Montessori : des écoles inaccessibles aux plus modestes ?

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Alors qu’une nouvelle école Montessori (trilingue : français, anglais, espagnol) devrait ouvrir à Bréal/Montfort au sud-ouest de Rennes, il convient de revenir sur cette mode qui semble réservée à un certain type de population.

A Nantes, l’école Montessori « des petons dans l’herbe » est située au nord de la ville. Le programme est alléchant et très « inclusif » mais les tarifs refroidissent les parents « bienveillants » mais prolos : 5250€ l’année ! De l’autre côté de l’agglomération, le ton est plus « alternatif » à la maternelle des « Petites Étoiles » de Vertou. Un partenariat avec le Secours Populaire est même annoncé. Les tarifs sont, eux, beaucoup moins « popu » : 150€ de frais d’entrée plus 490€/mois ! Pour le prix, les enfants auront même une « intervenante anglais » et une « médiation animale » où ils pourront caresser des cochons d’Inde.

A Questembert, dans un secteur très rural du Morbihan, l’école Montessori Ecol’Eau Graines affiche, elle aussi, des tarifs très « classe ouvrière » : 3180€ par an ! Beaucoup plus que l’école Saint-Erwan de Plélo qui vous coûtera à peine 2000€ par an. Tout rond ! Dans le département le plus pauvre de Bretagne, on peut s’interroger sur le type de population fréquentant ces établissements…

Et que dire de la clef des champs à Ploneis (29) : 20€ d’inscription à l’asso des parents, 160€ de frais de dossiers et 3000€ par an !

Il existe des écoles Montessori à des prix (presque) abordables en Bretagne mais elles sont rares et émanent principalement de l’enseignement catholique (telle l’école Maria Montessori de Rennes où les plus bas revenus payent moins de 130€/mois) mais l’immense majorité ne peuvent être fréquentées que par des CSP+ se gargarisant « d’éco-citoyenneté » et « d’ouverture sur le monde ». Ce constat ne remet nullement en cause les bienfaits de la méthode Montessori mais mettent en exergue un constat d’évitement social voire de séparatisme financier du monde bobo. L’univers des écoles Montessori ne s’est pas démocratisé, n’a sûrement pas pénétré les quartiers immigrés, du moins en Bretagne, et n’a jamais cherché à se rendre accessible financièrement aux ménages les plus modestes.

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