algues

Doit-on redouter la présence de cadmium, une substance classée cancérogène, dans certaines algues alimentaires ? L’Anses alerte sur la question.

Trop de cadmium dans les algues destinées à l’alimentation ?

Les algues alimentaires sont dans le viseur de l’Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail). Le 28 juillet, l’agence a indiqué qu’une partie des algues destinées à l’alimentation, notamment celles que l’on retrouvent dans la confection des makis japonais, contiendraient trop de cadmium. Cette dernière étant une substance classée cancérogène. Dans ces conditions, l’Anses suggère d’instaurer des seuils de concentration maximum.

Un avis qui fait suite à des travaux portant sur 250 analyses de prélèvements concernant des algues non transformées. Sur l’ensemble, 26 % de ces échantillons témoignaient de concentrations de cadmium dépassant la valeur maximale de 0,5 mg/kg de poids sec recommandée par le CHSPF (Conseil supérieur d’hygiène public de France).

L’Anses indique par ailleurs que, « le cadmium étant une substance classée cancérogène pour l’Homme et s’agissant d’aliments dont la consommation augmente », elle a été saisie par la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes pour préconiser une teneur maximale en cadmium pour les algues destinées à la consommation humaine.

Une substance cancérogène présente autour de nous

Il n’y a pas que dans les algues alimentaires que le cadmium est présent. Ce contaminant est déjà très répandu dans l’environnement à l’état naturel et en raison de l’activité humaine, notamment agricole et industrielle. De plus, il pénètre facilement dans les végétaux par leurs racines et entre ainsi dans la chaîne alimentaire. La population y est aussi confrontée via l’inhalation active et passive de fumée de tabac. Il y a donc désormais urgence à limiter notre exposition à cette substance.

Une nécessité d’autant plus forte que la consommation des algues, issue de la tradition culinaire asiatique, est une mode alimentaire qui prend de l’ampleur, en France comme en Europe. Outre dans les makis, on retrouve certaines algues sous différentes formes, en bocaux notamment, ou encore dans les compléments alimentaires.

Par ailleurs, autre caractéristique des algues, celles-ci ont une propension à lier facilement des contaminants présents dans l’environnement tels le cadmium, l’arsenic ou le plomb.

Algues alimentaires : quelles conséquences et quelles solutions ?

Au-delà d’être classé comme une substance cancérogène, le cadmium est aussi mutagène et toxique pour la reproduction. Il entraîne chez l’Homme des atteintes rénales et une fragilité osseuse lors d’une exposition prolongée, notamment par voie orale via l’alimentation et l’eau de boisson.

Dans ces conditions, l’Anses recommande une concentration maximale en cadmium aussi basse que possible dans les algues alimentaires et propose ainsi une teneur maximale en cadmium de 0,35 milligramme par kilogramme de matière sèche dans ces mêmes algues alimentaires. De quoi assurer, dans 95 % des cas, le non dépassement de la dose journalière tolérable en cadmium.

Enfin, et en attendant la mise en place d’une législation stricte, l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail interpelle les consommateurs sur le fait que les contaminations au cadmium sont plus importantes pour les macro-algues brunes (comme le wakamé souvent consommé en salade) et rouges (à l’image du nori utilisé séché sous forme de feuille ou en tant qu’ingrédient dans les makis par exemple).

AK

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