Les larmes du passeur, Surprise-partie pour le hussard, Biopolitique du coronavirus, Les censeurs contre la République, La vie quotidienne au Moyen-âge : la sélection littéraire de la semaine

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Les larmes du passeur, Surprise-partie pour le hussard, Biopolitique du coronavirus, Les censeurs contre la République, La vie quotidienne au Moyen-âge : voici la sélection littéraire de la semaine.

Les larmes du passeur

L’esclavage des Yazidis par Daech est l’un des drames les plus marquants de notre époque. L’histoire des passeurs, qui ont créé des réseaux clandestins pour libérer ces innocents, restait à écrire.
En août 2014, Daech lance une guerre génocidaire dans les terres de la minorité religieuse yazidie, au nord de l’Irak. Des pères de famille et des personnes âgées sont exécutés et jetés dans des fosses communes. Des milliers de femmes et d’enfants sont kidnappés et destinés à devenir les esclaves sexuels ou les enfants-soldats du “califat”.
Face à l’horreur, des civils, femmes et hommes, renoncent à leur vie ordinaire pour devenir passeurs. Yazidis ou musulmans, ils sont marchands, chauffeurs de taxi, médecins, journalistes ou avocats. Traqués par Daech, ils infiltrent les communications du groupe, recrutent des informateurs et des équipes clandestines jusqu’aux confins de la Syrie.
Dans cette coalition hétéroclite, des intermédiaires aux motivations diverses parviennent à sauver des centaines de captifs. Sans eux, aucun Yazidi ne serait revenu vivant de l’enfer. Fruit d’enquêtes de terrain et d’entretiens inédits, ce livre propose un plongeon vertigineux dans la nuit de Daech, aux côtés des passeurs.
Un récit intense et poignant où se mêlent courage, sacrifice et liberté.

Spécialisé dans l’étude de la « Shoah par balles », le père Patrick Desbois a documenté le génocide yazidi par Daech dès 2015. Il a interrogé, avec son organisation Yahad in Unum, plus de 380 témoins yazidis récemment libérés et a créé quatre centres de réintégration dans les camps de réfugiés. Docteur honoris causa de plusieurs universités, professeur à l’université de Georgetown (Washington D.C.), il est l’auteur de Porteur de mémoires. Sur les traces de la Shoah par balles (Michel Lafon, 2007) ; Champs Histoire (Flammarion, 2009), La Fabrique des terroristes (avec Costel Nastasie, (Fayard, 2016) et La Shoah par balles (Plon, 2019).

Les larmes du passeur – Patrick Desbois – éditions du rocher

Surprise-partie pour le hussard

Un officier des renseignements se souvient : de ce qui se passa à la fin des années 1990, de Paris à la cité balnéaire de Beaulieu, en passant par Lattaquié en Syrie, quand des oligarques, des cultureux, des journalistes, disparurent ou furent éliminés. Était-ce l’opération Surprise-partie qu’avaient décidé Julien Ardant, sa sœur Alice, et Léopold von Kluge ? Opération commando contre tous ceux qui semblaient déjà mettre en place quelque nouvel ordre mondial ? On avait défouraillé d’abondance. Les armes étaient de sortie, FR-F2, grenades, pistolets-mitrailleurs MP5K, Glock 17… Le bleu des piscines des villas de luxe tournait au rouge sang, et les bureaux de trading et les écoles de commerce explosaient.

Tandis que chacun revenait sur son passé, Saint-Maixent, Cercottes et la jolie Anne pour Julien Ardant ; le SAC, le 1er RPIMa, des missions en Orient et en Allemagne pour Von Kluge ; le ministère de l’Intérieur pour Alice. Et qu’on lisait aussi beaucoup, Dumas, Genevoix, Brasillach… Car la littérature et un Walther PPK font toujours bon ménage.

Arnaud Bordes est notamment l’auteur de Voir la ViergePop ConspirationOn attendra Victoire. Dernier ouvrage paru : Le Magasin des accessoires.

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Surprise-partie pour le hussard – Arnaud Bordes – Auda Isarn

Biopolitique du coronavirus

Télétravail, famille, patrie ! Le coronavirus marquerait-il la revanche posthume du pétainisme ? Tous assignés à résidence. Tel est le pari de ce livre, qui réunit une série de papiers d’abord parus sur le site d’Éléments, une sorte de feuilleton de la pandémie, avec pour ambition de déboucher sur des propositions concrètes. L’idée de départ, c’était de décloisonner les disciplines, mais en butinant. Internet l’autorise. L’écriture est moins prisonnière des conventions dans lesquelles le papier nous enferme parfois. C’est un format plus souple, où peuvent se mêler des registres plus légers, un peu de Tontons flingueurs, un peu de rock’n’roll. Une sorte de grand écart entre le maréchal Pétain et Michel Foucault, théoricien de la biopolitique.

Rédacteur en chef de la revue Éléments, François Bousquet est le directeur de la Nouvelle Librairie, où il a publié Courage ! Manuel de guérilla culturelle (2019).

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Bipolitique du coronavirus – François Bousquet – La Nouvelle librairie éditions 

Les censeurs contre la République

Parler de démocratie n’a de sens que lorsque le débat est libre. Et il ne peut être libre que si l’expression des idées, des opinions, des contestations est libre. Aussi iconoclaste pourrait-elle paraître, aussi éloignée du consensus, des « valeurs » mêmes de l’époque dans laquelle elle s’insère, cette libre parole est garante de la liberté tout court. Or aujourd’hui, où la démocratie est pourtant érigée en idéal absolu, servant même d’alibi à toutes sortes de guerres, médiatiques, judiciaires ou de guerres tout court, le débat est de moins en moins libre. Encadrée par des lois qui prétendent mettre fin aux discriminations, protéger les minorités ou sacraliser certains faits historiques, réprimée sur les réseaux sociaux au nom de la lutte contre la « haine », mise sous pression par diverses associations jusqu’au sein des universités, la liberté d’expression est souvent réduite à n’être qu’un étendard qu’on agite lorsque le peuple descend dans la rue au cri de « Je suis Charlie ».

L’auteur, Jean Bricmont, dans une édition actualisée et augmentée de La République des censeurs paru en 2014, et précédée d’une préface importante d’Étienne Chouard, analyse, à l’aide de nombreux exemples concrets, les moyens mis en œuvre pour restreindre le droit à la parole, de la dénonciation publique du « dérapage » aux poursuites devant les tribunaux, en passant par les carrières avortées de ceux qui ont cru que la raison était, depuis les Lumières, au-dessus des dogmes.

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Les censeurs contre la République – Jean Bricmont – éditions Jeanne

La vie quotidienne au Moyen-âge

Entre  » Naître  » et  » Mourir « , les vingt-deux chapitres de ce livre scandent l’existence des hommes et des femmes du Moyen Age, depuis les invasions barbares jusqu’à la Renaissance. Pour raconter, avec son talent coutumier, le quotidien du peuple comme des grands, Jean Verdon embrasse tous les thèmes.

L’on découvre ainsi que l’on ne se marie pas par amour et que les futurs époux n’ont pas leur mot à dire. La sexualité tient pourtant une place significative au sein du couple et certains textes, connus des milieux cultivés, attestent l’existence d’un art érotique. Les quantités de nourriture et de vin ingérées impressionneraient nos contemporains fervents de diététique, mais des conditions de vie plus dures que de nos jours entraînent une dépense énergétique plus importante. A ceux qui prient, ceux qui combattent et ceux qui travaillent ‒ les paysans, qui constituent l’essentiel de la population ‒ s’ajoute, avec le développement des villes, le monde des artisans et des marchands. Sur eux tous la religion exerce une forte emprise, elle structure la société. Malgré les  » malheurs du temps « , les hommes savent s’amuser, profiter des instants de loisir plus fréquents qu’on ne l’imagine. Ils se déplacent beaucoup, parfois longtemps, des mois, voire des années.

Un panorama sans équivalent, riche et fascinant.

Jean Verdon, professeur honoraire des Universités, spécialiste des mentalités à l’époque médiévale, est l’auteur de nombreux ouvrages, dont plusieurs ont été couronnés par l’Académie française.

La vie au quotidienne au Moyen-âge – Jean Verdon – Tempus

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