Jean-Yves Le Gallou : « Il n’y a pas de monopole médiatique d’Eric Zemmour ! » [Interview]

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Nous n’avions pas eu l’occasion de nous entretenir avec Jean-Yves Le Gallou depuis la rentrée de septembre. Pourtant, nombreux sont les sujets que nous avions à évoquer ensemble, de la candidature probable d’Eric Zemmour à la polarisation autour de la question de l’immigration en passant par la rentrée de la fondation Polémia.

Entretien à découvrir ci-dessous.

Breizh-info.com : Tout d’abord, comment s’est passée la rentrée d’I-Média ?

Jean-Yves Le Gallou : Avec du nouveau ! Après trois ans à la manœuvre d’I-média, Nicolas Faure vogue vers d’autres horizons et c’est désormais sur Sunrise qu’on peut le retrouver. Etudiant à l’ISSEP, Jules Blaiseau a repris le flambeau à mes côtés et il a tout de suite été plébiscité par nos webspectateurs.

Breizh-info.com : La rentrée politique est marquée par un quasi-monopole médiatique autour de la personne d’Eric Zemmour notamment. Comment interprétez vous ce monopole, qui finalement semble toléré, et même alimenté y compris par la presse mainstream ?

Jean-Yves Le Gallou : Il n’y a pas de monopole médiatique d’Eric Zemmour ! L’audience cumulée des JT de Tf1, France2, France 3 c’est quinze millions de téléspectateurs : il n’y a jamais été invité. Pas plus que sur les radios publiques où il est interdit d’antenne.

En revanche Zemmour crée de l’audience sur les chaînes en continu.  Un exemple vaut mieux qu’un long discours : le 23 septembre 2021 il y eut deux débats simultanés sur les chaînes de télévision :

– sur France2, Darmanin et Pecresse se sont rencontrés, ils partaient de 5 millions de téléspectateurs, ils ont fini à 1 million

– sur BFM/TV le débat Zemmour/Melenchon a attiré 4 millions de téléspectateurs en partant de 300 000 ! Que dire de plus ? Ce n’est pas les médias qui font la courte échelle à Zemmour c’est Zemmour qui dope l’audience des médias d’où l’intérêt qu’ils lui portent.

Cet intérêt a trois causes : Zemmour applique le principe de Péguy  : « il faut dire ce qu’on le voit et surtout ce qui est plus difficile voir ce que l’on voit. » Et il fait avec courage et talent.

Breizh-info.com : A contrario, Marine Le Pen semble petit à petit s’effondrer, aussi bien dans les sondages que dans sa présence sur le terrain politique. Est ce que le RN n’est pas en train de payer de longues années de déception au sein d’un électorat qui est en train de se lasser de la non-arrivée permanente aux affaires ?

Jean-Yves Le Gallou : Oui, à force d’avoir mis de l’eau dans son encre Marine Le Pen n’imprime plus. La stratégie de la « dédiabolisation » a triplement échoué : Marine Le Pen a réussi à démobiliser ses électeurs sans pour autant rassurer l’opinion ni devenir crédible !  Elle a vidé les idées, vidé les cadres, vidé les caisses et maintenant les urnes.

Et ses porte-flingues ont tort d’accuser Zemmour de lui voler ses électeurs. Il y a une chute tendancielle de l’électorat RN depuis 2017 : aux Européennes de 2019, aux municipales de 2020, aux départementales et aux régionales de 2021. C’est une débâcle !

Breizh-info.com : Globalement, c’est la droite qu’Eric Zemmour semble en train de totalement dynamiter. Quel regard portez-vous sur cette recomposition à venir, et sur les perspectives électorales qui se dressent devant nous ?

Jean-Yves Le Gallou : Parmi les mérites de (l’infiniment) probable candidature Zemmour il y a la destruction du « cordon sanitaire » entre le FN et la droite classique qui explique le vide de toutes les politiques « de droite ? » depuis 35 ans.

En clivant, Zemmour mobilise (comme Sarkozy l’avait fait en 2007) et réunit. Je pense que le potentiel électoral de Zemmour est le même (les convictions en plus) que celui de Sarkozy  : 32 % au premier tour en puisant — par rapport à Sarkozy — un peu plus dans l’électorat RN et un peu moins dans l’électorat LR.  C’est considérable. Bien sûr la campagne ne sera pas pavée de roses…

Si Zemmour fait la course dans le peloton de tête, les attaques se déchaîneront : bombardements médiatiques, torpilles judiciaires, agressions des « antifas ».  Alors il faudra « encaisser ». Je n’ai aucun doute sur la capacité d’Eric Zemmour et de ses proches à encaisser. Il ne se laissera pas « filloniser ».

Pour ses soutiens ce sera le baptême du feu : certains découvriront la violence symbolique du combat politique, à d’autres cela rappellera des souvenirs.

Breizh-info.com : Au-delà de la politique politicienne, il n’est quasiment question aujourd’hui que d’immigration dans le débat politique. Est-ce un début de victoire pour le courant identitaire qui s’active sur le sujet depuis des années ?

Jean-Yves Le Gallou : C’est évidemment l’immigration qui est la question centrale pour l’avenir de la France et de la civilisation européenne. Il faut refuser le Grand Remplacement du peuple et de sa culture.  D’ailleurs comme je l’ai montré dans « Immigration, la catastrophe : que faire ? », l’immigration incontrôlée est à l’origine ou aggrave tous — TOUS — les problèmes français :

– la sécurité (inutile d’insister),

– l’éducation (en particulier avec l’impossibilité de recruter des professeurs qui veulent éviter la jungle des ZEP),

– le niveau des salaires tiré à la baisse par les clandestins,

– l’atteinte aux libertés avec la loi sur le séparatisme,

– la balance des paiements avec les transferts de fonds à l’étranger,

– la crise du logement et des transports (le white flight chassant les Français de souche vers les périphéries)

– le déficit budgétaire (les dépenses de l’Etat et des collectivités territoriales étant plombées par les dépenses d’assistance en faveur de l’immigration).

Éric Zemmour résume ainsi la situation : tous les problèmes de la France ne sont pas dus à l’immigration, mais l’immigration les aggrave tous.

J’ajoute qu’une campagne électorale se gagne quand on la livre sur son terrain : parler d’immigration est plus porteur qu’évoquer la nationalisation des autoroutes ou même le prix de l’essence.

Ceci dit Eric Zemmour fera aussi des propositions sur la réindustralisation comme sur l’éducation et le patrimoine. Sans oublier l’énergie : plus de nucléaire, pas d’éoliennes !

Breizh-info.com : Y’a-t-il selon vous une réelle prise de conscience populaire sur la question de l’immigration – prise de conscience dont on peut douter eu égard de la faible mobilisation, dans la rue notamment, lorsqu’il s’agit de dénoncer l’immigration ?

Jean-Yves Le Gallou : Oui, je crois qu’il y a une vraie prise de conscience populaire, en particulier chez les plus jeunes et y compris parmi les classes aisées. Reste qu’il faut aussi que les électeurs aient le courage d’aller au bout de leur prise de conscience. Et en acceptent les conséquences : le renversement de la doxa médiatique et le rétablissement de la souveraineté du peuple au détriment de la dictature judiciaire.

Breizh-info.com : Quel rôle doit jouer la presse alternative selon vous dans les échéances électorales qui s’annoncent ?

Jean-Yves Le Gallou : D’abord un relai en direction du cœur du réseau Zemmour. Un relai qui sera particulièrement utile lorsque les grandes orgues du système se déchaîneront contre lui. Et qu’il faudra ré informer.  Ensuite pour contribuer à former et à « roder » les soutiens amenés à s’exprimer. Avant de les jeter dans le grand bain des médias mainstream, autant qu’ils se fassent la main (et la parole) dans les médias alternatifs.

Enfin en fact-checkant les fact-checkers, ces faux vérificateurs qui sont de vrais désinformateurs.

Breizh-info.com : La question du pass sanitaire semble avoir été reléguée au second plan. Pourtant, elle est symbolique de la tyrannie macronienne notamment. N’est-il pas dangereux de se résigner à la fausse politique sanitaire des autorités, d’abandonner le terrain d’une certaine façon ?

Jean-Yves Le Gallou : Il ne faut ni se résigner, ni tomber dans le piège de Macron qui rêverait d’en faire le sujet unique d’une élection présidentielle fondée sur la peur. Tout la difficulté du sujet est qu’il clive à l’intérieur de chaque famille : familles nucléaires ou élargies, familles idéologiques ou politiques sans parler des sensibilités différentes selon les générations.

Sur le plan des principes, l’Etat a le droit de prendre des mesures dans l’intérêt général à une double condition : qu’elles soient pertinentes et ne portent pas atteinte de manière disproportionnée aux libertés. Ce n’est manifestement pas le cas aujourd’hui !

Breizh-info.com : Parlez-nous enfin des prochains évènements organisés par Polémia ?

Jean-Yves Le Gallou : Le VII forum de la dissidence aura lieu le samedi 27 novembre à partir de 14 h sur le thème : « la majorité, c’est vous, les extrémistes, ce sont eux »

Breizh-info.com : Où ? 

Jean-Yves Le Gallou : Nous avons dû renoncer à notre salle habituelle à Paris pour ne pas imposer à nos participants l’exigence liberticide et aberrante du Pass Sanitaire. Nous donnons rendez vous à nos amis dans le magnifique château de La Celle-les-Bordes, à 40 minutes de Paris en forêt de Rambouillet.

Crédit photo : DR (photo d’illustration)
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1 COMMENTAIRE

  1. heureusement qu’il y a des organismes de (re)information pour nous prouver que les médias aux ordres ne nous respectent pas et se transforment en organisme de propagande

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