Gilles Pennelle (RN) en route pour les élections régionales : « Ma campagne sera axée autour d’une Bretagne forte » [Interview]

A LA UNE

Les élections régionales devraient être organisées en juin 2021. La campagne électorale va donc démarrer, dans une ambiance particulière, tyrannie sanitaire et peur généralisée obligent. En Bretagne, plusieurs listes sont déjà officialisées.

On devrait ainsi retrouver la liste « Bretagne d’Avenir », alliance entre Europe Ecologie Les Verts (ELV), l’Union Démocratique Bretonne (UDB) et Ensemble sur nos territoires (ENST) avec Claire Desmares-Poirrier (EELV) comme tête de liste régionale. La France insoumise (LFI) a désigné Marie-Madeleine Doré-Lucas (conseillère municipale d’opposition à Pontivy) et Pierre-Yves Cadalen comme binôme pour mener la liste du parti.

L’actuel président du conseil régional de Bretagne, Loïg Chesnais-Girard mènera la liste du Parti socialiste mais devra faire face à de fortes divisions suite à la scission de neuf membres du Parti Socialiste qui ont constitué un groupe La Bretagne En Marche et apparentés. Le vice-président du conseil régional en charge de l’environnement et président de l’Agence française de la biodiversité, Thierry Burlot, a été pressenti pour être tête d’une liste ayant le soutien de LREM. L’UDI et le Mouvement démocrate (MoDem) ont évoqué la possibilité de rejoindre une liste LREM.

Le maire honoraire de Langouet, Daniel Cueff a annoncé la création de sa liste « Bretagne Ma Vie », qui sera donc divers gauche.

A droite, le maire de Vitré, Isabelle Le Callennec (LR) confirme être la tête de liste des Républicains en Bretagne, une liste qui ne sera pas comme par le passé alliée avec l’UDI, mais avec d’autres centristes.

Réunis à Dinan le samedi 30 janvier, les centristes bretons du Modem et de l’UDI ont désigné Marie-Pierre Védrenne comme cheffe de file pour préparer les élections régionales

Enfin, pour le Rassemblement national, c’est Gilles Pennelle qui vient d’être investi tête de liste par le RN.

D’autres listes, à gauche, au sein de la droite souverainiste, mais également chez les nationalistes bretons, seraient en gestation.

A l’heure de faire le bilan de ce qu’il s’est passé ces dernières années au conseil régional, où les conseillers régionaux RN sont apparus comme étant la seule opposition réelle à la majorité, la droite paraissant totalement dans les choux, nous avons interrogé Gilles Pennelle pour en savoir plus sur la campagne qu’il compte mener en Bretagne?

Breizh-info.com : Quel bilan tirez vous de la session 2015-2021 du conseil régional de Bretagne ? Il semblerait que ces 6 années aient été placées sous le règne d’une certaine opacité quant à la diffusion des informations, des budgets, des modalités, opacité y compris vis à vis des élus de l’opposition que vous représentez ?

Gilles Pennelle  : La Présidence Chesnais-Girard est marquée par le règne de la technocratie. Tout au long du mandat, le Rassemblement national a dénoncé les atteintes au pouvoir des élus. Réunis le minimum possible dans des sessions de plus en plus courtes et de plus en plus chaotiques, les élus, principalement ceux d’opposition, sont méprisés. 

Je l’affirme : ce sont les hauts-fonctionnaires qui ont le pouvoir au Conseil régional et l’Assemblée se cantonne à un rôle de chambre d’enregistrement de leurs décisions. La technocratie y a remplacé la démocratie. Ce fonctionnement est, non seulement une insulte aux élus, mais aussi à leurs électeurs. 

Le Rassemblement national mettra un terme à cette dérive inquiétante que l’on constate à tous les niveaux de l’État et des collectivités : le politique doit reprendre le pouvoir aux technocrates !

Breizh-info.com : Vous venez d’être nommé tête de liste pour la Bretagne à l’occasion des élections régionales qui arrivent au mois de juin (si on nous libère d’ici là). Comment comptez vous mener campagne avec toutes les restrictions et mesures délirantes, y compris dans une région pourtant préservée du virus ?

Vous avez raison : notre région est bien moins touchée que le Grand-Est ou le Sud par exemple. C’est d’ailleurs pourquoi Marine Le Pen avait demandé la territorialisation des mesures pour répondre à la crise sanitaire. On ne peut pas annoncer les mêmes restrictions à Saint-Brieuc qu’à Strasbourg alors que la situation dans notre région est bien meilleure. C’est une question de bon sens ! 

Cette gestion chaotique par le Gouvernement de la crise sanitaire ne va pas sans poser de difficultés pour mener une campagne traditionnelle. Il sera difficile, par exemple, de multiplier les réunions publiques. Nous allons nous adapter et nous réinventer. Nous utiliserons tous les moyens modernes de communication, notamment les réseaux sociaux où je suis extrêmement présent et visible. Avec mon équipe de campagne, j’y travaille déjà depuis plusieurs semaines. 

Une chose est certaine :  il est hors de question de confiner la démocratie et de priver les Bretons de cette campagne et de débats essentiels pour leur avenir ! Nous irons à leur rencontre d’une manière ou d’une autre !

Breizh-info.com : Jean-Yves le Drian a annoncé très médiatiquement ne pas être candidat lors de ces élections. Que pensez-vous de cette annonce ? Un coup politique ? 

Gilles Pennelle  : Jean-Yves Le Drian acte qu’il est désormais un homme du passé. Sa retraite électorale est une bonne nouvelle pour la Bretagne et les Bretons. 

Je n’oublie pas que le bilan catastrophique de ce mandat est aussi le sien. Son retrait depuis 2017 de la scène politique bretonne ne doit pas nous faire oublier sa lourde responsabilité dans la crise que vit le modèle breton. La submersion migratoire qui menace l’identité bretonne, l’ensauvagement des grandes villes, l’explosion de l’insécurité dans la ruralité, l’aggravation de la fracture territoriale, la désindustrialisation, la crise agricole, la crise sociale… tout cela, il en est, lui aussi, directement  responsable ! 

Je constate aussi qu’il nous a légué une majorité en ruine. Aujourd’hui, ce sont ses enfants politiques qui se déchirent au Conseil régional. La désignation de son poulain, Loïg Chesnais-Girard, à la tête du Conseil régional est aussi l’un de ses grands échecs politiques ! Il n’a jamais su imprimer, ni auprès des Bretons, ni auprès de sa propre majorité et a démontré que le costume de Président de région était bien trop grand pour lui.

Breizh-info.com : Quels seront vos grands thèmes de campagne, et surtout, vos propositions à mettre en place immédiatement si vous êtes élu à la région Bretagne ? Quid de la réunification de la Bretagne et d’une nouvelle réforme territoriale ?

Gilles Pennelle  : Ma campagne sera axée autour d’une Bretagne forte ! Forte de son identité, forte de ses territoires et forte de ses emplois. Je proposerai un programme complet pour répondre aux quatre grandes fractures qui menacent la Bretagne : identitaire, territoriale, économique et sociale. Ma candidature est une candidature d’espoir pour notre région. Fort de mon dynamisme et de mon expérience, j’ai une vraie vision pour la Bretagne et les Bretons. 

Je suis le seul à avoir le courage nécessaire pour rétablir l’ordre dans les quartiers immigrés des grandes villes bretonnes et pour protéger la tranquillité et la sécurité des ruraux. Je suis le seul à vouloir développer une Bretagne équilibrée reposant sur des Métropoles attractives, certes, mais aussi sur des villes moyennes rayonnantes dotées de services publics et d’infrastructures performants pour irriguer tous nos territoires. Avec moi, il n’y aura plus de Bretagne des oubliés !

Je suis le seul également à avoir la capacité de protéger nos emplois face à la grave crise économique qui arrive. Je défendrai nos commerces sacrifiés et nos petites entreprises en difficulté. J’investirai massivement dans les filières d’avenir mais aussi dans nos filières traditionnelles. Je ne veux pas que la Bretagne de demain soit seulement une terre de start-up. Je veux qu’elle demeure une terre de pêcheurs, d’ouvriers, d’agriculteurs, d’artisans et d’indépendants. 

Sur la question de la Bretagne à 5, je constate que, comme à l’approche de chaque élection régionale, ceux qui, hier, ont empêché la réunification en deviennent soudainement d’ardents défenseurs. Nous sommes face à un bal des hypocrites. Nous entendons la droite, la gauche, les macronistes bretons se prononcer pour un référendum alors qu’au pouvoir, ils ont tout fait contre la réunification ! Je rappelle à ce titre la lourde responsabilité de Jean-Yves Le Drian et de Jean-Marc Ayrault qui ont saboté cette réunification lors du redécoupage des régions en 2015. 

Quant au Rassemblement national, notre position est claire : oui, il est temps de réunifier les 5 départements bretons ! S’il y a bien un défenseur de l’identité, de la culture et de l’histoire, c’est notre mouvement. La Bretagne à 5 est donc une évidence pour nous. 

Cependant,  je rappelle qu’elle ne doit pas se faire sur un coin de table mais dans le cadre d’une réforme globale. C’est le périmètre de l’ensemble des régions qui doit être revu et une alternative claire doit être offerte aux autres départements qui constituent actuellement les Pays de la Loire.

Évidemment, cette réforme ne pourra pas se faire sans les citoyens. Il faudra organiser un référendum, non seulement à l’échelle des 5 départements bretons historiques mais aussi des 4 autres départements ligériens.

Breizh-info.com : Si le RN a percé depuis plusieurs années déjà en Haute-Bretagne, métropoles exceptées, il n’en est pas de même en Basse-Bretagne. Ne manquez vous pas d’une forme de « binôme » en Basse-Bretagne pour prétendre à y faire de meilleurs scores, dans un secteur bien particulier où ceux qui ne sont pas des « enfants du pays » ont toujours eu du mal électoralement, quel que soit le parti qu’ils représentent ?

Gilles Pennelle  : Nos résultats électoraux nuancent grandement vos propos. Nous réalisons des scores très importants à l’Ouest du Morbihan et des Côtes d’Armor ainsi que dans la ruralité finistérienne. 

Même à Brest, ville frappée durement par la désindustrialisation, l’immigration massive et l’islamisme,  nous réalisons des scores deux fois plus importants qu’à Rennes ! Aux Européennes, nous y avons réalisé près de 15% des voix. Une réelle performance pour une Métropole ! 

Nous avons un socle électoral non négligeable en Basse-Bretagne et je suis convaincu que nous allons encore y progresser lors des prochaines élections départementales et régionales. La fracture territoriale montante entre  l’Est, plus dynamique, et l’Ouest de la Bretagne sera l’un des thèmes majeurs de ma campagne. J’y serai donc extrêmement présent.

Breizh-info.com : Contrairement à votre ancien compagnon de route, Florian Philippot, le RN ne s’est pas prononcé contre les mesures sanitaires qui empoisonnent la vie des Français depuis plus d’un an. Pour quelles raisons ? N’était-ce pas le moment de saisir une opportunité de s’affirmer en leader puissant de l’opposition politique en France, face à Emmanuel Macron et à ses partisans qui semblent être en roue libre ?

Gilles Pennelle  : Depuis un an, le Rassemblement national dénonce les erreurs et  les mensonges du Gouvernement.  

Face à l’amateurisme et l’incompétence des macronistes, nous avons multiplié les propositions de bon sens. Par exemple, la fermeture des frontières annoncée par Jean Castex ce 29 janvier était une demande réalisée par Marine Le Pen en janvier…2020 ! Nous avons perdu un an !

Nous dénonçons également les mesures liberticides et le suicide économique organisé par le pouvoir pour tenter de répondre à une crise dont il a largement perdu le contrôle ! Cela fait de nombreuses semaines que nous défendons la réouverture des restaurants et des bars sacrifiés sur l’autel du COVID mais aussi le retour partiel des étudiants dans les universités, dont le confinement prolongé les a placés dans une grande précarité financière et une détresse psychologique et sociale dramatique. 

Je le répète : si le Gouvernement continue de sacrifier des pans entiers de notre économie et de notre population pour pallier ses insuffisances, nous allons le payer très cher et les victimes de la gestion anarchique de la crise risquent d’être bien plus nombreuses que les victimes du COVID.

Breizh-info.com : Sur la question de l’immigration, les choses se sont accélérées en Bretagne ces dernières années, la Bretagne qui devra encore, selon les visées gouvernementales, accueillir plus de migrants dans les mois/années à venir. Que faire s’interrogent ceux qui ont l’impression de ne pas pouvoir arrêter cette politique ?

Gilles Pennelle  : Je leur dit de voter Rassemblement National ! Nous sommes le seul mouvement à combattre sur les plateaux, en Assemblée et sur le terrain la submersion migratoire et l’ensauvagement qui l’accompagne ! 

Au Conseil régional de Bretagne, par exemple, le Rassemblement National combat à chaque session la préférence étrangère, les subventions immigrationnistes et communautaristes ainsi que les millions d’euros déversés dans les quartiers immigrés des grandes villes bretonnes au nom de la funeste « politique de la ville » que tous les groupes, de la gauche à la droite, en passant par les macronistes, votent sans exception. 

Ce sera évidemment l’un des grands axes de ma campagne. Je vais aussi lancer une grande mobilisation contre le schéma national des demandes d’asile dit « plan Darmanin-Schiappa » dont la Bretagne sera la principale victime avec une multiplication par 2,5 du nombre d’immigrés clandestins dans notre région ! Un énième scandale de l’immigration que je combattrai de toutes mes forces ! Notre région n’a pas à devenir le déversoir du chaos migratoire en Île-de-France !

Cependant, je tiens à rappeler une évidence : face à l’immigration massive, les solutions demeurent nationales. C’est au Gouvernement de protéger la Bretagne de la submersion migratoire. C’est tout le programme de Marine Le Pen. Seul un État fort pourra imposer l’arrêt total de l’immigration qui est une menace mortelle pour notre liberté, notre sécurité, notre portefeuille et surtout pour le mode de vie breton. 

Breizh-info.com : Pouvez-vous déjà communiquer quelques noms qui feront partie de votre liste en Bretagne ?

Gilles Pennelle  : À plusieurs mois de l’élection, cela reste prématuré. Je peux vous dire une seule chose : cette liste contiendra des surprises…

Propos recueillis par YV

Crédit photo : DR
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