Avec « Le Fils d’un Roi », Cheyenne Carron poursuit sa quête cinématographique au service de notre identité [Interview]

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En France, il y a d’un côté le monde du cinéma « officiel », copieusement arrosé d’argent public y compris pour produire parfois de la m….. ou de la propagande. Et il y a des cinéastes indépendants qui, comme dans d’autres contrées d’Europe, se battent à la fois pour faire des films malgré des budgets dérisoires et des embûches pas possible, tout en essayant de faire passer des messages que l’on ne retrouve plus aujourd’hui dans le cinéma moderne.

C’est ce à quoi s’attèle depuis plusieurs années déjà la réalisatrice Cheyenne Carron, souvent avec succès (pas tout le temps, ce serait trop simple), via ses films, qu’elle tourne sans relâche tandis que l’industrie du cinéma français lui tourne le dos sans arrêt.

Qu’importe, Cheyenne Carron est obstinée, et c’est d’ailleurs ce qui fait sa force, et la qualité de son cinéma, comme en témoigne le dernier né de son esprit créatif, « Le fils d’un roi » (tandis que « Le soleil reviendra » est annoncé pour juin).

Elle y raconte l’histoire d’un enfant d’ouvriers, Kevin, 17 ans, qui reconsidère la société et ses injustices quand son meilleur ami Elias lui parle des bienfaits de la monarchie dans son pays d’origine. La réflexion des deux lycéens à l’occasion d’un exposé d’Histoire les confrontera à de nombreux réfractaires, mais aussi à la découverte de l’héritage réel de la Monarchie Française.

Un film, comme à l’accoutumée avec Cheyenne Carron, décalé. On comprend que ceux qui financent une industrie qui s’en met plein le nez à Cannes chaque année en se tapant sur le ventre, ne fassent pas attention à ce cinéma révolté, un cinéma qui n’est pas là pour plaire au mainstream.

Mais bel et bien pour faire réfléchir, sur notre condition, sur notre histoire. Pari réussi avec Le Fils d’un roi. Un cinéma qui manque parfois de pêche, qui peut avoir quelques longueurs à mon sens inutiles, qui aurait besoin, pour le coup, d’un budget plus conséquent pour sans doute aller au bout des choses, mais le résultat est déjà en partie là, et on ne peut que féliciter la réalisatrice, qui se démène pour faire des films envers et contre tous.

A ce sujet, nous avons d’ailleurs interrogé Cheyenne Carron, pour avoir son avis sur le cinéma actuel. Vous trouverez également le lien pour commander ses films et ainsi, soutenir une cinéaste qui mérite de l’être.

Breizh-info.com : Pouvez-vous nous parler de votre dernier film ? Comment se le procurer ?

Cheyenne Carron : Mon dernier film Le Fils d’un Roi raconte le parcours de Kevin vivant dans la banlieue périphérique, en quête d’idéaux et d’une certaine transcendance. C’est en croisant le chemin d’un camarade issu de l’immigration marocaine qu’il va découvrir la Monarchie, et finalement l’histoire des Rois de France.

On peut se procurer ce film sur mon site : http://www.cheyennecarron.com/dvds.php

Breizh-info.com : Y’a-t-il chez vous une forme d’obsession identitaire (qui peut transparaitre dans vos films) ?

Cheyenne Carron : Ah bon, je ne vois pas de quoi vous voulez parler … Bon pour être honnête, mon obsession comme vous dites me vient d’un vécu. J’ai été amenée, par mon parcours, à comprendre que l’identité lorsqu’elle est perdue, malmenée, menacée, incertaine, est bien plus dangereuse pour un homme que n’importe quoi d’autre. En fait vous pouvez être un peu pauvre, mais si vous avez vos traditions, votre folklore, vos rites, alors vous garderez la joie et une certaine sécurité.

Ce que je tente de montrer dans mes films, c’est que ce trésor de l’identité européenne est précieux, et vaut plus que tout l’or du monde.

Pour ma part, ayant été adoptée par ce peuple, je le sers, parce qu’il m’a sauvé. Mais j’aimerais beaucoup faire des projets qui parlent aussi de l’identité guatémaltèque parce que c’est le pays de mon petit frère Indien Maya que ma famille a aussi adopté.

En ce moment, je travaille sur un parfum qui rendra hommage au Japon, parceque c’est une civilisation qui me fascine, et j’ai bien d’autres projets encore. Je ne suis pas qu’obsédée par l’identité Européenne, même si elle est mon socle, j’admire et je respecte tout peuple qui défend sa Terre.

Breizh-info.com : Que devenez-vous, après cette période durant laquelle vous avez multiplié les films ?

Cheyenne Carron : Et bien je multiplie encore des films. J’ai terminé l’écriture d’un scénario intitulé nature notre mère, qui abordera la question du Druidisme et la culture celte. J’ai écrit également un film sur les syndromes pos-traumatiques des Sodlats, intitulé La Beauté du monde et qui est en cours de production, et je m’attèle à un scénario qui rendra hommage aux officiers.
En parallèle du cinéma, je peins, et je vais prochainement lancer ma première gamme de savons. Savons d’Europe, sera la suite de mes Parfums d’Europe. Mes savons seront un petit clin d’oeil à la culture ancienne germanique. Le site sera ouvert d’ici deux mois.

Breizh-info.com : Comment expliquez-vous cette opacité du cinéma français, qui semble ne pas aider les cinéastes indépendants comme vous ? Auriez vous été mieux lotie dans d’autres pays d’Europe ?

Cheyenne Carron : Je ne m’imagine pas dans un autre pays. Je crois que les choses sont rendues si difficile en France, car beaucoup de choses de font par cooptations. Mais il faut accepter son sort, c’est difficile, ça demande beaucoup d’efforts de faire des films en marge du système en France, mais l’important est de savoir que c’est possible. C’est finalement là l’essentiel. Lorsqu’un système ne veut pas de vous, la pleurniche ne sert à rien, l’important est de savoir comment atteindre votre but.

Breizh-info.com : Quel regard portez-vous sur le cinéma français aujourd’hui ? Y’a-t-il des films qui vous ont marqué récemment ?

Cheyenne Carron : Je ne regarde plus de films depuis longtemps.

Breizh-info.com : Que pensez-vous de l’idée d’une sorte de Netflix du cinéma européen, plateforme en ligne permettant de mettre en valeur des cinémas dont nous n’avons pas l’habitude, et qui pourtant regorgent de pépites ?

Cheyenne Carron : C’est une excellente idée. Il faut trouver des chemins pour contourner le cinéma financer par l’État et proposer un autre regard. C’est un très beau projet !

Breizh-info.com : Quels conseils donneriez-vous à un jeune qui veut se lancer dans le cinéma aujourd’hui ?

Cheyenne Carron : Je lui dirai : si je l’ai fait, il n’y a aucune raison que tu n’y parviennes pas. Il faudra t’armer de courage et faire preuve de discipline. Et le plus important c’est que tu suives ton propre chemin, ton propre monde. Ne fais pas ce qui a déjà été fait, emprunte une route de création qui soit unique : la tienne.

Propos recueillis par YV

Photo : DR
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