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La baisse voire l’assèchement complet de plus en plus de cours d’eau en France est un phénomène inquiétant. Et pas seulement pour l’irrigation ou l’alimentation en eau potable…

Des cours d’eau de plus en plus menacés

Les cours d’eau qui font le charme de nos campagnes sont-ils voués à disparaître ? La baisse de leur niveau chaque été, quand il n’est pas tout simplement question de leur assèchement complet, a de quoi inquiéter. À tel point qu’un Observatoire national des étiages (Onde), piloté par l’Office français de la biodiversité (OFB), a été mis en place depuis 2012 pour surveiller le phénomène. L’étiage désigne le débit exceptionnellement faible d’un cours d’eau.

Pour mieux appréhender l’évolution de ces cours d’eau, l’OFB a mis en ligne, dans le courant de ce mois de juillet, un bilan des huit dernières années. Lequel indique clairement que le nombre de cours d’eau en assec ou non visibles (car le débit d’eau est trop faible) est en hausse entre 2012 et 2019.

  • Situation des cours d’eau en France en 2012 :
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Situation des cours d’eau en France en 2012. Source : Office français de la biodiversité
  • Situation des cours d’eau en France en 2019 :
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Situation des cours d’eau en France en 2019. Source : Office français de la biodiversité

Hausse des cours d’eau en assec

Sur la période 2012-2019, « le taux cumulé d’observations en écoulement non visible et en assec est en hausse », indique l’OFB. Un taux qui ne descend plus sous les 10 % durant les 3 dernières années. Cette période est toutefois trop courte pour donner une réelle tendance.

Par ailleurs, durant la décennie 2010, les années les plus impactées dans l’ensemble sont par ordre croissant : 2012, 2017 et 2019. Le taux d’observation des rivières en écoulement non visible ou en assec a été le plus élevé en 2019, avec un maximum dans le bassin Rhin-Meuse (28,9 %), soit plus d’une observation sur 4.

Relevons aussi les disparités en fonction des territoires face à cette baisse du niveau des cours d’eau. Lors des années les plus sèches, le pourtour méditerranéen, les pays de la Loire, le Centre et la Bourgogne comptent la plus grande part de cours d’eau en assec.

Dans le même temps, l’OFB précise que quelques départements sont épargnés par les sécheresses estivales, du fait notamment de leur climat, de leur topographie et des caractéristiques de leurs cours d’eau : Finistère, Manche, Landes, Haute-Vienne, Haute-Savoie. À l’opposé, dans certains départements parmi les plus touchés, plus de 70 % des sites suivis ont fait l’objet d’au moins un assec sur cette période : Vaucluse, Drôme, Vendée, Creuse, Nièvre.

Les conséquences de ces baisses sur l’écosystème

De plus, la diminution du niveau dans les cours d’eau a pour conséquence de faire augmenter la température de l’eau tout en dégradant sa qualité. De même, la vie qu’elle abrite est donc modifiée.

L’activité humaine (irrigation, alimentation en eau potable, etc.) en amplifiant les étiages d’origine naturelle, n’arrange pas les choses et entrave donc les fonctions traditionnelles des cours d’eau, à savoir l’épuration naturelle de l’eau, la recharge des nappes phréatiques et l’approvisionnement en eau douce.

Enfin, du point de vue de la biodiversité, des étiages graves et répétés d’un cours d’eau peuvent impacter la végétation aquatique et perturber les fonctions naturelles pour la faune aquatique : habitat, alimentation, reproduction. Autre conséquence dramatique d’un niveau d’eau insuffisant ou nul, certaines espèces aquatiques peu mobiles ne peuvent alors plus survivre. Quand ce n’est pas pour laisser la place à de nouvelles espèces plus résistantes… et moins désirables.

AK

Crédit photo : DR (photo d’illustration)
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