Quimper peut mieux faire, selon la chambre régionale des comptes

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On sent comme un soupçon d’agacement dans le dernier rapport d’observations définitives (ROD) de la chambre régionale des comptes sur la gestion de la ville de Quimper. Oh ! ce n’est pas que les choses aillent mal. La situation financière est « saine et maîtrisée » précise même la Chambre. L’endettement est modéré, les dépenses de fonctionnement ne dérapent pas.

Les comptes sont bons, en somme. Cependant, ils sont mal tenus : la gestion budgétaire et comptable est « déficiente ». Et ce qui irrite la Chambre est la raison de cette déficience : ses précédentes recommandations « n’[ont] pour l’essentiel pas été suivies d’effets ». L’administration municipale de Quimper s’est assise sur de sages conseils donnés par la Chambre en 2015.

En cause, notamment, les taux d’engagement et d’exécution du budget, toujours trop faibles. Les dépenses votées ne sont pas toujours exécutées, et la gestion pluri-annuelle des investissements n’est « pas effective ». Qui plus est, il n’existe pas de contrôle interne comptable, de sorte que l’inventaire des biens de la Ville « reste très lacunaire », les amortissements présentent « de nombreuses imprécisions » et la constitution de provisions, « pourtant obligatoire, n’est toujours pas mise en œuvre ».

Un temps de travail inférieur à la durée légale

Cas peu courant chez les collectivités locales, la Chambre note que « les dépenses de personnel se réduisent » légèrement. La municipalité a cherché à adapter l’évolution de ses dépenses de personnel à celle de ses recettes. Sans augmenter la fiscalité locale. Les Quimpérois ne peuvent que lui en savoir gré ! La diminution des dépenses est liée à celle des indemnités de toutes sortes et à une réduction du nombre d’agents, « passé de 688 équivalents temps plein (ETP) à 655 entre 2014 et 2017 ». L’organisation de la direction des ressources humaines a aussi été améliorée.

Tout n’est pas parfait, pourtant : comme dans beaucoup de communes, le temps de travail moyen des agents est inférieur à la durée minimum fixée par la Loi. Il est de 1 547 heures par an, alors que la durée légale est de 1 607 heures. « Avec un total de 39 294 heures manquantes par rapport à la durée légale (60 x 654,9), le coût annuel peut être évalué à environ 746 200 € », souligne la Chambre.

Multirécidiviste en légère amélioration

La Chambre adresse finalement à Quimper pas moins de quatorze recommandations. Dont quelques-unes vraiment substantielles (« Veiller à constituer les provisions obligatoires selon les règles comptables en vigueur »…).

Quimper est un « bon client » pour la chambre régionale des comptes, qui l’a contrôlée pas moins de quatre fois en une douzaine d’années. Elle lui a délivré des ROD plutôt sévères en 2009, 2013 et 2015. La ville reste multirécidiviste sur certains points comme l’inventaire de ses biens. Globalement, pourtant, le ROD de 2020 témoigne d’une situation légèrement meilleure. Ce qui peut se traduire en termes politiques : Ludovic Jolivet (ex-LR), maire de 2014 à 2020, s’est montré (un peu) meilleur gestionnaire que Bernard Poignant (PS), maire de 1989 à 2001 et de 2008 à 2014.

Illustration : Hôtel de ville de Quimper, photo BI, droits réservés
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