [établissements recevant le public] pour éviter d’avoir à les désamianter. Nous voulons donner un coup de pied dans la fourmilière, avec une liste de propositions et un programme pragmatique.

Propos recueillis par Louis-Benoît Greffe

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