Covid-19. Emmanuel Macron a-t-il menti au sujet des masques de protection ?

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Dans un entretien à BFMTV lundi 18 mai, Emmanuel Macron a prononcé une phrase sur les masques de protection qui a fait bondir l’opposition. Et pour cause, le président de la République y a affirmé qu’il n’y a « jamais eu de rupture de masques » pendant la crise sanitaire du coronavirus. Est-ce vrai ? On fait le point.

« Nous n’avons jamais été en rupture »

« Il y a eu une doctrine restrictive […]. Il y a eu ensuite un approvisionnement renforcé et une production renforcée et nous n’avons jamais été en rupture. Ce qui est vrai, c’est qu’il y a eu des manques, qu’il y a eu des tensions. » Une phrase, une simple phrase a suffi à Emmanuel Macron pour mettre le feu aux poudres.

Et pour cause, alors que la France traverse une crise sanitaire sans précédent et que les appels désespérés de soignants se multiplient quant au manque de moyens dont pâtit l’hôpital, Emmanuel Macron, dans un entretien accordé à BFMTV le 18 mai dernier, semble loin, très loin des réalités de son pays. Rapidement d’ailleurs, l’opposition est montée au créneau, dénonçant « une réécriture inadmissible des semaines passées ».

Une levée de boucliers généralisée, ONG et associations ayant également dénoncé les propos d’Emmanuel Macron. Médecins du monde s’est ainsi agacé du vocabulaire choisi par le locataire de l’Élysée. « Monsieur Emmanuel Macron, quand vous parlez de tensions sur les masques, c’est le langage du nouveau monde pour dire “périmés depuis plus de 10 ans” ? », a tweeté l’ONG.

« Aucun stock stratégique en FFP2 »

Et de fait, comme le pointe l’ONG, Emmanuel Macron semble bien appartenir à un monde nouveau, déconnecté du monde réel. Car, comme le note l’AFP, « s’il est vrai que la France ne s’est jamais retrouvée sans aucun masque, entre sa production et ses importations, le stock d’État au début de l’épidémie ne comprenait que « 117 millions de masques chirurgicaux pour adultes » et « aucun stock stratégique » en FFP2, recommandés pour les soignants en première ligne ».

« Les médecins libéraux sont en première ligne pour prendre en charge des patients suspects ou atteints du coronavirus (…) ils n’ont bénéficié d’aucun matériel de protection lors de l’examen des patients (masques adaptés, tuniques de protection) », alertait ainsi le 26 février le syndicat « Jeunes Médecins ».

Un constat qu’avait détaillé le ministre de la Santé Olivier Véran le 21 mars dernier lors d’un point presse.

Le 7 avril dernier d’ailleurs, le Syndicat national des professionnels infirmiers affirmait, sur la foi d’une enquête en ligne, que plus de la moitié des infirmiers (53 %) avaient « constaté un manque » de masques chirurgicaux et plus des trois-quarts (81 %) de modèles FFP2.

Deux semaines plus tôt, « des professionnels de la gériatrie et de la gérontologie avaient envoyé une lettre au ministère de la Santé demandant 500 000 masques pour les personnels soignants des Ehpad, maisons de retraite et des services à domicile », rappelle également l’AFP.

Il aura fallu attendre le 8 mai dernier pour que « le ministère de l’Économie déclare dans un communiqué que l’approvisionnement par semaine en France en masques (à usage unique et réutilisables confondus), devait atteindre les 200 millions par semaine à la date du début du déconfinement le 11 mai »… soit un mois après la date du pic épidémique en France.

AK

Crédit photo : DR (photo d’illustration)
[cc] Breizh-info.com, 2020, dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention et de lien vers la source d’origine

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