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Le ralliement de Debout la France (DLF), le parti de Nicolas Dupont-Aignan, à LR en Bourgogne-Franche-Comté fait couler de l’encre, d’autant que les ex-cadres du parti qui ont rejoint le RN en créant un mouvement satellite, l’Avenir Français, ne se sont pas privés de souligner les incohérences de cette décision en particulier et de la stratégie de DLF aux régionales en général.
En Bourgogne, Pascal Lepetit, responsable de DLF dans la nouvelle région, est investi parmi les têtes de listes départementales. Au Journal du Centre, l’intéressé précise « nous n’avons pas souhaité revivre le scénario de 2015 » où la liste DLF avait été balayée. L’accord serait d’après le Journal du Centre local, et « piloté par Nicolas Dupont-Aignan » lui-même.
Ses anciens cadres partis à l’Avenir Français ont pilonné cette décision dans leur communiqué : « Incapable de monter une liste digne de se présenter devant les électeurs, Nicolas Dupont-Aignan va-t-il choisir de trahir toutes ses convictions idéologiques pour continuer à refuser de poursuivre l’alliance de 2017 avec le camp national ? En 2007 Debout la France avait rompu avec l’UMP après la trahison du résultat du référendum [sur la constitution européenne de 2005, refusée par le vote mais validée par les députés] Alors qu’il n’existe plus aucune différence fondamentale de programme et de valeurs entre DLF et RN […] les oppositions avec les Républicains sont au contraire fondamentales et innombrables ».
En Bourgogne la situation va être particulièrement illisible puisque le chef de file RN Julien Odoul vient d’investir l’ex-chef de Debout la France en Saône et Loire comme tête de liste RN dans ce même département. Il s’agit d’Olivier Damien, par ailleurs ancien commissaire divisionnaire de police et délégué national de l’Avenir Français en charge de la justice.
Avec les LR en Bourgogne, absent en Occitanie, mais pas d’alliance en Ile-de-France ou en PACA
Le « en même temps » version DLF a de quoi déboussoler. Le 21 avril dernier, Nicolas Dupont-Aignan présentait sa liste en Ile-de-France, pour les régionales, et il a été très clair : « notre objectif n’est pas de faire des alliances avec X ou Y, notre objectif, c’est qu’il y ait un groupe de pression d’élus qui représentent la population d’Ile de France et qui soit indépendant des querelles politiciennes ».
En PACA, ce devait être Benoit Kandel, ancien premier adjoint de Christian Estrosi à Nice et colonel de gendarmerie, qui devait mener une liste d’union droite-DLF. Une belle prise… mais pas chez DLF. Il a jeté l’éponge le 9 avril dernier, invoquant un « désaccord politique de fond » : il voulait en effet un « rassemblement de toute la droite non macroniste de la région », alors qu’une partie de l’exécutif LR sortant souhaite s’allier avec LREM dès avant le premier tour pour rester au pouvoir, tandis que Nicolas Dupont-Aignan souhaitait une « liste essentiellement constituée de candidats membres ou proches de [DLF] ». C’est finalement Noël Chuisano, habitant de Manosque et adhérent DLF depuis 15 ans qui est la nouvelle tête de liste.
En Occitanie en revanche, pas de dissensions ni de tractations tendues – DLF n’y va pas, faute de tête de liste ad hoc, annonçait la Dépêche fin mars dernier. Le parti, qui annonce quelques candidats aux cantonales avait fait 3.91% en 2015 et n’a guère espoir de faire mieux dans une région fermement ancrée à gauche où les sondages placent la présidente socialiste sortante Carole Delga en tête, dans tous les cas de figures, loin devant le RN qui lui-même distance LR.
En Bretagne, une tête de liste DLF depuis octobre, en Pays de Loire, vers une candidature autonome ?
Investi par Debout la France en octobre 2020, David Cabas reste à l’écart des dissensions qui ont secoué son parti à la fin de 2020 avec le départ d’un grand nombre de cadres pour l’Avenir Français et est toujours candidat aux régionales. Originaire de Malestroit et secrétaire départemental DLF dans le Morbihan, il est surveillant dans un collège sous contrat à Malestroit, où il s’est présenté sur une liste citoyenne aux municipales de 2014, mais habite Ploërmel.
En Pays de Loire, en tout état de cause, Cécile Bayle de Jessé devrait mener sa liste DLF ; des négociations avec d’autres composantes de la droite indépendante (élus régionaux sortants ex-RN, Patriotes, PCD-VIA, CNIP…) sont en cours mais semblent toujours achopper. « Plusieurs logiques s’affrontent », relève un observateur. « Chez DLF certains veulent se compter et préfèrent rester seuls, mais s’ils sont seuls, ils font 3%, avec les autres petites formations de droite indépendante ils peuvent tutoyer les 5% et être remboursés ; ça fait cher l’opération comptage ».
Pour un élu régional sortant, « DLF est actuellement dans une logique de débauchage individuel, ils veulent prendre des gens chez nous pour les mettre où ça les arrange, alors que nous sommes dans une démarche collégiale. Si l’union aboutit, non seulement qu’on pourra faire une liste viable avec un résultat correct, mais ils pourront commencer à tenter d’exister dans la région, ce qui n’est pas du tout le cas actuellement ».
Louis Moulin
Crédit photo : DR
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2 réponses à “Régionales. Écartelé entre le RN et LR, Debout la France a du mal à se positionner”
LR a officiellement rejoint LaREM en région paca, l’umps est reconstituée
Marine Le Pen disait : « L’union des droites est un enfumage ».
Elle s’est exprimée en ces termes après les présidentielles de 2017 et on sait que le 29 mai 2019, après l’échec de la liste « LR » sous la direction de Xavier Bellamy, « la droite est morte » (dixit Eric Zemmour).
Monsieur Dupont-Aignan a ainsi été averti deux fois, ce qui aurait pu l’empêcher de refaire le scénario éculé et désastreux de « l’union des droites ». Et bien non.
Il rejoindra l’autre ringardisé qu’est M. Ménard (avec son comité de lecture de « Boulevard Voltaire » en coryphée) qui lui brame sans que l’on arrive à le faire taire « l’union des droites, vite » et qui voit le désastre de cette stratégie en région Occitanie et en région Sud.
C’est sûr , la droite est morte. Il est donc impossible de trouver des dirigeants d’envergure, cultivés, ayant le sens de l’histoire, étant à l’écoute des « vrais gens » ?
NOTA : je n’ai pas cité Mme Le Pen ou M. Zemmour pour dire que l’une est une personnalité politique hors pair (sa manière de comprendre le sens de la crise sanitaire est désastreuse) et que l’autre doit se présenter aux présidentielles (j’espère qu’il n’en a pas la tentation : chacun à sa place ; pour faire de la politique, il faut savoir se présenter à des électeurs et c’est un exercice qu’il n’a jamais pratiqué). Je les cite parce que dans ce cas de figure, ils ont raison tous les deux.