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Après le rachat du club de Troyes (ESTAC) par un investisseur émirati en septembre dernier, c’est maintenant le club de Châteauroux (la Berrichonne), actuelle lanterne rouge de Ligue 2, qui vient d’être racheté par un investisseur saoudien. Les deux acheteurs ont déjà plusieurs clubs – dix pour l’émirati, cinq pour le saoudien – de divers pays et niveaux, qu’ils s’efforcent de mettre en réseau, les moins cotés servant de pépinières aux navires amiraux.
A Troyes, l’ESTAC a été racheté par le City Football Group, un groupe qui a neuf autres clubs dont le Manchester City et qui est la propriété à 78% de Abu Dhabi United Group. Il est dirigé par Mansour ben Zayed Al Nahyan, membre de la famille royale d’Abu Dhabi, qui a aussi un élevage de chevaux de course et est un cavalier accompli.
City Football Group a, autour de son navire amiral Manchester City, créé un club de foot à New York (New York City Football Club) en 2013, racheté un club de foot à Melbourne (Melbourne Hearts) en 2014, investi en 2014 en partenariat avec Nissan dans un club de football au Japon (Yokohama F Marinos), racheté le Girona FC lors de son accession en 1e division espagnole, en Catalogne en 2017, puis la même année le club uruguayen Club Atletico Torque. En 2019 avec China Sport Capital City Football Group rachète le Sichuan Jiniu FC en Chine, ; la même année le groupe rachète 65% du Mumbai FC en Inde. Enfin en mai 2020 le groupe rachète le club Lommel SK en seconde division belge, pour le prix de ses dettes (2 millions d’euros).
L’acquisition de la Berrichonne de Châteauroux par le prince saoudien Abdallah ben Moussaed répond au même type d’investissements – son entreprise United World Group cherche à constituer le même type de réseau de clubs, autour de Sheffield United en Premier League (Angleterre), mais aussi Beerschot (Belgique), Kerala United (D2 en Inde) ou encore Al-Hilal United (D2 aux Emirats).
Pour United World, cet investissement, malgré la crise sociale et sanitaire, est « logique » alors que la France est « l’une des cinq meilleures ligues mondiales », ce qu’on ne dirait pourtant pas en regardant les matchs indigents du week-end – ou quand on voit le PSG tomber contre une équipe nantaise qui n’en demandait pas tant.
Pour le groupe, « la France a façonné sa réputation comme étant l’une des plus grandes, sinon la plus grande ‘fabrique de talents de football’ dans le monde entier ». De quoi expliquer aussi pourquoi la famille Kita n’est pas du tout prête à lâcher le FC Nantes, malgré l’agitation médiatique et les pressions institutionnelles. Le football français a de la valeur – dommage que cela ne se sache qu’à l’étranger, en Pologne ou dans les pays du Golfe.
Louis Moulin
Crédit photo : Wikimedia (CC)
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