Hélène Palma (syndicat Enseignement, Recherche, Libertés) : « Nous sommes des profs, pas des médecins ni des représentants de laboratoires » [Interview]

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« A-t-on encore le droit d’exercer son esprit critique en France? » s’interrogeaient il y a quelques jours plus de 1200 chercheurs, soignants, juristes, enseignants, dans une tribune parue sur le journal QG.

Ils entendaient dénoncer la censure inédite opérée autant par les médias que par les GAFAS au sujet de tout ce qui contredit le discours officiel sur le Covid. Chasse aux sorcières, règlements de compte, rien n’est épargné aux personnes qui contestent le bien-fondé du pass sanitaire, et réclament simplement plus de transparence concernant le processus vaccinal, ainsi qu’un débat contradictoire sur la stratégie sanitaire nationale.

Parmi les signataires de la tribune en lien plus haut, on retrouve Hélène Palma, qui préside un nouveau syndicat nommé Enseignement, recherche, libertés – syndicat qui ne semble pas inféodé à une idéologie politique, chose rare dans le syndicalisme – et qui pourrait rapidement faire du bruit en France. Nous l’avons interrogé pour mieux comprendre qui elle est, qui est ce nouveau syndicat et quelles sont les propositions.

Breizh-info.com : Pouvez vous vous présenter à nos lecteurs, et présenter le syndicat Enseignement, recherche, libertés ?

Hélène Palma (Enseignement, Recherche, Libertés) : Je m’appelle Hélène Palma. Je suis enseignante-chercheuse, agrégée d’anglais, Maître de conférences en études anglophones à l’Université d’Aix-Marseille.  J’enseigne à des étudiants âgés de 18 à 25 ans environ. J’enseigne depuis 25 ans. Je suis secrétaire générale de ce nouveau syndicat. Notre bureau compte cinq membres : Emmanuelle Darles, Bertrand Charrier, Olivier Le Gall et Vincent Pavan et moi même.

Notre syndicat a pour objectif de défendre nos collègues enseignants, dans leur droit à des conditions de travail décentes et leur droit au respect et à l’intégrité physiques dans un contexte où enseigner devient une gageure.

Breizh-info.com : Qu’est-ce qui a amené à sa fondation ? Il semblerait que vous ayez déjà plusieurs centaines de membres ?

Hélène Palma (Enseignement, Recherche, Libertés) : Le syndicat est né de la rencontre avec d’autres collègues de mon université, dont Vincent Pavan, eux aussi perplexes devant l’absurdité des mesures qu’on nous demandait d’appliquer à l’université, et plus généralement dans les établissements d’enseignement. Nous sommes choqués, depuis un an, par le caractère contraignant et anti-pédagogique, des mesures, dont l’efficacité reste à prouver, qui s’imposent dans les établissements d’enseignements. Nous nous inquiétons aussi de l’ambition du gouvernement de transformer les écoles en vaccinodromes et en relais de sa propagande, sans que la moindre place soit laissée au recul critique, pourtant essentiel dans un État dit démocratique. 

Notre syndicat a été créé le 15 juillet et nous avons eu plus de 200 demandes d’adhésion au cours de l’été. 

Breizh-info.com : Quel rôle entend jouer votre syndicat dans la crise actuelle ? 

Hélène Palma (Enseignement, Recherche, Libertés) : Nous voulons d’abord permettre à des collègues qui se sentent seuls de se connecter les uns aux autres. 

Nous voulons soutenir nos collègues et les aider à se défendre alors qu’ils ressentent un malaise au travail grandissant, qui peut mettre leur santé physique et mentale en danger. Nous voulons aussi les aider à défendre leurs élèves et leurs étudiants, dont les données de santé risquent d’être systématiquement exposées et exploitées, à la demande du gouvernement, en violation flagrante du principe du secret médical et des garanties du RGPD (Registre Général de Protection des Données).

Nous voulons aussi rappeler ce à quoi sert l’enseignement, ses institutions et ses professionnels : enseigner. Enseigner, j’insiste, et donc surtout pas surveiller, dénoncer, dresser des listes d’enfants en fonction de leur statut sanitaire ou encore les inciter à des gestes médicaux dont nous ignorons les conséquences à court et à long terme. 

Nous sommes des profs, pas des médecins ni des représentants de laboratoires. 

Enfin, nous voulons créer une dynamique collégiale de tous les enseignants, de la maternelle à l’université, du public et du privé, car nous sommes tous professeurs : c’est-à-dire que nous avons tous choisi ce métier, que nous pratiquons avec passion, parce que nous aimons le savoir, que nous aimons l’idée de le transmettre, que nous croyons à la culture de l’esprit critique, qui est tout le contraire de la propagande, et que nous considérons la jeunesse comme la plus belle promesse d’avenir pour notre pays.

Breizh-info.com : Il semblerait que l’Etat français veuille imposer une sorte de vérité officielle aux chercheurs, aux enseignants, aux scientifiques, aux médecins également. N’est-ce pas là une grave dérive autoritaire ?

Hélène Palma (Enseignement, Recherche, Libertés) : C’est en effet un pouvoir en pleine dérive totalitaire. Les garanties constitutionnelles, l’état de droit, les libertés (d’aller et venir, de s’exprimer, de vivre, tout simplement) sont suspendus et il nous semble que l’épidémie de coronavirus a en réalité servi de prétexte à une véritable prise d’otage de la République et de ses valeurs. 

Le Parlement est neutralisé depuis 2017, le Président de la République agissant par décret : l’Assemblée Nationale est réduite au rang de chambre d’enregistrement des décisions de l’exécutif. Il n’y a plus de contre-pouvoir.

Le Conseil Scientifique, dont les avis président aux décisions du pouvoir exécutif, oriente la politique sanitaire du pays depuis 18 mois. Cet organe n’est pourtant pas élu. Ses décisions sont critiquées par d’éminents scientifiques qui sont ignorés sinon violemment blâmés. Aucune discussion n’est possible : tous les traitements envisageables contre cette maladie de Covid 19 ont été discrédités les uns après les autres, sans le moindre débat digne de ce nom, alors qu’ils ont fait leurs preuves dans d’autres pays et continents (hydroxychloroquine en Afrique, ivermectine en Inde et au Salvador), au profit du choix du tout vaccinal. Or ces produits présentés comme vaccins ont une efficacité limitée et leur innocuité est loin d’être garantie, comme le montre l’exemple d’Israël. 

Nous nous interrogeons très sérieusement. 

Breizh-info.com : Au sein de l’Education nationale, les parents d’élèves semblent également pris en otage, tout comme les professeurs, par les « protocoles sanitaires » Que faire ?

Hélène Palma (Enseignement, Recherche, Libertés) : Notre syndicat comporte des collègues qui sont très nombreux à être également parents d’élèves. Nous travaillons donc de fait de concert. Nous sommes également en lien avec plusieurs collectifs de parents d’élèves choqués par le comportement du gouvernement depuis 18 mois et très inquiets pour l’avenir de leurs enfants.

Nous pensons qu’enseignants et parents doivent travailler de concert à rendre à l’école (au sens très large) sa dignité. L’école (de la maternelle à l’Université) est un lieu où la jeunesse apprend les valeurs de la République, qui sont la liberté, l’égalité et la fraternité. L’école est un lieu d’épanouissement et d’apprentissages, pas un lieu où on dénonce, où on ostracise, où on « évince », où on viole le secret médical, où on recommande des traitements. L’école est le lieu où on apprend à lire, à écrire, à compter, à parler des langues étrangères, à réfléchir.
Nous rappelons que les protocoles sanitaires n’ont pas de force juridique et nous appelons collègues, parents d’élèves, élèves, étudiants, à les interroger en réfléchissant à leur bien-fondé et à leur efficacité.

Nous rappelons aussi que la santé est un débat bien plus vaste que la seule question de ne pas attraper de maladies : la santé, c’est bien respirer, manger sainement, se socialiser normalement, être heureux. Il nous semble que l’ensemble des mesures absurdes qui sont pratiquées depuis un an dans les établissements scolaires vont, en dépit de ce qui est clamé haut et fort, précisément à l’encontre de la santé. 

Breizh-info.com : Comment envisagez vous la sortie de crise ? Quelles sont les propositions que vous formulez ?

Hélène Palma (Enseignement, Recherche, Libertés) : Nous pensons que nous ne sortirons pas de cette crise tant que nous n’aurons pas collectivement admis que les morts du printemps 2020 sont décédés plus par défaut de soins précoces que de la maladie elle-même. Nous ne sortirons pas de cette crise tant que nous continuerons d’avoir peur d’une maladie à la mortalité somme toute modérée, et dont les victimes sont surtout âgées et obèses. L’école, en tout cas, ne sortira pas de cette crise tant qu’on n’aura pas collectivement eu le courage de dire que, la maladie ne touchant pas les enfants ni la jeunesse, il faut laisser ces derniers tranquilles, les laisser retourner à leurs jeunes vies et surtout, cesser de vouloir les vacciner en masse avec des produits dont les effets à long terme sont inconnus. Chaque fois qu’un chef d’établissement se fait le relais du discours gouvernemental, il se substitue à un professionnel de santé : on est à la limite de l’exercice illégal de la médecine. Il faut savoir que la responsabilité civile et pénale de ceux qui relaient le discours gouvernemental peut être engagée en cas d’effets secondaires des produits injectables présentés comme vaccins anti-Covid 19. Les familles de victimes porteront plainte : les laboratoires ne sont pas responsables et l’État se défaussera. Chacun doit en avoir conscience. 

Propos recueillis par YV

Photo d’illustration : DR
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