Nantes. Le MIN, un marché magnifique, mais couteux et plein de malfaçons ?

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Nouveau ventre de Nantes achevé dans la précipitation avant les municipales pour accueillir ses 100 entreprises et 800 salariés, le nouveau MIN porte de Rezé,1 million d’heures de travail,  70.000 m², le second de France après Rungis, a-t-il été fini trop vite, et surtout mal ? Les nombreux problèmes soulevés par les utilisateurs font le procès d’un bâtiment où l’aspect fonctionnel et pratique a souvent été sacrifié à l’esthétisme, voire à l’écologie.

« Un MIN ce n’est pas fait pour être beau, mais fonctionnel ! », s’exclame un grossiste. « Certes, les anciens locaux étaient vraiment au bout, mais ici, on a un MIN pas fini, et ce n’est pas vraiment pratique ! ». Un de ses collègues renchérit, « ah, il peut être beau, pour 180 patates  [millions d’euros] c’est le minimum ! ». Devant coûter 80 millions d’euros en 2015 puis 150 millions d’euros au bat mot en 2018, il a coûté au moins 8 de plus, sans compter les aides aux entreprises (15 millions).

Des frigos trop petits ?

Premier problème pointé, les frigos. « Dans l’ancien MIN, on pouvait rentrer dix palettes par commerçant. Là, on nous a imposés sans nous consulter de nous regrouper par deux commerçants, et nos nouveaux frigos peuvent rentrer trois, voire quatre palettes, pas plus ». Comment font-ils ? « On achète moins et on fonctionne en flux tendu. Problème, moins tu achètes, plus c’est cher ». D’autres stockent ailleurs, des coûts, encore des coûts.

Pas de réseau dans le MIN, pas de prises électriques pour les véhicules

40% de la production de froid des frigos est assurée par une centrale photovoltaïque sur le toit – 16.742 panneaux, plus 1666 pour la consommation propre du MIN, souligne fièrement la métropole. Problème impromptu : la structure des panneaux formant une cage de Faraday, « le portable ne passe pas dans les bâtiments », relève un grossiste. « Quand on est en ligne avec nos clients, et ça arrive souvent, faut sortir. Pratique ! »

En revanche, le MIN tout neuf est déjà obsolète : « il n’y a aucune prise électrique pour les véhicules de livraison. Dernièrement, on a eu une réunion avec les officiels sur la logistique du dernier kilomètre, les livraisons électriques, tout ça. Y en a un qui a remarqué qu’il n’y avait pas de prises électriques dans les bâtiments pour recharger les véhicules, on s’est tous levés, on est partis. Au revoir bande de cons. Et merci pour les réunions le vendredi, nous on bosse, on n’a pas que ça à faire ».

Des portes trop petites, des malfaçons dans les cases…

Autre malfaçon pas pratique, la taille des portes de quai, à l’extérieur : « pour les camions, c’est OK, en revanche les hayons des véhicules légers, ils ne passent pas à 2 cm près. Pour les décharger, faut qu’on fasse des quais hauts avec des palettes. Génial… », explique un salarié.

Ce titulaire d’une case relève « des malfaçons un peu partout. Des carrelages anti-dérapants qui sont une patinoire, des portes qui n’ouvraient ou ne fermaient pas, des carreaux posés n’importe comment, des fuites… et tout ça pour des loyers qui sont sensiblement plus chers que dans l’ancien MIN ». Mieux, du fait d’un décalage entre les cases et les alentours, un employé est affecté à la réfection continuelle des bandes à la sortie des bâtiments. Il y en aurait pour des années de petits travaux d’entretien. Un générateur aléatoire de malfaçons pour régler le chômage en France, voilà une idée « disruptive » pour Macron ?

Le béton ciré, c’est beau sur les présentations, mais pas pratique et glissant !

Avec sa charpente en nid d’abeille – qui fuit, notamment devant les portes des cases – et son sol en béton ciré, le carreau est magnifique. Mais le cœur du MIN est aussi source de tracas pour les salariés : « comme tout est plat, les engins et les gens ramènent de l’eau, et c’est une vraie patinoire. Impossible de freiner là-dessus, alors on balance des cartons par terre, pour essayer de ne pas se vautrer avec les chariots et les palettes de produit », explique un autre salarié.

« Le jour où l’un de nous se renversera avec un chariot du fait de leur sol pas du tout adapté – et pour lequel ils ont évidemment omis de nous demander notre avis, comme pour les frigos, les cases etc. qui va payer ? » Indice pour Johanna Rolland : un peu de bagout et d’entregent ne suffira peut-être pas à faire prendre aux utilisateurs du MIN des vessies pour des lanternes…

Louis Moulin

Crédit photo : Breizh-info.com
[cc] Breizh-info.com, 2020, dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention et de lien vers la source d’origine

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Une réponse à “Nantes. Le MIN, un marché magnifique, mais couteux et plein de malfaçons ?”

  1. louis dit :

    made in france en somme !! hi!hi!

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