Pont-Aven. « Variations sur la ligne » jusqu’en 2022 : Gauguin et Bernard à l’honneur au Musée

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Au musée de Pont-Aven, l’année 2021 est marquée par une succession de trois accrochages thématisés. La variation automnale, se prolongeant jusqu’au début de l’année 2022, mettra notamment à l’honneur les dessins de Paul Gauguin et d’Émile Bernard.

« Variations sur la ligne » au Musée de Pont-Aven

Prévue initialement au printemps pour durer trois mois, l’exposition « Ecole de Pont-Aven. Variations sur la ligne » se réinvente : jusqu’à la fin de l’année 2021, des accrochages thématisés se succèdent dans le cabinet Gauguin, au sein du parcours permanent, pour valoriser la collection d’arts graphiques du musée, un des atouts majeurs du fonds permanent, patiemment constituée depuis la création de l’établissement en 1985.

Le Musée de Pont-Aven conserve en effet une collection de plus de 1200 œuvres d’arts graphiques. Une importante partie de ce riche fonds sommeille dans les réserves pour des raisons de conservation car la lumière pourrait endommager les œuvres. L’année 2021 est l’occasion de mettre en lumière, de manière successive et, selon des thématiques soigneusement choisies, le travail graphique des artistes du groupe de Pont-Aven en particulier celui de Paul Gauguin, Émile Bernard et Paul Sérusier conservé dans la collection du musée.

Cette exposition présente successivement 3 accrochages rassemblant chacun entre 20 et 30 œuvres environ du groupe de Pont-Aven (dessins, estampes, aquarelles) et a pour ambition de mettre en lumière la part de l’intime, de l’instinctif autant que la dimension préparatoire du processus créatif vers une simplification des formes et le synthétisme du dessin. Cette sélection d’œuvres sur papier démontre une certaine liberté du geste spontané mais également la volonté de constituer un répertoire des formes dans lequel puise chaque artiste au gré de l’inspiration. La variété des techniques présentées démontre aussi l’appétence du groupe pour le travail de l’estampe conjuguée à des choix souvent audacieux et inventifs.

Au Café des arts de Monsieur Volpini

Après un premier accrochage sur le thème de « Paysage médité » qui s’est tenu de la réouverture du musée jusqu’au 16 mai dernier, le deuxième accrochage, en place depuis le 19 mai jusqu’au 5 septembre prochain, porte quant à lui sur le « groupe impressionniste et synthétiste » au Café des arts de Monsieur Volpini.

En parallèle de l’Exposition universelle de 1889, écartés des pavillons officiels, Gauguin et ses amis exposent leurs œuvres au Café des arts de Monsieur Volpini, au Champ-de-Mars, en face du Pavillon de la Presse. Ils se nomment pour l’occasion « Groupe Impressionniste et Synthétiste » afin de conserver l’aura prestigieuse de l’impressionnisme.

Paul Gauguin y présente dix-sept œuvres de Martinique, d’Arles et de Bretagne dont une série de onze zincographies sur papier jaune. Ses œuvres n’eurent alors aucun succès commercial et cet échec semble l’avoir découragé à poursuivre dans cette voie. Il privilégiera le bois gravé, plus proche du primitivisme dont il s’est fait le héraut. Les neuf zincographies de l’artiste appartenant au Musée de Pont-Aven sont exposées au public.

Pont-Aven
Paul Gauguin, Joies de Bretagne, 1889 Zincographie sur papier jaune, 20 x 26,6 cm Collection Musée de Pont-Aven ©Procolor – Laurent Bruneau

Gauguin et Bernard dessinateurs : jusqu’en 2022

À partir du 11 septembre 2021, c’est cette fois une sélection d’œuvres de Paul Gauguin et d’Émile Bernard qui prendra la suite au musée de Pont-Aven et ce, jusqu’au 2 janvier 2022. Si les artistes de l’École de Pont-Aven sont considérés – à juste titre – comme les chantres de la couleur, on ne peut nier que le dessin a tenu pour eux une place majeure.

En premier lieu pour Paul Gauguin qui a suivi l’injonction de son maître Pissarro : « Il faut dessiner et dessiner beaucoup… ». Il n’hésitait pas néanmoins à revendiquer que « savoir dessiner n’est pas dessiner bien ». Le dessin a finalement la même importance que la couleur et contribue à l’élaboration du synthétisme et à la confection d’un répertoire d’images utilisées ensuite pour différentes techniques.

Entre 1886 et 1892, Émile Bernard s’attache à développer une ligne respectant les principes du synthétisme. De Saint-Briac
à Pont-Aven, sa touche évolue de l’impressionnisme pour quelques dessins vers des œuvres aux compositions plus simplifiées et dont la couleur est apposée en aplats. Crayon rehaussé d’aquarelle, études à l’encre, fusains : en quelques traits affirmés, Bernard livre une intention spontanée de sa création originelle.

La sélection d’œuvres présentée puise dans les collections du musée et bénéficie de prêts exceptionnels du musée d’Orsay permettant ainsi de rapprocher de manière inédite des œuvres préparatoires de leur version définitive en peinture. On verra ainsi Le Portrait de Mme Champsaur de Schuffenecker appartenant au Musée de Pont-Aven confrontée aux études du musée d’Orsay.

Informations pratiques :

Musée de Pont-Aven
Place Julia
29930 Pont-Aven

02 98 06 14 43
www.museepontaven.fr

Tarifs d’entrée :
Plein : 8 € / Réduit : 6 €
Groupes (+ 10 personnes, gratuit pour l’accompagnateur) : 5 €/personne

Crédit photo : Flickr (CC BY 2.0/Jean-Pierre Dalbera) (photo d’illustration)
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