Sciences. Une peinture « plus blanche que blanche » pour remplacer les climatiseurs ?

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Avec la mise au point d’une peinture nettement plus blanche que la peinture la plus blanche actuellement disponible, des scientifiques américains sont peut-être à l’origine d’une petite révolution à venir concernant le rafraîchissement des surfaces.

Une peinture « ultra-blanche » pour remplacer la climatisation ?

Pouvait-on faire une couleur plus blanche que la couleur blanche ? Des chercheurs de l’Université de Purdue, aux États-unis, ont mis au point ce qu’ils prétendent être la peinture la plus blanche qui soit dans l’optique de rafraîchir des espaces tout en réduisant la nécessité de recourir à la climatisation.

Le groupe d’ingénieurs affirme que cette nouvelle peinture réfléchirait jusqu’à 98,1 % de la lumière du soleil. Une progression depuis les 95,5 % obtenus avec la précédente formule au mois d’octobre 2020. En appliquant une couche de cette peinture aux pouvoirs rafraîchissants, il serait ainsi possible de refroidir d’environ 10,5 °C les surfaces.

À titre de comparaison, les peintures blanches classiques commercialisées jusqu’à présent, déjà mises au point pour rejeter la chaleur, ne reflètent que 80 à 90 % de la lumière solaire et ne peuvent pas rendre les surfaces plus fraîches que leur environnement, précise l’Université américaine dans une publication du 15 avril.

Un recours au sulfate de baryum

Les chercheurs à l’origine de cette peinture révolutionnaire ont déclaré que ce nouveau blanc pourrait être l’équivalent le plus proche du noir le plus noir, le Vantablack, qui a été développé en 2014 et absorbe jusqu’à 99,9 % de la lumière visible.

Selon Xiulin Ruan, professeur d’ingénierie mécanique à Purdue, en utilisant cette nouvelle peinture pour couvrir une surface de toit d’environ 93 mètres carrés, il serait possible d’obtenir une puissance de refroidissement de 10 kilowatts. Soit davantage que le système de climatisation de la plupart des habitations.

Pour parvenir à une déclinaison de blanc « plus blanc que blanc », le groupe de scientifiques a utilisé un composé appelé sulfate de baryum, qu’on retrouve dans la fabrication du papier photo ou encore de certains cosmétiques. À l’aide d’une « concentration très élevée de particules de composées » a précisé Xiulin Ruan. Une forte concentration de particules de sulfate de baryum peut diffuser davantage de lumière, car les particules sont toutes de tailles différentes, ce qui signifie qu’elles peuvent couvrir une plus grande partie du spectre lumineux. Bémol toutefois, la peinture se casse ou se décolle plus facilement avec une concentration trop élevée.

Professeur Xiulin Ruan. Source : Purdue University

Quel avenir pour la nouvelle peinture ?

À l’aide d’un thermocouple, les chercheurs ont relevé qu’en extérieur, la nouvelle peinture blanche pouvait garder les surfaces 7 °C plus fraîches que leur environnement ambiant la nuit. Sous un fort ensoleillement à midi, le rafraîchissement atteint les 13 °C.

La réflexion solaire de la peinture est si efficace qu’elle a même fonctionné en plein hiver. Lors d’un test en extérieur avec une température ambiante de 6 °C, la peinture a tout de même réussi à faire baisser la température de la surface de 7,7 °C.

Cette peinture blanche est le résultat de six années de recherche qui s’appuient sur des tentatives remontant aux années 1970 pour mettre au point une peinture à refroidissement radiatif comme alternative possible aux climatiseurs traditionnels.

Enfin, les scientifiques de Purdue ont démontré que, à l’instar de la peinture déjà commercialisée, leur peinture à base de sulfate de baryum peut potentiellement supporter les conditions extérieures. La technique utilisée par les chercheurs pour créer la peinture est également compatible avec le processus de fabrication des peintures commerciales. Des demandes de brevet pour cette formulation de peinture ont été déposées auprès du bureau de commercialisation des technologies de la Fondation de recherche de Purdue.

Crédit photo : Capture YouTube (photo d’illustration)
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3 Commentaires

  1. Ca me rappelle le sketch de Coluche sur la pub du nouvel Omo. Blanc je connais, mais plus blanc que blanc c’est quoi ?

  2. « une forte concentration de particules de sulfate de baryum peut diffuser davantage de lumière, car les particules sont toutes de tailles différentes, ce qui signifie qu’elles peuvent couvrir une plus grande partie du spectre lumineux. »

    Dit comme ça, ça a l’air simple, pourquoi n’y a-t-on pas pensé plus tôt ? …

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