Islamisme, laïcité. Quand l’auto-censure devient la règle au sein de l’Education nationale…et de la Fondation Jean Jaurès…

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L’assassinat du professeur d’histoire-géographie Samuel Paty le 16 octobre 2020 par un terroriste islamiste à Conflans-Sainte-Honorine a remis en lumière de façon macabre la réalité que vit une partie des enseignants de France depuis plusieurs années maintenant, faite de violence, d’autocensure, de situation de conflit dans les classes liés à l’enseignement de certaines matières ou le traitement de certains sujets, ou encore de manque de reconnaissance ou de manque de soutien pour le travail accompli.

A l’heure où les élèves reviennent – partiellement – dans les classes en cette nouvelle année, l’Observatoire de l’Éducation de la Fondation Jean-Jaurès a souhaité dresser un panorama le plus large possible de ce que vivent, ressentent, pensent et envisagent les enseignants de France pour l’avenir et leur avenir personnel. C’est pourquoi elle a réalisé, avec l’Ifop, un dispositif d’enquête ambitieux, appelé « Observatoire des enseignants » sous l’égide de Iannis Roder, professeur d’histoire-géographie dans le secondaire et directeur de l’Observatoire de l’Éducation de la Fondation Jean-Jaurès, en lien avec Jérôme Fourquet et François Kraus pour l’Ifop.

Cette enquête, réalisée par questionnaire auto-administré en ligne du 10 au 17 décembre 2020 (voir les résultats ici) auprès d’un échantillon de 801 enseignants des 1er et 2e degrés en France métropolitaine, aborde trois sujets principaux (et sortira en trois temps jusqu’en mars 2021) : les contestations de la laïcité et les revendications religieuses vécues par les enseignants dans l’enceinte scolaire, leur moral et les conditions d’exercice de leur travail et enfin leurs opinions quant à la place de la laïcité et de la religion dans l’enceinte scolaire.

On vous propose ci-dessous les conclusions de l’Observatoire de l’Éducation de la Fondation Jean-Jaurès, et les nôtres, qui démontrent qu’il n y a pas que dans l’Education nationale que l’auto-censure règne…

Quand l’auto-censure devient la règle au sein de l’Education nationale

Voyons ce qu’indique principalement cette étude :

Une gestion de la question religieuse dans la vie scolaire de plus en plus source de tensions

  1. 49 % des enseignants interrogés affirment s’être déjà autocensurés dans leur enseignement des questions religieuses afin de ne pas provoquer de possibles incidents dans leur classe, soit 13 points supplémentaires depuis 2018.
  2. En ce qui concerne les incidents liés à la contestation du principe de laïcité, 40 % des professeurs avouent avoir connu des incidents en matière de questions de restauration scolaire, une augmentation de 5 points depuis 2018.
  3. Plus de la majorité des enseignants disent avoir déjà observé de la part d’élèves au moins une fois une forme de contestation au nom de la religion dans sa classe, dans des matières aussi diverses que l’éducation physique et sportive (27 %), lors d’enseignements abordant la laïcité (26 %) ou encore lors de cours d’éducation à la sexualité ou dédiés à l’égalité filles-garçons ou stéréotypes de genre (25 %).
  4. Ces contestations des enseignements scolaires augmentent de 7 points depuis 2018, passant le cap des 50 % de professeurs concernés (53 %).

L’Islam, vecteur de séparatisme religieux ?

  1. 59 % des enseignants disent avoir déjà observé de la part d’élèves de leur établissement actuel au moins une fois une forme de séparatisme religieux. Cette dernière peut ainsi prendre la forme d’absences des jeunes filles à des cours de natation, avec ou sans certificat (45 %), de demandes à ce qu’aucune viande ne soit servie avec les légumes dans les assiettes d’élèves (35 %) ou encore de refus d’entrer dans des lieux à caractère religieux (type église) lors de sorties scolaires (28 %).

Les quartiers à forte population d’origine extra-européenne au centre de ce séparatisme

  1. Ces contestations s’expriment davantage dans les établissements situés dans le réseau d’éducation prioritaire (REP), avec une différence de 20 points avec ceux situés hors REP (34 % contre 14 %).
  2. Au total, 19 % des enseignants disent avoir observé au moins une forme de contestation ou de désapprobation lors des cérémonies, allant des justifications des violences contre les personnes présentant des caricatures de personnages religieux (15 %) à des refus de participer à la minute de silence organisée en hommage au professeur (10 %).
  3. Finalement, seulement trois quarts des professeurs interrogés (75 %) soutiennent l’acte de Samuel Paty d’avoir fait un cours sur la liberté d’expression en s’appuyant sur des caricatures de presse, 9 % pensant qu’il a eu tort et 16 % préfèrant ne pas se prononcer.

L’auto-censure, y compris jusque dans les institut de sondage ?

N’y a-t-il pas également une forme d’auto-censure, au nom du politiquement correct, y compris au sein des instituts de sondage et des rapporteurs de ces sondages ? La question est posée, car il suffit de voir les thématiques abordées dans cette étude pour se rendre compte que ce ne sont pas les familles catholiques qui font dans le séparatisme religieux à l’école.

Que ce soit les absences en cours liées à la célébration d’une fête religieuse, l’adaptation des établissements à des demandes religieuses en matière de restauration (halal et casher), le refus de la mixité, ou de la pratique du sport, la contestation des célébrations catholiques traditionnelles (sapin de Noël, crèche, galettes des rois), le refus de serrer la main aux femmes…ces nouvelles pratiques et revendications sont, quasi exclusivement, liées à la croissance d’une population musulmane qui prend de plus en plus d’importance démographiquement dans le pays. Mais cela, la fondation Jean Jaurès ne le dira pas, y compris en vous mettant le sondage sous les yeux.

Même politiquement correct du côté de la géographie de cette revendication religieuse amenant à de l’auto-censure au sein de l’Education nationale. A aucun moment, les analystes n’expliquent dans ce sondage que si les contestations religieuses s’expriment avant tout dans les établissements d’éducation prioritaire, c’est avant tout parce que ces derniers accueillent majoritairement des populations d’origine extra-européenne, et donc un nombre plus important de jeunes musulmans. Le politiquement correct pousse Iannis Roder, directeur de l’Observatoire de l’Éducation de la Fondation Jean-Jaurès, à parler de « banlieues populaires plus touchées » plutôt que de « banlieues à forte population immigrée ». Avant de vouloir alerter sur l’auto-censure au sein de l’éducation nationale, il faudrait peut être balayer devant sa propre porte….

Crédit photo : DR
[cc] Breizh-info.com, 2021, dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention et de lien vers la source d’origine

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