Santé. Oxyde d’éthylène : un pesticide cancérogène présent dans de nombreux aliments… qui devrait alerter les autorités sanitaires

Oxyde d'éthylène

À l’origine du rappel de nombreux produits commercialisés dans des enseignes françaises au cours des derniers mois, l’oxyde d’éthylène, pesticide cancérogène, n’a fait pour l’heure l’objet d’aucune étude exhaustive de la part des autorités sanitaires.

L’oxyde éthylène, un « agent cancérogène » de plus en plus présent

La contamination de nombreux produits alimentaires à l’oxyde d’éthylène (ETO) pose actuellement question. À ce titre, le magazine 60 Millions de consommateurs a récemment alerté sur le rappel de plusieurs pains de mie commercialisés par les marques Chabrior, Netto, Monoprix et Franprix en raison de la présence de gluten contenant des résidus d’oxyde d’éthylène.

Comme l’indique la répression des fraudes (DGCCRF), ce pesticide est classé comme « agent cancérogène, mutagène et reprotoxique ». Quant au gluten, naturellement présent dans la farine de blé, il est souvent utilisé dans les recettes par les industriels afin de rendre la pâte à pain moins cassante et plus élastique.

Au fil des mois, le nombre de produits contaminés par l’oxyde d’éthylène n’a cessé d’augmenter. Au mois d’août 2021, plus de 10 000 aliments avaient fait l’objet d’un rappel en raison de la présence ce pesticide. De grandes enseignes de supermarché, comme Carrefour, Auchan ou E.Leclerc étaient alors concernées.

Indétectable mais pas sans risque ?

Mais l’oxyde éthylène se retrouve également parfois dans dans la gomme de guar et la farine de caroube. Deux additifs servant notamment à confectionner des crèmes glacées et des sorbets.

Détail inquiétant, comme le révèle le magazine dédié à la protection des consommateurs, bien que certains fabricants de glace indiquent que l’oxyde éthylène est indétectable dans les produits finis, les risques pour la santé ne sont pas exclus pour autant.

En effet, selon le toxicologue Fabrizio Pariselli, directeur de l’unité de prévention du risque chimique au Centre national de la recherche scientifique (CNRS), « le fait d’utiliser une denrée impropre à la consommation rend le produit transformé ou préparé à partir de cette denrée impropre à la consommation ».

Par ailleurs, à l’automne 2020, une autre salve de signalements avait déjà pointé du doigt de nombreux autres produits. Plusieurs distributeurs furent concernés (Auchan, Carrefour, Picard, Lidl) pour des produits allant des salades aux pains, en passant par des soupes, des sandwichs, des graines en vrac ou du houmous. Mais aussi des sauces et des produits transformés…

Le risque d’interactions de l’oxyde d’éthylène en question

D’autre part, l’une des particularités de l’oxyde éthylène est sa capacité à interagir avec de nombreux composants. De quoi compliquer la tâche des différentes autorités sanitaires puisqu’il est difficile de définir l’ensemble des conséquences que peut produire une substance aussi réactive en entrant en contact avec les ingrédients composant les aliments commercialisés.

Dans ces conditions, comment éviter la psychose chez les consommateurs face à la très longue liste de produits où des traces de ce cancérogène avéré sont présentes ? Fabrizio Pariselli a une certitude : « plus longtemps on va être exposé à cette substance, plus on augmente le risque supplémentaire d’avoir un cancer ». Un constat pas spécialement rassurant. D’autant plus que, comme le concède le toxicologue, « nous ne sommes pas en capacité de déterminer un seuil au-dessous duquel il n’y a aucun risque de développer un cancer ».

Face à cette confusion, l’exposition de la population française à l’oxyde d’éthylène n’a toujours pas été évaluée précisément par les autorités sanitaires. Qui ne se bousculent d’ailleurs pas pour engager ces travaux. Du côté de l’Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire), on évoque « la difficulté de reconstituer une exposition réaliste » au pesticide cancérogène puisque « de fortes incertitudes sur le scénario d’exposition » pèseraient sur l’évaluation rétrospective des risques.

Mais l’agence n’est pas la seule à botter en touche sur le sujet de l’oxyde éthylène. Après avoir été sollicitée par 60 Millions de consommateurs, la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) a indiqué que cet enjeu de santé publique relevait… de l’Anses justement ! La réponse fut similaire du côté de l’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (Inrae). En attendant, les consommateurs français sont dans le flou…

Crédit photo : Pixabay (Pixabay License/Roses_Street) (photo d’illustration)
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0 réponse

  1. Si ils ne peuvent nous avoir avec les vaccins, ils nous aurons par la malbouffe !! le pire est les deux conjugués !!!! je ne parle pas des fumeurs et des buveurs, il nous reste, vivre d’amour et d’eau fraiche, l’amour en se protégeant avec du vinyle cancérogène, l’eau, polluée avec des métaux lourd ! il reste à s’empoisonner à coups de marteau !! vive la vie !!! si l’on regarde que le verre à moitié vide ! il faut verser le contenu dans un plus petit verre, et voila !!! la vie sera d’un seul coup, plus belle.

  2. que font nos « écolos » ?
    le gouvernement n’est il pas supposé nous protéger? ils s’en fichent !
    j’irai le dire dans les urnes le mois prochain

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