Algues vertes. Mise en lumière d’un « très mauvais usage de l’argent public » avant les élections régionales ?

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Tandis que la Cour des Comptes doit publier un rapport sur l’efficacité des mesures prises contre les algues vertes à la fin du mois de juin, l’association Sauvegarde du Trégor Goëlo Penthièvre demande à ce que cette publication ait lieu avant les élections régionales afin que les électeurs prennent conscience de ce qu’elle considère être une « gabegie ».

Côtes-d’Armor : les algues vertes entrent en campagne ?

Les algues vertes vont-elles s’inviter dans la campagne des prochaines élections régionales prévues les 20 et 27 juin 2021 ? C’est en tous cas le souhait de l’association Sauvegarde du Trégor Goëlo Penthièvre, qui a décidé d’interpeller la Cour des comptes pour lui demander de publier son rapport concernant le coût de la lutte contre les algues vertes.

L’association, par l’intermédiaire de son président Yves Marie Le Lay, que nos lecteurs connaissent déjà, a indiqué dans un communiqué en date du 17 avril qu’elle avait précédemment envoyé un courrier à la Cour des comptes à la fin du mois de mars car « les électrices et électeurs de Bretagne ont le droit de connaître quel usage de l’argent public a été fait par des candidats qui se représentent à leurs suffrages ».

En effet, la Cour des Comptes, associée à la Chambre régionale des comptes, doit publier le rapport en question à la fin du mois de juin. Un document censé mettre en lumière l’efficacité (ou non) des politiques publiques déployées contre les algues vertes. La publication viendra clore deux années d’un travail mené par des experts, des chercheurs et d’autres professionnels concernés par le sujet. Le rapport a également vocation à faire émerger des propositions contre cette pollution s’invitant chaque année sur les côtes bretonnes.

Des millions d’euros dépensés chaque année face à la pollution

Si la rotation des tracteurs, remorques, et autres engins de nettoyage sur les grèves à la belle saison fait presque désormais partie du paysage, les dépenses relatives à l’enlèvement des algues vertes n’en demeurent pas moins faramineuses. Aussi, le dernier plan élaboré pour la période 2017-2021 a été doté d’une enveloppe d’argent public de 55 millions d’euros.

Pour sa part, Sauvegarde du Trégor Goëlo Penthièvre souhaite elle aussi que l’efficacité des plans algues vertes soit enfin sérieusement évaluée. L’association rappelle ainsi qu’« après 10 ans de Plans algues vertes, les algues sont toujours là et leur échouage massif sur les plages ne varie qu’en fonction des aléas climatiques. Le tout pour au moins à ce jour 110 à 120 millions d’euros ».

Par ailleurs, Sauvegarde du Trégor Goëlo Penthièvre a aussi engagé un recours en contentieux à la fin du mois de mars devant le tribunal administratif contre la préfecture des Côtes-d’Armor « pour préjudice grave sur la biodiversité qu’elle n’a pas combattu et en particulier dans la réserve naturelle de Saint-Brieuc. »

Un « très mauvais usage de l’argent public » dénoncé

Enfin, il faut aussi noter que la publication de ce rapport pourrait être repoussée si jamais un report de dernière minute des élections régionales en raison du Covid-19 devait intervenir. La Cour des Comptes étant tenue par un devoir de « réserve républicaine » vis-à-vis du scrutin.

En attendant, l’association environnementale appelle « les associations, les syndicats, les partis politiques » à également demander à la Cour des Comptes la publication du rapport sur les algues vertes.

Pour Sauvegarde du Trégor Goëlo Penthièvre, « on comprend aisément que tous les responsables de cette gabegie ne soient pas pressés que soit divulgué leur très mauvais usage de l’argent public en cette période électorale ».

Rappelons aussi que le tribunal administratif de Rennes a été saisi par l’association Eau et rivières de Bretagne sur l’efficacité de ces plans successifs contre les algues vertes et doit prochainement rendre sa décision. De son côté, le rapporteur public du tribunal administratif de Rennes avait estimé le 1er avril dernier que le programme de lutte contre cette pollution était insuffisant et réclamait alors « des mesures plus contraignantes ».

Crédit photo : DR (photo d’illustration)
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