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A 17 ans, les médecins lui diagnostiquent une tumeur cancéreuse située au bas ventre qui implique une opération. Lors de celle-ci, il est malheureusement nécessaire de sectionner le nerf crural qui traverse ce corps étranger. Cette intervention laissera à Mathieu THOMAS un handicap : une perte de mobilité et de sensibilité de la cuisse droite qui l’obligera à repenser son quotidien. Ce handicap invisible, le jeune homme va le cacher pendant des années par peur du regard des autres.
A ses 30 ans, il prend une décision importante qui changera définitivement le cours de sa vie : il ose en parler à travers le sport et se lance un défi : faire les jeux paralympiques. Aujourd’hui, Mathieu est un athlète de haut niveau en parabadminton, n°4 mondial en double homme et n°6 en simple qui se bat pour obtenir une qualification aux Jeux Paralympiques de Tokyo. Une belle revanche sur la maladie.
Un combat personnel devenu publique
Pendant 13 ans, Mathieu ne va pas accepter son handicap, il va le repousser, l’oublier, le cacher à ceux qu’il rencontre. C’est un tabou qu’il ne parviendra pas à briser pendant de longues années. Il associe sa différence à une mauvaise image et fait le choix « d’être comme tout le monde », malgré lui. C’est en se mettant au sport qu’il a un déclic et inverse la tendance. Pour fuir le regard des autres et leurs interrogations, il refuse d’être assis dans un fauteuil. Après plusieurs sports, il s’investit pleinement dans le parabadminton qui lui laisse opportunité de pratiquer debout, sur ses deux jambes.
Après un long travail d’introspection, Mathieu a envie de partager son message, sa motivation, sa détermination et son histoire. Sa démarche est avant tout une volonté d’échanger avec un public d’horizons différents pour que tous puissent se battre, agir avec beaucoup d’espoir et de force, si cela venait à leur arriver. Il se rend donc auprès de structures scolaires, médicales ou en entreprises pour enclencher une parole autour de ce sujet, parfois lésé. L’idée n’est pas de pointer du doigt les personnes ayant un handicap visible mais de mettre aussi en lumière celles qui, dans l’ombre, souffrent d’un handicap invisible. Faire tomber les barrières, véhiculer une image fédératrice, de valorisation est important pour lui.
Tracer son chemin jusqu’aux Jeux Paralympiques de Tokyo 2020
Vecteur précieux dans l’épanouissement, la construction physique ou psychique de soi, le sport a été pour Mathieu une source de renaissance, à l’âge de 30 ans. Grâce à l’activité physique, il a donc appris à se réconcilier avec son corps et cette partie de lui qu’il a perdue lors de cette opération. Il établit parfois des comparaisons avec les autres athlètes de haut-niveau qui ont connu l’esprit de compétition et les entrainements intensifs dès leur plus jeune âge. Pour son cas, ce n’est que tardivement qu’il a trouvé le sport dans lequel il s’épanouirait pleinement. Mais, là encore, il fait de cette différence une force. Aujourd’hui, il pratique le parabadminton depuis quelques années maintenant et détient un palmarès prometteur. Depuis sa nouvelle vie, il se donne des objectifs à la hauteur de sa motivation, parmi lesquels : une qualification pour les Jeux Paralympiques de Tokyo 2020. Ce challenge est pour lui l’opportunité d’accepter ses faiblesses et de rebondir davantage. Au-delà d’être un projet personnel qui l’anime, une qualification aux Jeux paralympiques serait aussi une occasion pour lui de montrer qu’importe l’âge, la condition physique, l’origine… avec travail et confiance en soi, tout est possible.
Mathieu se bat pour se qualifier et enchaine les entrainements intensifs. Le 10 mai prochain, il débutera sa dernière compétition qualificative et saura ensuite s’il s’envolera pour Tokyo. Son engouement est d’autant plus grand que pour ses premiers Jeux et pour la première fois de l’histoire des Jeux paralympiques, le badminton entre dans l’évènement.
Crédit photo : DR
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