Bac Nord. Un bon polar qui évoque la violence des cités, l’impuissance de la Police et la faillite de la République française

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J’ai vu Bac Nord. Pas au cinéma, pass sanitaire oblige, mais grâce à quelques guérilleros de l’Internet qui ont déjà mis en ligne le film, dans une piètre qualité certes…mais pour avoir la bonne, il faudra attendre sa sortie en VOD (et le film mérite amplement qu’on lui mette 5 euros).

C’est un bon film, signé Cédric Jimenez et Audrey Diwan, dans lequel on retrouve quelques bons acteurs actuels du cinéma français, avec notamment Gilles Lellouche, Karim Leklou (Hippocrate) ou encore François Civil (le chant du loup).

Le synopsis ? 2012. Les quartiers Nord de Marseille détiennent un triste record : la zone au taux de criminalité le plus élevé de France. Poussée par sa hiérarchie, la BAC Nord, brigade de terrain, cherche sans cesse à améliorer ses résultats. Dans un secteur à haut risque, les flics adaptent leurs méthodes, franchissant parfois la ligne jaune. Jusqu’au jour où le système judiciaire se retourne contre eux…

Le film est inspiré de l’affaire dite « de la Bac Nord », qui avait secoué Marseille en 2012.

C’est un bon film, qui plaira notamment à ceux qui apprécient ceux d’Olivier Marchal, pour ne citer que lui.

C’est un film à la fois témoignage, mais aussi finalement assez politique (y compris si ce n’était pas le but recherché par les réalisateurs). On y décrit le boulot des policiers et la vie dans des quartiers nord de Marseille aux allures de Tiers Monde. Les seuls qui vous diront que cela ne ressemble pas à cela sont ou bien des politiciens locaux qui cherchent des électeurs, ou bien des personnes qui sont enfermées dans les beaux quartiers de leurs métropoles.

Car cela se passe à Marseille dans le film, mais on sent très bien que ces affaires pourraient se dérouler désormais dans toutes les banlieues des métropoles françaises, rongées par les caïds de cité, les bandes, les gangs, la drogue, la prostitution, et finalement, la vie collective et populaire (il n y a pas que la délinquance dans ces quartiers, loin de là) en dehors de la République française qui a capitulé, qui a cédé face à plus fort qu’elle, qui ne sait être forte qu’avec les faibles.

Dans Bac Nord, on voit ce qui est un quotidien pour de nombreux policiers, et encore une fois pas qu’à Marseille : l’évitement de certains quartiers qui sont volontairement laissés aux mains de barbares locaux qui organisent la vie de la cité par et pour eux. La hiérarchie policière, fabrique à castrats dépendants du politique, qui ne veut pas de vague. Qui accepte finalement que des zones entières du territoire soient abandonnés, du moment qu’il n y a ni « bavure » ni trop de bordel. Qui laisse tomber ses hommes au moindre coup dur. Le politique lui, le Préfet (qui dépend du Ministère de l’Intérieur) veut des résultats, il veut faire du chiffre. Et rapidement, quit à faire n’importe quoi pour cela. Et à mettre des policiers encore plus sous pression qu’ils ne le sont, alors même que ces fonctionnaires que sont les Préfets n’ont jamais mis les pieds, et ne les mettront jamais, dans les lieux que parcourent jour et nuit les policiers de la BAC, qui se retrouvent finalement pris en otage entre le devoir de résultat, de chiffre, et la réalité d’un terrain sur lequel ils sont abandonnés et sur lequel ils doivent pourtant composer, faire face et agir.

La scène de la grosse saisie de drogue dans une cité marseillaise est par ailleurs révélatrice de la capitulation totale de l’Etat dans certaines cités. Certes, l’opération se solde par l’arrestation de quelques gros dealers, qui seront enfermés à la prison locale, dans laquelle ils seront sans doute comme des poissons dans l’eau durant quelques années dans ce qui constitue, de par la surpopulation et les conditions de vie, une usine à perpétuation de la délinquance. Mais ce que le spectateur se pose comme question, lorsqu’il voit ces hordes de barbares de tous âges menacer, insulter, faire obstacle, et même tirer à la kalachnikov sur des policiers en service, c’est : Mais pourquoi est-ce qu’ils n’ouvrent pas le feu une bonne fois pour toute ? Ou alors plutôt, pourquoi est-ce que dans ce qui constitue des zones de guerre (que nos politiques nomment parfois « zones de non droit » doux euphémisme), l’armée française n’est-elle pas envoyé, pour neutraliser militairement (tout le monde a compris) et une fois pour toute, ces individus ? A la guerre comme à la guerre non ?

Les populations otages de ces gang attendent sûrement autre chose que quelques séjours en prison (un qui tombe, dix qui prennent le relai) et des stages de réinsertion ou des rappels à la loi..et aspirent sans doute à vivre autrement que sous des tyrannies tribales importées de quelques pays exotiques, en plein coeur de l’Europe.

Oui, Eric Zemmour l’a souvent répété, il faudra sans doute changer les lois qui contraignent, qui empêchent d’agir. Il faudra aussi c’est évident nettoyer, de fond en combles, le corps de la Magistrature, pour que les magistrats de demain rendent la Justice au nom du peuple français, pas au nom de leur idéologie.

Bac Nord finalement synthétise assez bien les maux qui rongent une partie de l’hexagone aujourd’hui. C’est aussi et sans doute pour cela que le film a littéralement été détruit par certains journalistes de gauche, sans doute restés dans l’admiration sans faille pour « La Haine » ou de « Ma 6T va craquer » sans jamais avoir osé mettre un pied dans les quartiers objets de tous leurs fantasmes…

Bac Nord témoigne aussi de la fracture de plus en plus grande au sein de la Police nationale, entre une administration aveugle, sourde, et obsédée du chiffre. Et des hommes de terrain, motivés mais souvent sans moyen, avec des salaires de misère (comme bien d’autres professions d’ailleurs, soignants en tête), qui doivent s’adapter en permanence, qui sont confrontés aux pires horreurs engendrées par nos sociétés devenues dingues, et qui, au final, humains qu’ils sont eux aussi, peuvent à un moment ou à un autre, basculer « du côté obscur », encore que dans le film, ils le font pour permettre la mise hors service d’un réseau important de dealers, d’empoisonneurs, d’assassins de nos peuples.

En conclusion, si Bac Nord n’est pas non plus, n’exagérons pas, le film de l’année, il constitue une belle surprise d’un cinéma français qui de toute façon ces derniers temps ne propose plus grand chose hormis des salves de propagande sur toutes les lubies sociétales du moment, des comédies pas drôles, ou des réflexions psychologiques et autocentrées de réalisateurs névrosés qui n’intéressent personne. Il donne enfin une possibilité supplémentaire d’ouvrir les yeux à ceux qui ne l’ont pas encore fait via l’actualité et le vécu quotidien.

Ouvrir les yeux…pour que l’enfer des quartiers nord de Marseille ne deviennent pas demain le quotidien y compris chez nous, en Bretagne.

YV

Photo d’illustration : DR
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1 COMMENTAIRE

  1. et l’hypocrisie sans nom des zélites policières et gouvernementales (pour ne pas dire mensonge et abandon des leurs

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