Emile Burger, Sud-africain et Blanc : « Black Lives Matter ouvre la porte au racisme » [Interview]

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Emile Burger a 38 ans. Originaire d’Afrique du Sud, il réside depuis 10 ans en Thaïlande. Bien au fait des questions raciales, notamment du fait de sa nationalité sud africaine, il porte un regard particulier sur la question du mouvement Black Lives Matter, et de l’intense propagande qui en découle en Occident. Il a vécu, en première ligne, ce qui se passe quand des Noirs haineux parviennent au pouvoir et entendent se venger des Blancs. C’est pour cela qu’il a dû partir en Thaïlande.

Son témoignage devrait contribuer à faire ouvrir les yeux à certains qui se complaisent dans l’aveuglement face à un mouvement qui ne s’arrêtera que lorsque l’homme blanc disparaitra.

Breizh-info.com : Vous êtes sud-africain, pouvez-vous nous expliquer la situation actuelle des blancs en Afrique du Sud ?

Emile Burger : Eh bien, beaucoup de Blancs se débrouillent bien et mon peuple, tout au long de l’histoire, a été connu pour travailler dur, quelles que soient les circonstances. C’est la façon dont nous avons été élevés, nous pouvons dire que cela fait partie de notre culture et si nous nous plaignions ou étions blâmés quand nous étions enfants, nous recevions des coups de canne et la même chose dans nos sports. Si nous perdions un match, nous devions subir la défaite comme des hommes, nous serrer la main et passer à autre chose.

Aujourd’hui, en Afrique du Sud, nous sommes en minorité  mais on nous reproche encore l’Apartheid, même à notre génération, née après, alors que n’avons aucun lien avec ce régime. Mais ok, admettons…

Ce qui est insupportable en Afrique du sud, c’est que je ne peux pas trouver de travail, faire partie de certaines équipe sportives ou profiter de certaines choses à cause de ma couleur de peau blanche et c’est aussi la raison pour laquelle je vis maintenant en Thaïlande et que la plupart des jeunes Sud-Africains blancs s’expatrient.

Le racisme est toujours bien présent des deux côtés, mais pour les blancs qui sont racistes, ils le gardent pour eux. On ne voit ou n’entend presque jamais parler de blancs qui vont tuer des noirs. On n’entend pas non plus les politiciens appeler à tuer des Noirs, mais c’est pourtant ce qui arrive à mon peuple. Être un fermier blanc en Afrique du Sud est plus dangereux que d’être un officier de police, les politiciens noirs appellent au meurtre des blancs et font ouvertement preuve de discrimination et de haine.

Breizh-info.com : Avez-vous suivi ce qui s’est passé en Europe de l’Ouest et aux Etats-Unis avec l’affaire Black Lives ? Quelle est votre opinion à ce sujet ? J

Emile Burger : Je pense honnêtement que c’est une agitation montée de toute pièce, et qu’il s’agit juste d’opportunisme politique. Je suis d’accord qu’il y a peut-être quelque chose qui ne va pas dans le système américain, mais l’idée d’un racisme systématique est une erreur. Il n’y a pas de statistiques à ce sujet et au contraire, si vous regardez, vous verrez que depuis 2017, plus de blancs ont été abattus par la police, mais que le nombre total de fusillades par la police a diminué depuis 2017.

Les gens affirment que les Noirs sont plus susceptibles d’être arrêtés par la police, mais il suffit de consulter d’autres statistiques, comme celle recensant les crimes violents (homicides avec des armes à feu). Quelle race est en tête à votre avis ?

Par ailleurs, les quartiers noirs sont les plus criminogènes, cela donc parait logique que la présence policière y soit plus importante. Si vous avez l’air suspect, ils doivent vous arrêter, vous suivre, faire ce qu’ils ont à faire et partir. Oui, certains policiers sont mauvais, mais ce n’est pas parce que « certains » le sont que « tous » le sont. J’ai aussi le sentiment que le fait d’isoler un groupe racial comme le fait le mouvement Black Lives Matter ouvre la porte au racisme. C’est une simple question de nature humaine, le racisme existe de tous les côtés.

Breizh-info.com : Dans certaines villes, il y a des symboles de la destruction du passé. Que pensez-vous de cela ? 

Emile Burger : Cela n’a aucun sens. Comment pouvons-nous avancer en détruisant et en brûlant ? En quoi la destruction est-elle constructive ? Je trouve tout cela stupide et honteux. Ces gens se comportent comme des animaux, détruisant, pillant, battant les propriétaires de magasins et attaquant des gens qui n’ont rien à voir avec George Floyd, alors comment cela peut-il se justifier ? Ensuite, quand vous qualifiez leurs comportements de comportements animaux, ils vous traitent de raciste…Comment pouvez-vous être en colère quand un flic a tué un homme noir mais que vous vous entretuez à plus de 90 % au sein de votre communauté ? Je ne vois ni manifestation, ni marche pour dénoncer cela, étrange non ?

Breizh-info.com : Vous vivez en Asie maintenant. Quelle est la réaction de l’Asie face à tout ce qui se passe en Europe et aux Etats-Unis ?

Emile Burger : Eh bien, tous mes amis asiatiques pensent que les Black Lives Matter sont stupides. Ils admettent qu’il y a sans doute un soucis avec la répression policière aux USA, mais pas de racisme et ils considèrent le fait de brûler et de détruire des choses comme quelque chose de mauvais. Ceux qui soutiennent BLM mais n’ont aucune idée des faits, aucun argument, aucune statistique, ils suivent simplement les informations qu’on leur diffuse et les publient.

Breizh-info.com : Et en Afrique du Sud, que se passe-t-il ? Pouvez-vous nous parler de la violence contre votre peuple ?

Emile Burger : Depuis la fin de l’apartheid, la violence contre mon peuple a augmenté de façon spectaculaire, il suffit de regarder les meurtres dans les fermes pour s’en rendre compte. Ensuite, le taux global de criminalité et le taux de crimes violents sont maintenant parmi les plus élevés au monde et, aux dernières nouvelles, le Cap est la 6ème ville la plus dangereuse au monde. Ils ont déployé l’armée pour lutter contre les gangs, mais elle n’aide même pas. Le vol à la tire en Afrique du Sud et les vols de fonds et de transports en commun sont également en dessous, voire au sommet, du classement mondial.

Le racisme et toutes ces violences disparaîtront si les gens arrêtent d’en faire une obsession. Mais les politiciens s’en servent pour influencer les votes ou pour détourner l’attention de leurs propres méfaits. Le véritable ennemi n’est pas le peuple, mais plutôt les politiciens.

Propos recueillis par YV

Illustration : Anthony Quintano (Flickr cc)
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