Défense. En Irak, Thalès impose ses Ground Master contre les S400 de la Russie

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Industrie française. Au début de l’année 2020, sur fond de tensions entre le gouvernement irakien et les Etats-Unis, l’Irak avait annoncé s’intéresser au système de défense contre aérienne (DCA) et anti-missile russe S-400 Triumph. Néanmoins, l’Irak a fini par opter pour une solution… française, puisque c’est le radar Ground Master 400 de Thalès, fabriqué à Limours (Essonne) qui s’est imposé.

Le groupe français a vendu quatre radars et un centre de contrôle pour plus de 100 millions d’euros ; star de l’export, le radar Ground Master 400 a été vendu à la France bien sûr, mais aussi l’Allemagne, l’Estonie, la Finlande, la Slovénie, la Malaisie, le Sénégal ou encore la Bolivie. En 2015, 100 radars Ground Master 200 et 400 avaient déjà été vendus, notamment au Liban, Maroc, Kazakhstan…

Deux autres radars ont été vendus au Maroc en 2020, ils s’ajoutent aux trois que le royaume possède déjà ; il souhaite en avoir 7 à terme. Le Maroc s’était aussi intéressé aux S-400 russes avant d’opter pour des radars français, mais aussi chinois – HK9B de longue portée et Sky Dragon 50 d’une portée de 50 km – et américains, à savoir 7 radars AN-TPS77 de Lockheed Martin, pour remplacer des radars déployés depuis les années 1970.

Dans la même année, Thalès a aussi remporté – contre des fabricants italien et allemands – un marché pour l’équipement en radars de l’armée du Bangladesh. Ce sont deux radars Ground Master 200 – capables de détecter et de suivre jusqu’à 400 cibles sur 250 km de distance et jusqu’à 25.000 m d’altitude – qui ont été vendus. Thales a aussi développé le premier satellite bangladais dans l’espace, Bangabadu-I, et devrait se charger de son successeur.

Néanmoins les succès français au Maroc et en Irak ne semblent pas entraver les succès à l’export des S-400 russes, codés SA-21 Growler pour l’OTAN : après l’Algérie (2015), la Turquie (2017, deux systèmes malgré des sanctions des USA) et la Chine (2018), l’Inde a annoncé fin 2020 qu’elle en achetait aussi – ce qui a provoqué de nouvelles menaces de sanctions de la part des Etats-Unis ; l’Inde doit en acquérir cinq systèmes livrés entre fin 2021 et 2025. D’autres batteries sont en cours de déploiement en Biélorussie.

D’autres pays ont annoncé qu’ils étaient intéressés par l’acquisition de S-400 : si la réconciliation entre le Qatar et ses voisins du Golfe en ce début 2021 laisse planer le doute sur la poursuite du réarmement de l’émirat jusque-là (presque) entouré de voisins hostiles, le Vietnam, l’Egypte et huit autres pays seraient sur les rangs.

En revanche, l’Arabie saoudite, qui avait annoncé en 2017 un accord avec la Russie pour acheter des S-400, s’était ravisée en 2019 après de fortes pressions des Etats-Unis, qui avaient préféré envoyer leurs propres batteries de DCA et 3000 hommes supplémentaires assurer la défense des sites pétroliers saoudiens, ce qui n’a pas empêché les insurgés Houthis du Yémen – où l’Arabie Saoudite s’est ingérée dans la guerre civile – d’attaquer avec succès à l’automne 2019 les raffineries d’Abquaïq et de Khurais, amputant la production de Saudi Aramco de moitié pendant trois semaines – soit 6% de l’approvisionnement mondial en pétrole raffiné.

Louis Moulin

Crédit photo : DR
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