Protocole sur le Brexit. Les accords du Vendredi Saint menacés en Irlande du Nord, l’UE met le feu aux poudres

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La tension est à son comble en Irlande du Nord, et l’Union européenne est en train de mettre de l’huile sur le feu (venant de fonctionnaires non élus qui ne connaissent rien aux problématiques irlandaises, cela n’étonnera personne).

Ainsi Bruxelles a vivement condamné mercredi la décision de Londres d’étendre la période de grâce sur les contrôles alimentaires entre la Grande-Bretagne et l’Irlande du Nord, qu’il considère comme « une violation » de l’accord de Brexit, dans un communiqué. Le vice-président de la Commission européenne, Maros Sefcovic, fait part de ses « vives inquiétudes » sur cette « décision unilatérale » du gouvernement britannique, en « contradiction flagrante avec l’approche constructive qui avait prévalu jusqu’à présent« , dans ce communiqué au ton particulièrement cinglant.

Cette « période de grâce », c’est à dire en réalité le non-contrôle des aliments traversant la mer d’Irlande entre la Grande-Bretagne et l’Irlande du Nord, est une condition à la paix en Irlande du Nord. En effet, si politiquement, les unionistes sont vent debout contre l’idée que des contrôles soient rétablis en mer d’Irlande, paramilitairement, des groupes loyalistes ont clairement fait savoir que le maintient de ces contrôles en Mer d’Irlande signifierait pour eux la rupture des accords du Vendredi Saint signé en 1998 et donc potentiellement, la reprise de la lutte armée.

Ainsi, le Conseil des communautés loyalistes (LCC) – qui représente notamment l’UDA, l’UVF ou le Red Hand commando – a écrit une lettre à Boris Johnson lui indiquant que les organisations paramilitaires ne soutenaient plus les accords du Vendredi Saint jusqu’à ce que la frontière en mer d’Irlande soit définitivement supprimée. La lettre adressée au Premier ministre affirme que la base sur laquelle les paramilitaires se sont engagés à mettre fin à la violence en 1994 a été sapée.

Une lettre similaire a été adressée au premier ministre d’Irlande, avec en copie Arlene Foster, Michelle O’Neill, ainsi que le vice-président de la Commission européenne Maros Sefkovic et le consul général des États-Unis.

David Campbell, président du LCC, écrit : « Le protocole donne raison à la position nationaliste irlandaise au détriment de la position unioniste. Il est donc en contradiction avec l’accord qu’il prétend maintenir et sape la base sur laquelle le Combined Loyalist Military Command (CLMC) a convenu de son cessez-le-feu de 1994 et du soutien ultérieur à l’accord de Belfast. La direction du CLMC est déterminée à ce que l’opposition unioniste au protocole soit pacifique et démocratique. Cependant, il ne faut pas sous-estimer la force des sentiments sur cette question dans toute la famille unioniste. La seule fois dont je me souvienne d’une telle unanimité de l’opposition a été après l’imposition de l’accord anglo-irlandais en 1985 ».

Il poursuit : « En conséquence, j’ai été chargé de vous informer que les groupements loyalistes retirent par la présente leur soutien à l’accord de Belfast et à ses institutions jusqu’à ce que nos droits en vertu de l’accord soient rétablis et que le protocole soit modifié pour garantir un accès sans entrave aux biens, aux services et aux citoyens dans tout le Royaume-Uni. Si l’UE n’est pas prête à respecter l’intégralité de l’accord, elle sera responsable de la destruction permanente de l’accord »

Il a également dénoncé le négociateur en chef de l’UE, Michel Barnier, pour avoir « refusé à plusieurs reprises de rencontrer nos représentants, qui étaient signataires de l’accord de Belfast, même si nous avons souligné les représentations unilatérales et fallacieuses qui lui ont été faites par les républicains et le gouvernement irlandais ».

Le LCC a déclaré au Premier ministre qu' »aucun consentement » n’avait été demandé au peuple d’Irlande du Nord pour le protocole, « et nos représentants politiques sont unanimes dans leur opposition à celui-ci ». L’organisation a déclaré qu’elle comprenait les arguments nationalistes selon lesquels il ne doit pas y avoir de frontière stricte en Irlande mais que « De même, il devrait être évident qu’il ne doit pas y avoir de frontière stricte, ni physique ni réglementaire, entre l’Irlande du Nord et le reste du Royaume-Uni« , a-t-elle ajouté.

Le LCC a déclaré au Premier ministre qu’il était « prêt à jouer un rôle significatif dans la recherche d’une solution viable. Cependant, un point de départ doit être l’acceptation qu’une frontière dure sur l’île d’Irlande, ou entre l’Irlande du Nord et le reste du Royaume-Uni, ne bénéficie d’aucun soutien intercommunautaire ici et est donc intenable. Il doit être évident pour vous que les éléments déclencheurs détaillés à l’article 16 du protocole, c’est-à-dire les difficultés économiques et sociétales extrêmes, sont désormais pertinents et doivent être pris en compte sans plus tarder ».

Cette déclaration intervient après que des tags, menaçant le ministre britannique Michael Gove (« nous n’oublions pas, nous ne pardonnons pas » aient été découverts dans un quartier loyaliste du sud de Belfast.`

Le gouvernement britannique a décidé mercredi de prolonger jusqu’au 1er octobre la période de grâce sur les controversés contrôles sur les produits agroalimentaires entre la Grande-Bretagne et l’Irlande du Nord, prévue pour permettre aux entreprises de s’adapter aux nouvelles dispositions post-Brexit.

L’Union européenne ne veut rien entendre, et les commissaires qui dirigent l’UE semblent bel et bien vouloir le retour d’une guerre au coeur de l’Europe.

Yann Vallerie

Crédit photo :  breizh-info.com
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