USA : Peut-il y avoir une guerre civile après les élections ?

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L’agence de presse russe RiaFan a publié ces jours-ci un long article du canal Telegram Amerikanski Nomer, consacré à la possibilité d’une guerre civile aux Etats-Unis après les élections. Dans l’hypothèse d’une victoire à l’arraché de Trump (ou de Biden) il n’est en effet pas impossible que le candidat battu profite du flottement institutionnel et du contentieux électoral pour, comme dans un pays du tiers monde, faire sortir ses partisans dans les rues et obtenir ou garder le pouvoir par la force.

Certains analystes russes affirment même que le mouvement BLM (Black Lives Matter) et ses cortèges de manifestations violentes serait une répétition générale de ce scénario par le camp démocrate. D’autres – principalement dans les pays occidentaux – insistent sur la violence des partisans de Trump, et notamment de mouvements comme les Proud Boys (les gars fiers). Qu’en est-il vraiment ?

Du BLM aux fraudes massives dans le vote par correspondance

Après être revenu sur l’affaire George Floyd et le mouvement BLM, ainsi que la décision de Donald Trump de priver de financement fédéral les villes – toutes démocrates – qui ont refusé de rétablir l’ordre (dont New-York, Seattle, Portland et Washington), l’article s’intéresse aux fraudes dans le cadre du vote par correspondance.

De nombreux vols de bulletins ont été rapportés dans la presse locale, par exemple à Colorado Springs (fief républicain), mais aussi des vols de matériel permettant de programmer les machines (Philadelphie), ainsi que des envois de milliers de bulletins invalides – les votes qui seront portés dessus seront donc aussi automatiquement annulés (comté d’Allegheny en Pennsylvanie, un des états pivots cruciaux pour l’élection).

Les règles de vote et de dépouillement dépendent des états ; en 2016, 139 millions d’américains ont voté, dont 33 millions par correspondance. C’est loin d’être négligeable, d’autant que l’élection de 2000, entre Al Gore en Bush en 2000, s’est jouée sur un lot de 537 bulletins en Floride. Cette année, l’on s’attend à une participation plus massive, de l’ordre de 150 millions d’électeurs, avec jusqu’à la moitié (75 millions) par correspondance, notamment à cause du Covid.

Les règles sont tellement spécifiques et tellement variées – liées par exemple à la présence d’une, ou deux enveloppes autour des bulletins – que le New York Times a consacré un long article à les expliquer. Le fait que certains états obligent les électeurs à mettre le bulletin dans une enveloppe, et cette enveloppe dans une seconde, mais acceptent des bulletins « nus » qui ne sont que dans une enveloppe, tandis que d’autres les refusent, n’est pas fait pour simplifier les choses.

Les noirs s’arment massivement

L’article s’intéresse aussi à l’armement des noirs – des milices de noirs lourdement armés ont défilé dans le cadre de manifestations du BLM, notamment en Louisiane, mais ce sujet n’est presque pas abordé, ou minimisé, par les médias dominants.

Le directeur des recherches et du développement de l’association nationale de tir sportif aux USA, Jim Curcuruto, a déclaré récemment qu’en 2020, la forte hausse des ventes d’armes (+95% sur un an, +139% pour les munitions sur le 1er semestre 2020) a été nourrie par l’armement massif des hommes et des femmes noirs. Sur les six premiers mois de 2020, les noirs ont acheté 58.2% d’armes en plus que sur les six premiers mois de 2019. Cependant les blancs restent surreprésentés parmi les acheteurs d’armes, dont ils forment plus de la moitié (55.2%), les femmes blanches sont 16.6% des acheteurs, les hommes noirs 9.3%, les femmes noires 5.4%

Philippe Smith, président de l’association afroaméricaine des armes, le pendant afroaméricain de la NRA, a affirmé qu’il a eu un boom de demandes d’adhésions lors de l’élection de Trump en 2016. Cependant, s’il y a un an, l’association avait dix demandes d’adhésion par jour, depuis le BLM, ce serait plutôt dix par heure.

Les Proud Boys, réaction aux milices armées noires ?

Dans la presse mainstream américaine et européenne, les Proud Boys (gars fiers) sont présentés comme des fachos d’ultra-droite néonazis. RiaFan nuance ce jugement en affirmant que « si certains soutiennent la suprématie blanche, sont néonazis et pensent qu’une guerre raciale est inévitable […] les membres des Proud Boys, apparus lors des manifestations de 2020, ont gagné le respect d’une partie de la société américaine, choquée par les pillages des antifas et des BLM. Malgré leur critique dans les médias, les parades des Proud Boys se positionnaient comme des démonstrations de force contre les BLM radicalisés, les antifas et les diverses milices noires ».

Quant à la possibilité d’une guerre civile après les élections, RiaFan affirme « plutôt oui que non. L’état est de fait divisé en deux camps antagonistes – la gauche, qui fait la propagande de l’égalité sociale, la justice raciale et le refus de sa propre histoire, et la droite, des conservateurs patriotes. Biden et Trump, que tout oppose, se sont retrouvés au centre du conflit. Beaucoup dépend de leur comportement après l’élection : Trump affirmera que le vote est illégitime s’il perd ? Les partisans de Biden vont-ils commencer des pogroms si les républicains gagnent à nouveau ?

La division d’une société en deux camps qui se haïssent, c’est une bombe à retardement mortelle pour n’importe quel état. C’est un facteur puissant qui est devenu l’un des moteurs de la guerre civile russe en 1917. Maintenant, cette bombe s’est réveillée aux USA et est sur le point d’exploser ».

Traduit par Louis-Benoît Greffe

Illustration : DR
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1 COMMENTAIRE

  1. Cette analyse de ce coté-ci de l’atlantique rejoint les voix qui s’élèvent en France ( Zemmour, Rioufol etc …) sur les risques d’une guerre civile en France issue des antagonismes et incompatibilités de plus en plus marqués entre les différentes communautés coexistant sur le même territoire.

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