L’Union Européenne veut coopérer avec la Turquie sur le plan économique

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Ursula von der Leyen et Charles Michel, dirigeants non élus de l’Union Européenne, vont se rendre en Turquie début avril dans le but assumé de renouer avec Ankara, après des mois de tensions en Méditerranée orientale, et cela contre les intérêts des peuples européens. Lucas Leiroz, chercheur en droit international à l’Université de Rio, analyse pour Infobrics, d’un point de vue extérieur à l’Europe cette tentative de rapprochement à venir. Nous avons traduit son analyse, ci dessous.

Malgré diverses tensions et intérêts antagonistes, la Turquie et l’Union européenne se sont rapprochées récemment. Les projets distincts entre les Etats européens sont un facteur décisif dans ce processus de rapprochement, car, alors que certains pays ont une rivalité ouverte contre Ankara, d’autres nations européennes ont des liens plus fraternels ou neutres et ne sont pas disposées à adopter une position agressive contre les Turcs et à nuire ainsi à leurs propres intérêts. Erdogan a su exploiter efficacement ces différences internes en Europe afin de trouver le meilleur scénario pour les intérêts de son pays.

La semaine dernière, une réunion virtuelle a eu lieu entre les chefs d’État européens, prévue depuis décembre, dans le but de discuter et de décider des sanctions qui seraient appliquées à la Turquie en raison de ses activités en Grèce. La principale nation à encourager l’adoption de mesures sévères à l’encontre d’Ankara est la France, qui apporte à la Grèce un large soutien logistique et militaire dans les conflits qui l’opposent à la Turquie. Mais cette opposition aux Turcs est encore controversée par d’autres pays européens, comme l’Allemagne, l’Italie et l’Espagne, qui ont exigé une position plus neutre de la part de Bruxelles pendant la conférence. Finalement, la décision du bloc est un point de neutralité absolue, prônant une coopération progressive, mais réversible. En d’autres termes, le bloc n’interviendra pas dans les différends et les rivalités régionales et adoptera une politique de coopération et de reprise des liens fraternels, pour autant que certaines conditions spécifiques soient remplies. Si ces conditions ne sont pas respectées, des sanctions peuvent être prises à tout moment.

Les deux conditions centrales de la coopération turco-européenne sont : Ankara s’engage à empêcher ou à diminuer l’arrivée d’immigrés sur le continent par sa voie de passage et l’Europe s’engage à accélérer l’union douanière avec les Turcs. En outre, il est prévu de renouveler tous les accords de coopération économique existants et de renforcer les liens pour un avenir de réconciliation progressive.

Cependant, pour que les termes de la coopération soient remplis, certains points doivent être clarifiés. En 2016, Ankara et Bruxelles ont signé un accord visant à diminuer l’entrée d’immigrés en Europe par la route turque. Cet accord prévoyait une aide économique européenne pour que la Turquie maintienne sur son territoire les personnes déplacées par la guerre en Syrie. Depuis, la Turquie a empêché 3 millions d’immigrés d’entrer sur le sol européen, mais Erdogan affirme qu’une aide financière n’a jamais été fournie.

En réponse, les Européens affirment que la Turquie a facilité l’entrée d’immigrés. En outre, récemment, des données des services de renseignement français ont révélé qu’il existe des preuves concrètes de liens entre le gouvernement turc et les communautés islamiques sur le sol européen. Ces communautés ont créé plusieurs problèmes en promouvant le séparatisme et la désobéissance aux lois laïques – ce que Macron entend combattre en France, ce qui est l’une des raisons pour lesquelles Paris est si opposé à toute forme de coopération avec Ankara.

En effet, il n’y a pas de « bon » ou de « mauvais » côté dans ce conflit. L’Europe a été négligente dans le respect de ses accords et Erdogan, engagé dans un projet géopolitique néo-ottoman, tente de gagner de l’espace sur le sol européen, en utilisant pour cela plusieurs tactiques : l’opposition militaire ouverte (comme dans le cas grec), le sabotage et l’encouragement d’activités illégales (en influençant les communautés islamistes radicales) et les mesures diplomatiques (avec l’éternelle insistance turque à adhérer à l’UE).

 Les Européens n’ont pourtant pas soudainement ignoré l’existence d’une menace turque pour la sécurité du bloc. Ce qui se passe, c’est une simple recherche de mesures économiques d’intérêt mutuel sans changement politique effectif pour l’une ou l’autre partie.

Les deux parties disposent d’un fort potentiel commercial, notamment dans le secteur agricole, ce qui est bienvenu en période de crise. L’Europe reste le principal investisseur sur le sol turc, malgré tant de désaccords politiques et idéologiques. L’UE et la Turquie traversent toutes deux une période économique difficile et les possibilités d’aide mutuelle dans le domaine économique laissent entrevoir un horizon de bonnes perspectives – qui n’impliquera pas nécessairement de changement politique.

Ankara est immuable dans sa position consistant à ne pas permettre l’ingérence étrangère dans ses affaires intérieures. Le gouvernement turc a récemment mis hors la loi un parti de gauche et annulé son engagement envers un accord international en faveur des droits des femmes. Ces politiques semblent « barbares » aux Européens, mais si l’UE veut vraiment coopérer avec les Turcs, elle devra ignorer ces sujets. En fait, la raison pour laquelle Macron est si opposé à un accord d’union douanière est simplement son incompatibilité avec Erdogan concernant leurs projets géopolitiques.

À l’exception de la France, les autres nations européennes n’ont pas de grandes ambitions géopolitiques, ne souhaitant que des avantages économiques et le progrès de l’Union dans son ensemble. Donc, à ce stade, Macron est isolé.

Évidemment, les impacts d’un accord turco-européen sur la géopolitique mondiale peuvent être nombreux, mais cela dépendra de l’attitude des nations européennes qui s’opposent à Erdogan (France, Grèce et Chypre). Paris pourrait interpréter l’accord comme un outrage et prendre ses distances avec le bloc, en prenant des mesures sans l’approbation de Bruxelles, ce qui générerait une crise interne en Europe.

Mais, en ce qui concerne le lien direct entre l’UE et la Turquie, les changements apparents ne seront pas nombreux : l’UE continuera à refuser de payer les dépenses pour contenir les vagues d’immigration ; la Turquie continuera à faire rentrer des immigrés et des agents en Europe ; Les deux blocs n’auront au final que des accords économiques.

Lucas Leiroz

Crédit photo : DR
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1 COMMENTAIRE

  1. La commission européenne baisse sa culotte devant un états diriger par un islamiste ,qui ne respect pas les droits de l’homme, qui a pratiquement mis toute l’opposition en prison , alors qu’il faudrait au contraire durcir le ton.
    Europe de merde .

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