Le journal russe MK (Moskovski Komsomolets) a interviewé une habitante de Harbin – l’ancienne capitale russe de la Mandchourie – où jusqu’il y a peu la ville était en zone rouge à cause du coronavirus. Tujara Savvina explique comment se passait la désinfection et avec quels moyens pratiques les Chinois ont vaincu le coronavirus.

MK : Lors du pic de l’épidémie, les rues chinoises étaient traitées avec un mélange spécifique. Quel était-il ?

Touyara Savvina (TV) : Des véhicules ad hoc propageaient un mélange désinfectant. Je ne peux pas en donner la composition, mais l’odeur rappelait le chlore. Et les rues étaient couvertes d’une couche blanche, donc je pense qu’ils désinfectaient au chlore.

MK : Les entrées d’immeubles aussi ?

TV : Les entrées d’immeubles et les ascenseurs étaient lavés au chlore. Ça sentait, comme dans un hôpital.

MK : Avec quelle fréquence vous laviez-vous les mains ?

TV : À chaque fois qu’on rentrait du dehors. Et on les passait au gel hydroalcoolique. Il était souhaitable de se laver le visage aussi.

MK : L’une des règles principales, ne pas se toucher le visage pour que le virus n’entre pas par les muqueuses…

TV : Oui, on ne se touchait pas le visage.

MK : C’est difficile ?

TV. On s’y habitue. On y arrive.

MK : Vous stérilisiez aussi les vêtements pour l’extérieur ?

TV : Non, on les mettait s’aérer sur le balcon. Puis on les ramenait dans l’entrée et on les remettait pour sortir.

MK : Et pour les chaussures ?

TV : On passait les semelles au chlore.

MK : Et pour les produits achetés au supermarché ?

TV : Dès qu’on rentrait, on lavait à l’eau chaude les emballages, puis on frottait ça à l’alcool ménager.

MK : Et les poignées de portes ?

TV : Celles qu’on touchait après être allés dehors, à l’alcool ménager. N’oubliez pas de faire pareil avec les téléphones.

MK : Si vous touchiez quelque chose dehors, vous étiez gantés ?

TV : Oui, toujours en gants. Quand il faisait froid, on mettait les gants en latex par-dessus les gants, ensuite on n’a mis que des gants en latex. À usage unique, évidemment.

MK : Avez-vous des antiseptiques particuliers ?

TV : Tous les gens de notre ville se sont faits donner une bouteille d’alcool médical. Soit c’est le maire qui a donné, soit le directeur de la distillerie.

MK : À utiliser pur ou dilué ?

TV : Pur, quelle est l’utilité d’un alcool dilué ? Une bouteille d’un litre pour un mois suffit amplement.

MK : Qui étaient ces gens qui assuraient l’ordre dans les rues et mesuraient la température ?

TV : Les gens avec les brassards rouges, ce sont des volontaires, des habitants. En Russie on les appellerait des responsables de section d’immeubles. Les concierges et les gardiens s’y sont mis.

MK : Les masques ont connu une pénurie en plein pic de l’épidémie. Qu’avez-vous fait ?

TV : Les masques ont été en pénurie dès le début de l’épidémie. On n’en avait que 50, quand le dernière a été utilisé, on les a lessivés et on les repassait. Tout ce qui était lié à la désinfection manquait : le chlore, les produits pour laver, le savon a été dévalisé, surtout celui anti-bactérien.

MK : Que mangiez-vous pour améliorer l’immunité ?

TV : On buvait du thé au gingembre râpé, au citron et au miel.

Traduit par Louis-Benoît Greffe

Photo : DR
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