La charité à géométrie raciale : le cas révélateur des réfugiés boers d’Afrique du Sud

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Il est des événements minuscules, presque anecdotiques, qui valent comme une leçon politique. Moins par leur ampleur que par l’éclat de vérité qu’ils provoquent — quand le masque tombe, quand le vernis moral s’écaille, et que l’idéologie révèle sa substance nue. L’accueil récent de quelques dizaines de réfugiés sud-africains blancs aux États-Unis, des familles boers, en est un.

Ceux-là fuyaient l’Afrique du Sud de l’ANC, cette démocratie post-apartheid si chérie des chancelleries occidentales, où le pouvoir, au nom de la « réparation », conduit une politique de plus en plus ouvertement hostile aux descendants des colons européens : expropriations sans compensation, quotas raciaux dans les emplois, criminalité tolérée, voire instrumentalisée. Les Boers fuient non par fantasme, mais par nécessité — menacés non pour ce qu’ils font, mais pour ce qu’ils sont. Non pas oppresseurs, mais minorité indésirable dans une nation désormais régie par la vengeance ethnique.

Et pourtant, leur arrivée sur le sol américain n’a pas suscité les mêmes applaudissements que celle de cohortes de « migrants » anonymes venus du Sud global. Non, cette poignée de familles blanches, brandissant timidement le drapeau américain, a soulevé une tempête de vitupérations venues de la gauche médiatique américaine. Sur MSNBC, CNN, dans les cercles universitaires et jusqu’aux chairettes anglicanes (ou épiscopaliennes), on s’est étrangement cabré. Que les Boers soient victimes d’une persécution identitaire ? On en doute, on nie, on conteste. « Qu’ils rentrent en Allemagne », dit même une ancienne proche de l’administration Biden, feignant d’ignorer que ces familles sont africaines depuis autant de générations que les descendants des colons anglais sont américains.

L’article incisif de Gregory Hood, publié par American Renaissance, met le doigt là où cela fait mal : « Les mots d’ordre humanitaires s’effacent dès que la couleur de la victime gêne la narration. » L’asile, pourtant censé être fondé sur la crainte fondée de persécution pour des motifs identitaires, religieux ou politiques, devient suspect quand ceux qui en bénéficient sont blancs et chrétiens, attachés à leur culture. Il n’est plus question de souffrance, mais de privilège, même dans la fuite. Le fait même d’exister devient alors un reproche.

Ce renversement des valeurs n’a rien de fortuit. Il illustre ce que Guillaume Faye, dans la Colonisation de l’Europe, nommait déjà dans les années 1990 la « xénophilie punitive » : l’attitude d’une gauche occidentale qui n’aime plus son peuple et qui, sous couvert d’universalisme, pratique une préférence systématique pour l’Autre, pourvu qu’il ne ressemble pas à soi. L’Amérique n’a pas inventé ce vice moral, mais elle l’exporte avec zèle.

À cet égard, les propos du clergé épiscopalien américain sont d’une clarté sinistre. Interrogé sur la possibilité d’aider les réfugiés boers, l’un de ses évêques a répondu : « Ce n’est pas dans la ligne de notre Eglise. » Et de rappeler les liens historiques avec l’anglicanisme sud-africain et sa « mission de justice raciale ». Faut-il comprendre que secourir un blanc serait désormais contraire à l’Évangile ? Que la miséricorde a un code couleur ? Qu’il est chrétien de secourir tous les opprimés sauf ceux dont la peau offense la mémoire militante ?

Le cas des Boers n’est pas seulement celui d’un peuple sans terre, mais celui d’un révélateur. Il montre la duplicité des discours droits-de-l’hommistes, la logique de persécution inversée qui travaille les sociétés occidentales, et le refus de reconnaître que, dans certains contextes, l’homme blanc peut être, lui aussi, objet de persécution. Non pour ce qu’il aurait fait, mais pour ce qu’il est.

Gregory Hood ne s’y trompe pas : l’asile accordé par Donald Trump à 59 Afrikaners est une goutte d’eau dans un océan d’incohérences. Mais c’est une goutte éclairante. En accueillant ceux que les autres repoussent, Trump a mis au jour, sans même le dire, la nature réelle de l’idéologie progressiste. Elle n’est pas fondée sur l’universalité du droit, mais sur l’arbitraire des préférences raciales. Elle ne défend pas l’humanité, elle sélectionne les humains.

L’affaire est donc moins sud-africaine qu’occidentale. Elle interroge, en creux, le sort que nos propres sociétés réservent à ceux qu’elles jugent devenus inopportuns. Car lorsque la persécution se pare des habits du progrès, lorsque l’exclusion est proclamée au nom de l’inclusion, alors il ne reste plus de refuge pour ceux qui refusent de s’effacer.

Balbino Katz — chroniqueur des vents et des marées —

Crédit photo : DR
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7 réponses à “La charité à géométrie raciale : le cas révélateur des réfugiés boers d’Afrique du Sud”

  1. Pierre dit :

    Le dédain des « élites » autoproclamées pour tous ceux qui ne se soumettent pas à leur « ingénierie sociale » n’est pas d’hier; toutefois ce n’est pas parce qu’ils ne s’y soumettent pas, en effet ils ont le même dédain pour ceux qui s’y soumettent. Dans le premier cas c’est un dédain brutal, dans le deuxième bonasse. Voyez l’exemple de Jules Ferry:
    « Il faut dire ouvertement qu’en effet les races supérieures ont un droit vis-à-vis des races inférieures … (Rumeurs sur plusieurs bancs à l’extrême gauche.)
    Je répète qu’il y a pour les races supérieures un droit, parce qu’il y a un devoir pour elles. Elles ont le devoir de civiliser les races inférieures… (Marques d’approbation sur les mêmes bancs à gauche, nouvelles interruptions à l’extrême gauche et à droite.) » Discours de Jules Ferry du 28 juillet 1885
    Et encore du même:
    « ce que vous allez communiquer à l’enfant, ce n’est pas votre propre sagesse ; c’est la sagesse du genre humain, c’est une de ces idées d’ordre universel que plusieurs siècles de civilisation ont fait entrer dans le patrimoine de l’humanité. … Ce sera dans l’histoire honneur particulier pour notre corps enseignant d’avoir mérité d’inspirer aux Chambres françaises cette opinion qu’il y a dans chaque instituteur, dans chaque institutrice, un auxiliaire naturel du progrès moral et social, une personne dont l’influence ne peut manquer, en quelque sorte, d’élever autour d’elle le niveau des mœurs. … Dans une telle œuvre, ce n’est pas avec des difficultés de théorie et de haute spéculation que vous avez à vous mesurer ; c’est avec des défauts, des vices, des préjugés grossiers. » Lettre de Jules Ferry aux instituteurs (27 novembre 1883)

    Dans les deux cas, que ce soit pour les français ou les futurs colonisés, la mission que se donnent ces « élites » est d’élever les mœurs.

    On en voit le résultat! Déjà Pagnol dénonçait ce dédain (voyez par exemple dans Topaze)

    Ce qui motive réellement ces « élites » est l’avilissement de ceux qu’elles dédaignent. Et pour cela elles sont très fortes. Comme ceux qui les dénoncent avec le plus de force ce sont les personnes de culture européenne, dont elles proviennent, et c’est parce qu’elles en proviennent que les personnes de culture européenne sont capables de les identifier et de le dénoncer plus clairement, donc comme ceux qui les dénoncent sont de culture européenne, leur dédain se transforme en brutalité et même férocité vis à vis de ces dénonciateurs potentiels.

    Ce deux poids deux mesures trouve son origine ici, pas dans une différence d’appréciation, dans tous les cas, ce qui n’est pas « nous autres forces de progrès » doit être « élevé » et débarrassé de ses « préjugés grossiers » (cf Jules Ferry) pour être bien docile ou être éliminé. Il leur est, par ailleurs, nécessaire de diviser ceux qu’ils dédaignent pour pouvoir bien les avilir, c’est ce qu’a théorisé Machiavel, et ce qu’ils appliquent avec soi, par exemple ici.

    Le gouvernement et les activistes anti-blancs en Afrique du Sud, jouent donc leur jeu, et les sauvetages in extremis des Boers par divers pays, signalent la réduction de l’Afrique du Sud à l’état de technocratie avancée, presque soviétique.

    Quant à l’animadversion, la détestation, la condamnation et les imprécations propagées par ces « élites » et que vous mettez en lumière avec toute la clarté nécessaire dans cet article, elles sont les symptômes de ces deux aspects: la volonté d’avilir et celle de diviser.

  2. kan al louarn dit :

    Les sociétés multiculturelles ne fonctionnent jamais harmonieusement : en Afrique du Sud, maintenant la chasse aux descendants des Boers, autrefois l’ apartheid.
    Qu’attendons nous pour en tirer les conclusions en France ?

  3. Etienne dit :

    Souvenons-nous que lors de leur arrivée par le sud, les Boers ont trouvé des terres dépourvues de populations. En remontant vers le nord, Ils ont colonisé, donc mis en valeur, des terres vierges.
    Simultanément les Bantous migraient aussi vers la future Afrique « du sud », Eux, ils voyageaient du nord vers le sud. Et en passant, ils refoulaient de malheureux indigènes, p.e. des pygmées.

  4. Jack Glabre dit :

    Etienne oublie de dire que ce sont les Boers qui ont massivement dopé la natalité bantoue en édifiant à la sueur de leur front un formidable grenier à blé. Sous l’Apartheid, vendre ou donner de la nourriture aux Bantous était puni de… de rien du tout.
    Sans les fermiers boer, la population bantoue aurait été infiniment plus faible. Même chose au Zimbabwé, ou une poignée de fermiers blancs assurent à eux seuls et avec fierté l’explosion démographique bantoue.

  5. kaélig dit :

    Finalement, tous ces occidentaux qui ont apporté une Civilisation de progrès technologiques et humanistes « par devoir de civiliser les « races inférieures » comme le dit si justement Jules Ferry se retrouvent expulsés d’un pays, à l’origine peu peuplé, submergé par la démographie des africains noirs qui n’ont rien appris des valeurs occidentales et n’ont pour seul soucis que de profitter du patrimoine, gagné à la sueur de leur front, des « colonisateurs Blancs ».
    Et lorsque qu’à force de désordre, d’anarchie et d’incompétence, ils rejoindront le « niveau de Vie  » du Zimbabwe », nous les verrons, toute honte bue, déferler dans nos Eldorados Occidentaux pour piller chez nous tout ce qu’il reste à prendre du travail de « l’ancien colonisateur »…Et l’Afrique, incapable d’évoluer, retournera à « l’âge de Pierre ».
    Ce phénomène d’expulsion des « Blancs Chrétiens » a déjà eu lieu en Afrique du Nord, s’achève au Moyen Orient toujours aussi « décivilisé » dont le Liban où les Chrétiens majoritaires il y a 50 ans ne représentent plus que 30 % de la population chassés par l’envahissement des Musulmans.
    Un fois l’Europe réduite à l’état de Tiers Monde, il ne restera que l’Asie (Chine, Japon…) pour sauver la Planète de l’anéantissement.

  6. Brun dit :

    Qu’ajouter à ce dramatique constat de l’existence d’une charité à géométrie variable dans la bienpensance générale ?
    Seule arme à notre disposition, faire connaître, partout où cela reste possible cette triste réalité.

  7. Louko dit :

    Arretez de larmoyer, ces gens s appelent van der Wijk, Grotesteenhuis ou van den Breukelenkamp. Que sont t ils allé foutre la bas? Ceux qui trouvent que Moustapha doit rentrer au Bled nous disent que Henk doit rester en Afrique du sud…
    La Hollande doit les acceuillir point barre. Bande d hypocrites et de faux culs…

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