Écosse. Entre mythologie maritime et défense de la langue, un film en gaélique sur les pêcheurs des îles Hébrides [Vidéo]

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Un film documentaire entièrement gaélique se plonge dans la mémoire des communautés de marins-pêcheurs des îles Hébrides, en Écosse. Ce projet, dont la première diffusion avait lieu le 28 février à l’occasion du Festival du film de Glasgow, alerte également sur la situation inquiétante de la langue gaélique.

Iorram, immersion en gaélique avec les marins-pêcheurs écossais

Des voix de marins en gaélique surgies du passé : c’est à une immersion incroyable qu’invite Iorram (Boat Song) [NDLR : « chant des rameurs »], le premier documentaire grand écran réalisé entièrement en gaélique écossais, afin de se replonger dans la mémoire des communautés de pêcheurs des îles Hébrides extérieures. Le film se veut être un portrait lyrique passé et présent de ces îles situées aux confins du nord-ouest européen.

Le réalisateur Alastair Cole emmène le public dans un voyage immersif au cœur d’une communauté millénaire, mêlant des images d’observation tournées au cours des trois dernières années à des enregistrements sonores d’archives d’histoires et de chansons du milieu du 20e siècle, sur une musique originale du célèbre musicien folk Aidan O’Rourke.

Au cœur du film se trouve une extraordinaire collection d’archives sonores, enregistrées par des ethnographes écossais pionniers, qui se sont rendus dans les Hébrides extérieures pour capturer la dureté et le romantisme de la vie locale, largement imprégnée d’un rude combat avec les éléments naturels.

Ces enregistrements récemment restaurés préservent aussi une histoire orale de la tradition et des légendes, des contes et des tragédies, transmise par des générations de locuteurs gaéliques depuis des centaines d’années. Iorram a donc également une large visée de sauvegarde patrimoniale.

La relation entre gaélique et communauté maritime en trame de fond

Tandis que la première diffusion de Iorram a eu lieu en ligne (Covid-19 oblige) le 28 février à l’occasion du Festival du film de Glasgow, et doit sortir dans les cinémas virtuels du Royaume-Uni à partir de mars, on peut relever la forte ressemblance entre la vie de jadis dans les communautés de pêcheurs écossais et le quotidien des marins bretons d’antan. Cette bande sonore du passé accompagnée d’images du dur labeur de ces travailleurs de la mer fait ainsi coexister les conditions de travail difficiles avec un certain nombre de superstitions et autres mythologies ayant traversé les époques. Sont alors évoquées les visions de sirènes, de fées et d’îles mystérieuses surgies des flots.

Et, tout comme en Bretagne, la présence de la mort et du naufrage parmi la communauté maritime est omniprésente. Cette identité des Hébrides, s’inscrivant parfaitement dans la tradition celtique insulaire, prend encore davantage de profondeur lorsqu’elle est décrite en gaélique. Difficile aussi de ne pas visionner ce documentaire sans avoir le contexte du Brexit en tête avec un secteur de la pêche britannique particulièrement concernée. Tout comme les enquêtes d’opinion à répétition qui ont rapporté ces dernières années une volonté croissante des Écossais de gagner leur indépendance.

Sur le plan technique, le réalisateur a ainsi eu à sa disposition plus de 30 000 extraits audio actuellement conservés et archivés par la School of Scottish Studies de l’Université d’Édimbourg. En parallèle de ses recherches parmi ces archives, Alastair Cole a également passé deux années à visiter et à filmer les îles Hébrides, de Vatersay et Barra à South Uist, puis jusqu’à Harris et Lewis.

Quant à la genèse du projet, il est né d’une recherche menée par le coproducteur du film, Magnus Course, de l’Université d’Edimbourg, sur la relation entre la langue gaélique et la pêche. Selon le réalisateur, environ 75 % des pêcheurs parle le gaélique dans les Hébrides extérieures, contre seulement 50 % de la population générale. La dimension linguistique du documentaire est donc d’autant plus importante que le secteur de la pêche côtière est l’un des rares environnements de travail écossais où le gaélique est toujours utilisé de manière courante.

Autre similarité avec la Bretagne, les enfants écossais avaient l’interdiction de parler gaélique à l’école au milieu du siècle dernier. Avant que le gouvernement écossais ne finisse par reconnaître officiellement la langue et que l’enseignement tout comme la diffusion de programmes en gaélique ne se développent. Pas de quoi pour autant garantir sa survie puisque certains experts prédisent que la langue pourrait disparaître d’ici 10 ans.

Crédit photo : Flickr (CC BY-NC-ND 2.0/Neil Roger) (photo d’illustration)
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