Santé mentale des enfants en période de confinement : le logement et la situation sociale de la famille décisifs

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Le premier confinement du printemps 2020 aura été dur à vivre pour certains. Une étude détaille l’impact de cette situation inédite sur la santé mentale des enfants et met en lumière des facteurs décisifs.

Santé mentale des enfants : le type de logement déterminant pendant le confinement

L’impact concret du premier confinement sur la santé mentale des enfants en France a fait l’objet d’une étude coordonnée par Santé Publique France en partenariat avec l’Inserm, le CNRS, divers hôpitaux et universités dont les premiers résultats ont été dévoilés le 20 mai.

Ces travaux ont été menés entre juin 2020 et septembre 2020 auprès de 3 898 enfants (dont 81 jeunes pris en charge par la protection de l’enfance) par l’intermédiaire d’un questionnaire en ligne. Pour les chercheurs, l’objectif était de mettre en perspective l’état de santé mentale des enfants avec leurs conditions de vie pendant et après le premier confinement. Le sujet est par ailleurs un motif d’inquiétude pour de nombreux parents avec plusieurs facteurs à prendre en compte, de la difficulté pour les enfants à comprendre la situation en passant par la fermeture des écoles et la vulnérabilité de certains proches face au Covid-19.

Au regard des résultats de cette étude, il apparaît que ce sont les adolescents qui ont été les plus touchés durant cette période. Ils semblaient présenter une santé mentale impactée et moins de ressources favorisant la résilience par rapport aux plus jeunes pendant le confinement.

De plus, les filles ont été davantage impactées que les garçons, que ce soit pendant ou après le premier confinement. Cette différence pourrait expliquer, selon les auteurs de l’étude, « par un stress perçu plus important chez les filles que les garçons ou des différences de modalités de réponse entre sexes (les filles étant plus enclines à l’expression des émotions) ».

Quant au critère principal influençant leur moral, le type de logement occupé a été déterminant puisque les premières causes de détresse psychologique chez les enfants furent notamment l’impossibilité de s’isoler ou d’accéder à un jardin, tout en devant parfois supporter la promiscuité avec de nombreuses personnes dans des appartements de taille modeste.

Un moral tributaire des conditions sociales et économiques

D’autre part, les conditions économiques dans lesquelles évoluaient les enfants ont aussi eu un impact important sur leur santé mentale. Ainsi, cette dernière était davantage affectée lorsque le foyer rencontrait des difficultés financières et alimentaires ou connaissait une diminution des revenus suite à l’épidémie ou au confinement avec parfois des périodes de chômage subies par les parents. De même, le sentiment de détresse ressenti était davantage accru au sein des familles aux situations sociales les plus précaires : famille monoparentale, niveau d’étude inférieur ou égal au baccalauréat, parents ouvriers ou employés, nés à l’étranger, absence de soutien social.

Au cours des longues semaines de confinement du printemps 2020, l’absence de connexion Internet a elle aussi eu une incidence sur le moral des enfants. Tout comme le manque d’activités, le sentiment d’être dépassé par rapport au travail scolaire ou encore l’infection voire l’hospitalisation d’un proche ayant contracté le Covid-19. Les résultats soulignent en effet que les enfants et les adolescents ayant ressenti de la détresse pendant le confinement se sentaient plus dépassés par le travail scolaire que les autres.

À l’inverse, les enfants vivant dans une famille biparentale, avec un niveau de diplôme élevé, et ayant la possibilité de pratiquer diverses activités pendant le confinement ont été associés à un score plus élevé de résilience.

Enfin, les auteurs de l’étude rappellent que les enfants et les adolescents ont été particulièrement impactés lors de cette crise sanitaire avec une augmentation, par rapport aux années précédentes, des passages aux urgences pour troubles de l’humeur (dont les troubles dépressifs) à partir de novembre 2020, et pour gestes suicidaires en février 2021. En conclusion, le document préconise le maintien des activités avec les enfants en période de confinement, qu’elles soient périscolaires ou qu’il s’agisse simplement de sorties régulières.

Crédit photo : DR (photo d’illustration)
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