SUDA SA01 Made in China. Plus de 5 000 € de subventions pour l’achat d’une voiture sans airbags ni ESP ?

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Après avoir commercialisé sa berline électrique SA 01 en Chine l’an passé, le constructeur chinois Suda s’attaque au continent européen en lançant son véhicule en Allemagne au prix de 18 990 euros. En France, une fois les subventions déduites, le véhicule coûtera 14 000€, ce qui fait s’insurger la ligue de défense des Conducteurs qui a écrit une tribune sur le sujet, que nous reproduisons ci-dessous.

À peine plus de 14 000 €, c’est ce que coûtera la SUDA SA01 importée de Chine, une fois déduites les subventions réservées aux véhicules 100 % électriques en France. Homologuée en petite série pour l’Europe, cette berline compacte se révèle pourtant techniquement dépassée et dangereuse : aucun airbag, pas d’antidérapage, des distances de freinage lamentables… La Ligue de Défense des Conducteurs s’insurge : l’État peut-il laisser circuler ce véhicule sur nos routes et rester crédible lorsqu’il parle sécurité routière ?

C’est l’ADAC qui soulève le lièvre. L’automobile-club allemand a réalisé un crash-test de la SUDA SA01, voiture 100 % électrique importée de Chine et commercialisée outre-Rhin depuis décembre dernier. Un crash-test réalisé à 64 km/h (à regarder ici), dont les mannequins ne sont pas sortis indemnes. En effet, ce modèle, dépourvu d’airbags, d’antidérapage ESP, de prétensionneurs de ceinture de sécurité et dont la structure résiste très mal aux chocs ne laisse aucune chance à ses passagers… Selon l’ADAC, sa conception est celle d’une voiture de la fin des années 1990. Les distances de freinage, elles aussi, s’avèrent dangereusement plus longues que celles de véhicules européens comparables. Ainsi, la SUDA a besoin de 41,8 m pour s’arrêter lorsqu’elle est lancée à 100 km/h, lorsqu’une Opel Corsa-e électrique se contente de 32,3 m. Un gouffre : cela signifie qu’une fois la Corsa est arrêtée, la chinoise file encore à 50 km/h. Or, non seulement en cas de choc, les occupants souffrent de blessures beaucoup plus graves qu’à bord des autres modèles actuellement sur le marché, mais en plus, l’ADAC souligne qu’il sera plus compliqué aux secours d’accéder aux batteries et d’extraire les passagers de la SUDA, tant l’accès est rendu difficile par les tôles pliées. Enfin, la SUDA SA01 récolte de très mauvais résultats aux tests de tenue de route de l’automobile-club allemand.

Comment ce véhicule peut-il être autorisé à circuler en Europe ? Tout simplement parce qu’il a été homologué en petite série – 1 000 exemplaires par an maximum -, conformément à l’article 22 (directive 2007/42/CE). Statut qui lui permet d’échapper aux nombreuses exigences en matière de sécurité routière qui sont imposées aux modèles de plus grande diffusion des grands constructeurs. Le phénomène peut certes sembler de faible ampleur… mais si dix marques chinoises –hypothèse bien sûr- lancent chacune dix modèles répondant à la même réglementation, cela pousserait tout de suite le curseur à 100 000 voitures par an.

Ce qui est honteux, c’est que, malgré ses prestations catastrophiques, la SUDA SA01 pourra en toute légalité bénéficier des aides fiscales réservées aux voitures 100 % électriques, qui font fi de tout aspect sécuritaire. Si son prix hors subventions est comparable en France au tarif pratiqué en Allemagne (19 390 €), elle coûtera donc environ 14 000 € (le bonus étant plafonné à 27 % du prix neuf, donc ici un peu plus de 5 200 €). Contre 27 800 € pour la nouvelle Citroën ë-C4 électrique du même gabarit (4,36 m), bonus déduit !

L’État laissera-t-il circuler sur nos routes cette dangereuse SUDA SA01, ne répondant à aucune norme de sécurité, car estampillée « petite série » ? La laissera-t-il bénéficier des largesses fiscales accordées aux acheteurs de voitures électriques ?

Il est impératif que les équipements de sécurité active et passive des véhicules soient pris en compte pour l’attribution de bonus.

La Ligue de Défense des Conducteurs

Crédit photo : DR
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2 Commentaires

  1. Comment l’Europe peux autoriser cercueil roulant même en petite série a rouler sur nos routes ?
    C’est de la complicité d’assassinat de part des technocrates travaillant dans les institutions européennes.

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