Immigration. Travailler avec la Tunisie pour mettre fin aux débarquements en Sicile ?

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Le débarquement d’immigrants illégaux à Lampedusa se poursuit sans relâche. Depuis le début de l’année, environ 35 700 clandestins ont débarqué en Italie, soit huit fois plus que sur la même période en 2019 avec Salvini comme ministre de l’Intérieur. Il y a environ 10 000 Tunisiens, 5 000 Bengalis, 3 000 Égyptiens et puis tous les autres, principalement des migrants économiques, qui paient une protection aux trafiquants.

Le ministre de l’Intérieur, M. Lamorgese, ne dispose toujours pas de la stratégie nécessaire pour endiguer le phénomène. Il est vrai que le problème ne peut se limiter au ministère de l’Intérieur, mais nécessite une approche systémique avec tous les autres ministères, dans le cadre des compétences politiques attribuées au président du Conseil des ministres. Il est clair pour tout le monde que les conséquences de la politique actuelle des ports ouverts exacerbent les problèmes économiques, sociaux et sanitaires.

En Sicile, la vigoureuse campagne de vaccination, à laquelle le Président Musumeci a contribué de son mieux, et la réduction des contagions qui en a résulté, ainsi que la levée des restrictions, avaient ravivé les espoirs d’une forte reprise du tourisme, profitant de la beauté incontestable du paysage et du patrimoine historique et archéologique, qui constitue la seule ressource crédible pour le développement de cette zone dans un avenir immédiat. Tout cela est sérieusement menacé par l’augmentation exponentielle simultanée de l’immigration clandestine. Il n’y a aucun espoir d’une issue positive si les frontières restent comme une passoire et si les bateaux des ONG continuent à opérer un service de taxi depuis la côte africaine sous le couvert de l’humanitaire en plus des bateaux de la Tunisie. Les navires de quarantaine fournis par le gouvernement italien ne résolvent pas non plus les problèmes causés par la pandémie ; au contraire, ils les exacerbent. D’autre part, les hotspots surpeuplés, dépassant largement le nombre autorisé, ne garantissent pas les conditions d’hygiène nécessaires et peuvent même favoriser l’émergence de nouvelles variantes du virus.

Tout cela est indigne d’une nation qui se targue d’être souveraine sur son territoire et sur sa mer. La Sicile ne doit plus servir de dépotoir pour les immigrés clandestins victimes d’un ignoble trafic d’êtres humains et désireux de rejoindre l’Europe. Ce que l’Italie a dû endurer dans les conditions actuelles, avec de graves conséquences pour l’économie et la qualité de vie, ne peut plus être toléré en raison de l’hospitalité traditionnelle de ses habitants. Les lois internationales sur le sauvetage en mer ne peuvent être invoquées pour justifier cet abus.

Le gouvernement italien doit assumer la responsabilité de cette tragédie. D’autre part, elle doit intensifier les relations de coopération avec la Tunisie et la Libye, non seulement sur le plan diplomatique mais aussi sur le plan militaire et économique, sur la base d’une stratégie qui doit assurer la sécurité de ses propres frontières dans le sud de ces pays. Avec le Président Saied, seule figure fiable dans le chaos politique actuel en Tunisie, il faut établir une coopération globale qui permette au pays de sortir de la grave crise politique et économique dans laquelle il se trouve, en assurant un engagement économique (mais non welfariste) et sécuritaire constant et structuré, en commençant par des patrouilles – dans les eaux territoriales et sur terre – de nos forces de police avec la Garde Nationale tunisienne pour étouffer dans l’œuf toute tentative de départ. À la frontière tunisienne, des centres de commandement et de contrôle dotés de systèmes de surveillance radar, tant au nord qu’au sud, doivent être créés et mis en service en présence d’experts italiens.

Les « naufragés » payants envoyés à bord des navires des ONG par les trafiquants doivent être immédiatement transférés par pont aérien vers l’Allemagne et la Norvège, qui peuvent proposer la Sicile comme base, conformément au règlement de Dublin de l’UE, qui stipule que l’État du pavillon du navire assume la responsabilité de la protection internationale des migrants illégaux. Radicalement différente doit devenir l’implication de l’ONU en Afrique avec ses structures du HCR afin que des centres de rapatriement puissent être établis sur le terrain.

La souveraineté et la défense du territoire, y compris des eaux italiennes, doivent être protégées, ainsi que la sécurité sociale, sanitaire et économique des citoyens, en particulier de nos pêcheurs qui pêchent légalement dans les eaux internationales.

Nicola De Felice

Senior Fellow du Centro Studi Machiavelli. Contre-amiral (à la retraite) et ancien commandant de destroyers et de frégates, il a occupé d’importantes fonctions diplomatiques, financières, techniques et stratégiques au sein de l’état-major de la défense et de la marine, en Italie et à l’étranger, en mer et sur terre, engagé dans une politique de défense et de sécurité italienne efficace.

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1 COMMENTAIRE

  1. néocolonialisme !
    ce sont les plus débrouillards qui arrivent, laissant un vide danq lur pays qui a besoin de cerveaux pour se développer

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