Denis Olivennes, figure de l’oligarchie politico-financière, craint davantage le populisme que la pandémie

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« Ceux qui s’entêteront dans le mondialisme seront balayés par une élite de remplacement ». Cette remarque de Mathieu Bock-Côté, figure centrale de la vie intellectuelle française, explique parfaitement les inquiétudes manifestées par Denis Olivennes, figure emblématique du Système, à propos des suites possibles de la crise du coronavirus.

Né dans le très chic 16° arrondissement de Paris, Denis Olivennes est ancien élève de l’École normale supérieure. Il est agrégé de lettres modernes, diplômé de Sciences Po et de l’ENA. Adolescent, il milite à l’extrême gauche dans les comités rouges. Puis, il adhère au CERES, classé à l’aile gauche du PS.

Cet engagement explique qu’en 1992, après avoir commencé sa carrière comme auditeur à la Cour des comptes,  il devienne conseiller de Pierre Bérégovoy, ministre de l’Économie et des Finances, puis  Premier ministre.

Il quittera rapidement la fonction publique pour le secteur privé. Ainsi, il sera DG de Canal+, PDG de la FNAC, PDG de Lagardère Active, le pôle médias du groupe Lagardère. Il dirige maintenant la société d’investissement dans les médias du milliardaire tchèque Daniel Kretinsky.

Dans le contexte actuel de la pandémie du coronavirus, il vient d’émettre un tweet où il exprime ses craintes pour l’avenir : «  Je crains le populisme d’après la crise. La mondialisation coupable de la circulation des épidémies, le néo-libéralisme qui aurait ruiné nos systèmes publics de santé, les élites scientifiques, administratives et politiques supposées incapables et opaques : il va surfer !« .

Dans ce tweet, Denis Olivennes ne se soucie pas une seconde des difficultés  sociales, économiques, sanitaires que vivent les Français, difficultés aggravées par la pandémie. Sa grande inquiétude, c’est que le » populisme » puisse se développer après cette crise où le système a démontré, pour le moins, ses insuffisances.

Cela confirme l’interview donnée le 22/12/2019 à Paris Normandie après la sortie de son livre  Le délicieux malheur français. 

Il analysait ainsi la situation de la France :

« Il y a une double faillite de notre monde politique, dont d’ailleurs l’élection d’Emmanuel Macron a été l’expression. Une faillite de la gauche, qui a loupé son tournant réformiste lorsqu’elle était au pouvoir en appliquant une politique conservatrice. Une faillite de la droite, qui aurait dû être le parti de l’expression des classes moyennes, et qui est complètement passée à côté. »

Puis, il exprimait déjà sa crainte d’un succès des populistes :

« On voit bien que le populisme a le vent en poupe. Les chaînes d’infos et les réseaux sociaux accélèrent, cristallisent et amplifient la caricature du débat public au profit du buzz et du clash. D’où ma crainte de ce qui pourrait advenir si nous n’étions pas capables de transformer notre modèle social : la réprobation généralisée, la méfiance à l’égard du système et le basculement des classes moyennes vers un vote et un choix dégagistes, qui est évidemment une illusion. Nous n’irons pas mieux si nous mettons les immigrés dehors ou si nous sortons de l’Europe. Nous pourrions lutter efficacement contre ces risques si nous avions une cohésion sociale plus forte. C’est ce qui rend nécessaire et urgent la construction d’un nouveau modèle social. ». C’était avant la pandémie…

 Jean Theme

Crédit photo : DR
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