Olivier Duhamel. Pourquoi Frédéric Mion, directeur de Sciences Po, a t-il fini par démissionner?

A LA UNE

Il y a Zemmour et Naulleau, mais aussi « Zemmour et Bolloré »

Passer d’une chaîne d’information (Cnews) à une station généraliste (Europe 1), voilà l’une des tâches auxquelles Vincent Bolloré s’attaque...

Napoléon : « Ma vie est un roman »

Ce mot, peut-être apocryphe, ne manque pas, de toute façon, de justesse. C’est d’ailleurs pourquoi Napoléon Bonaparte a autant...

Brest. Une semaine « brûlante » dans les quartiers « sensibles » de Pontanézen et Bellevue

Brest a été le théâtre de plusieurs épisodes de violence urbaine, dans les quartiers de Pontanézen et de Bellevue,...

Il y a 100 ans était fondée l’Irlande du Nord. Quelle histoire ? Quel avenir ? Explications et sondage.

Ce 3 mai 2021, l'Irlande du Nord fête les 100 ans de sa création. Entité britannique, la province britannique...

La Bretagne, région française la plus impliquée dans la traite des Noirs ?

Des Bretons ont joué un rôle massif dans le commerce des esclaves, un business florissant de l'époque des Lumières....

Ce mardi 9 février, Frédéric Mion a donné sa démission de la direction de Sciences Po. Il en a auparavant informé le conseil de direction de l’école ainsi que celui de la Fondation nationale des sciences politiques (FNSP), qui finance l’institution.

Une prise de conscience tardive

Il s’en explique dans un communiqué :

« Notre maison traverse depuis la révélation des faits criminels reprochés une période très douloureuse. Le rapport pointe (…) de ma part des erreurs de jugement dans le traitement des allégations dont j’avais eu communication en 2018, ainsi que des incohérences dans la manière dont je me suis exprimé sur le déroulement de cette affaire après qu’elle a éclaté. Je mesure le trouble qui en résulte et j’en assume l’entière responsabilité ».

Cette prise de conscience des conséquences des révélations de Camille Kouchner sur le comportement d’Olivier Duhamel, son beau-père, est bien tardive.

Un soutien des réseaux

Frédéric Mion, fort de ses relations comme Michel Pébereau ou Louis Schweitzer, qui a succédé à Olivier Duhamel à la tête de la FNSP, a longtemps pensé y échapper. Ainsi, Louis Schweitzer avait déclaré au Monde : « Il a commis une erreur d’appréciation, mais il n’a pas commis une faute ».

Une succession de mensonges

Pourtant, depuis le début, Frédéric Mion n’avait cessé de mentir.

Ainsi, le 6 janvier dernier, il avait affirmé ne pas avoir été au courant des accusations d’inceste pesant sur Olivier Duhamel. Or, en 2018, il en avait été informé par Aurélie Filipetti qui s’appuyait sur les témoignages de Véronique Cayla, alors présidente d’Arte, et de Janine Mossuz-Lavau, professeur émérite à Sciences Po. Il se serait alors engagé  « Je ne peux pas ne rien faire. Je vais avertir Marc Guillaume ».

Or, Frédéric Mion avait déclaré au journal Le Monde le 6 janvier, qu’il n’avait jamais parlé de ces accusations à Marc Guillaume : « Je ne suis pas allé parler de cette histoire à Marc Guillaume, Pourquoi l’aurais-je fait ? Un secrétaire général du gouvernement n’est pas chargé de la prévention de crimes sexuels. ».

D’après Le Monde, le 4 janvier, il aurait téléphoné à Aurélie Filippetti pour lui lancer : « Il ne faudrait pas que l’on puisse penser que nous savions. »

De même, il affirmera aux syndicats étudiants de Sciences Po : « Je n’ai à aucun moment contribué à l’édification du silence ».

Une enquête fatale pour Frédéric Mion

Pas convaincus par Frédéric Mion, un millier d’élèves ont signé une pétition réclamant sa démission.

Puis, la ministre de l’enseignement supérieur, Frédérique Vidal, après l’avoir entendu, va ordonner une inspection générale de l’éducation, du sport et de la recherche (Igesr). Quatre inspecteurs vont enquêter sur le déroulement de l’affaire Duhamel.

Marc Guillaume, entendu, avouera avoir été mis au courant par Frédéric Mion de « rumeurs sur des problèmes sexuels » d’Olivier Duhamel dès 2018.

Un départ précipité en catastrophe

Mardi 9 février, Marianne et Le Canard enchaîné ont publié cet aveu de Marc Guillaume. Le jour même, Frédéric Mion se décidait à démissionner comprenant que plus personne ne pouvait continuer à le soutenir.

Qui sera le prochain à subir les conséquences du scandale Duhamel ?

Jean Theme

Crédit photo : DR
[cc] Breizh-info.com, 2021, dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention et de lien vers la source d’origine

.
- Je soutiens BREIZH-INFO -

L’envers des affaires : Karl Zéro balance tout sur Alègre, Fourniret et les réseaux pédocriminels…

Le journaliste Karl Zéro lance un magazine trimestriel d'enquêtes au long cours qui nous plonge dans l’Envers des affaires....

Super Thursday. On vote ce jeudi en Angleterre, en Ecosse et au Pays de Galles lors d’élections cruciales

Le Royaume-Uni vote ce jeudi 6 mai. Tout le Royaume-Uni ? Non, car l'Irlande du Nord ne participe pas...

Articles liés

Olivier Duhamel : serait-ce la fin de règne des baby boomers et de leur idéologie soixante huitarde?

Dans un premier article « Olivier Duhamel accusé de pédophilie : l’affaire du siècle ? », nous avions analysé son cursus républicain exemplaire jusqu’à ce poste envié de...

Alain de Benoist : « Internet n’est pas un espace de liberté, mais un espace de flicage, d’ordures verbales et de tout à l’égo...

Cela faisait quelques mois que nous n'avions pas interviewé Alain de Benoist afin de connaitre son sentiment sur l'actualité récente. C'est chose faite désormais...

Pédocriminalité : le tabou des élites ?

A la une ce soir, l’affaire Duhamel prend de l’ampleur. Alors que l’homme de pouvoir démissionne de tous les postes qu’il occupait, c’est au...

I-Média n°330 – Insurrection à Washington, pédocriminalité à Paris

I-Média n°330 – Insurrection à Washington, pédocriminalité à Paris ⬇️ 02:11 L’image de la semaine : insurrection à Washington Nous analyserons d’abord les incroyables images...