Breizh-Info s’arrêtera le 31 décembre s’il manque 60 000 euros
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Comme la quasi-totalité des secteurs – automobile, tourisme, luxe, etc. – l’art est durement touché par la crise sanitaire actuelle. Le marché de l’art vient de connaître un temps d’arrêt sans précédent. Les foires, comme la plupart des évènements rassemblant un large public, ont été reportées ou annulées. Quel tournant vont-elles prendre pour émerger de cette période de crise ?
Aujourd’hui où la distanciation sociale est devenue notre nouvelle norme et où les gestes barrière sont au cœur de notre vie quotidienne, l’avenir des foires d’art semble incertain. Elles constituent pourtant le cœur battant du marché de l’art. Comme le souligne Pauline Loeb, fondatrice d’artfairmag.com, plateforme web entièrement dédiée aux foires d’art : « Les foires ont connu une ascension vertigineuse depuis ces deux dernières décennies. Elles n’étaient que 55 en 2001, puis 205 en 2008. Artfairmag en recense aujourd’hui 310 ! »
Le contexte actuel empêchant leur bon déroulement, les organisateurs de ces salons ont dû être imaginatifs et réactifs pour rebondir rapidement. La réponse fut en partie trouvée dans le numérique. Même si la numérisation du commerce de l’art était déjà amorcée avant même que le Covid-19 ne frappe, elle fut largement accélérée ces derniers mois.
Du simple PDF à télécharger à la visite complète d’une foire en ligne où le visiteur se promène dans des allées virtuelles, l’offre digitale des foires est variée et plus ou moins satisfaisante. Le principal défi à relever est de créer une expérience engageante et stimulante pour l’utilisateur, tout en rendant la foire commercialement viable.
C’est Art Basel qui lança en premier son Online Viewing Room, à la suite de l’annulation de son édition de Hong Kong en mars dernier. Le succès rencontré fut globalement mitigé, tant du côté des ventes que de celui de l’expérience utilisateurs. « Il s’agissait davantage d’un catalogue en ligne que d’une véritable visite virtuelle », déplore Pauline Loeb. Mais l’offre s’améliore au fur et à mesure des mois qui passent. La version online de la Frieze New York en mai dernier a en effet rencontré un vif intérêt auprès des professionnels et des collectionneurs. En plus du catalogue des œuvres, un tchat avait été mis en place pour que visiteurs et exposants puissent communiquer directement. Le succès fut au rendez-vous puisque cette dernière a enregistré des ventes importantes pour les méga-galeries, atteignant 6 et 7 chiffres. Cette tendance a été confirmée par la seconde Art Basel Online Viewing Room pour laquelle de réelles améliorations furent apportées.
Personne n’est dupe. Les foires en ligne ne pourront remplacer durablement les salons physiques. Les foires virtuelles sont décevantes si on les comparent à leurs pendants physiques. Mais le numérique peut offrir des outils innovants fantastiques qui viendront compléter l’expérience in situ. C’est ce qui ne manquera pas d’arriver dès la réouverture des foires dans les mois qui viennent.
Crédit photo : DR
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